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Mauvais sang (1986) Leos Carax

par Neil 24 Mars 2019, 03:00 1980's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 26 novembre 1986
Genre : polar romantique
Durée : 2h05
Scénario : Leos Carax
Image : Jean-Yves Escoffier
Avec Denis Lavant (Alex), Juliette Binoche (Anna), Michel Piccoli (Marc), Julie Delpy (Lise), Hugo Pratt (Boris), Carroll Brooks (L’Américaine)…

Synopsis : Sous l'accablante chaleur dégagée par la comète de Halley, la population parisienne est frappée par un virus tuant ceux qui font l'amour sans s'aimer. Dès lors, deux bandes rivales vont se disputer le germe de ce virus qui devrait permettre de créer un vaccin et sauver la population. (allocine)


Mon avis : Amour impossible sur fond de chantage pharmaceutique

On peut dire que Mauvais sang est un film daté, mais pas dans le mauvais sens du terme. Le film s'inscrit dans son époque, le milieu des années 1980. Un temps où les métros avaient encore deux classes, où les numéros de téléphone avaient huit chiffres. Le virus du SIDA était alors une épidémie éminemment dévastatrice et la comète de Halley s’approchait dangereusement de la Terre. Cette année là, Julie Delpy était une toute jeune actrice et Juliette Binoche sortait d’un Rendez-vous avec André Téchiné. C'était le deuxième film de Leos Carax et on lui promettait une carrière exemplaire. Et puis Les amants du pont neuf est passé par-là et a tout emporté avec lui.

Un homme, Jean, se suicide sur un quai du métro parisien. Quand il l'apprend, Marc s'inquiète : il avait préparé avec lui un coup qui était censé rembourser ses dettes contractées auprès de l'Américaine. Son associé, Hans, lui rappelle que Jean avait un fils, Alex, surnommé « langue pendue » : ils l'ont vu pour la dernière fois il y a dix ans, dans la forêt de Rambouillet. Et justement c'est là qu’Alex se trouve, avec sa petite amie, Lise. Celle-ci l'aime beaucoup, peut-être plus que lui, et ça lui fait un peu peur. Quand Marc le contacte, Alex décide de profiter de l'occasion pour tout quitter et commencer une nouvelle vie ailleurs.

Drôle de film que ce Mauvais sang, qui commence sur les chapeaux de roue, s'essouffle puis reprend un rythme d'enfer à la fin. Un film qui perd son sujet en cours de route, qui commence comme un polar stylisé, se transforme en mélodrame lyrique puis se termine en tragédie. Un film de Leos Carax en somme, indéfinissable et pourtant plein de charme et de maîtrise formelle. Car c'est une œuvre très référencée, avec des passages en noir et blanc, fulgurants, évoquant le cinéma de Friedrich Wilhelm Murnau, et des plans nous plongeant quasiment dans un film américain des années 1940 (on sent indistinctement poindre l'ombre d'un Alfred Hitchcock).

La mise en scène de Leos Carax est stylisée, il trouve des angles de caméra improbables, réussit à marier parfaitement les images et la musique. Ainsi on peut trouver dans Mauvais sang de superbes séquences avec des morceaux de Benjamin Britten ou de Serguei Prokofiev, sans oublier la magnifique scène illustrée par le Modern love de David Bowie. Et le réalisateur de très bien tirer partie de ses actrices et de ses acteurs. Car le casting, voilà un atout indéniable de ce film. Nous y retrouvons bien sûr Denis Lavant, le Jean-Pierre Léaud de Leos Carax. Il s'y montre à la fois mûr et innocent, l'incarnation de la jeunesse et pourtant déjà cabossé.

À ses côtés, Juliette Binoche est charmante, lumineuse, et Michel Piccoli nous offre une prestation une fois de plus impeccable. De ce débordement d’émotions, de cette vie qui transperce toutes les images de Mauvais sang, on ressort différent. Ce n’est pas un hasard si Leos Carax choisit comme titre de son film un poème d'Arthur Rimbaud, tiré d’Une saison en enfer. Et d'ailleurs ce n’est pas non plus pour rien qu’on a parfois surnommé le cinéaste « Le Rimbaud du septième art ». Malgré les défauts de son film, on sent une urgence chez Carax, une furieuse envie de liberté, une fougue qui fait du bien dans un paysage cinématographique français souvent trop polissé.

Ma note : ***

Mauvais sang (1986) Leos Carax
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commentaires

Mitaki 08/08/2012 00:20


Bon commentaire


Je voulais juste signaler l'extraordinaire passage dans ce film sur la musique de Charlie Chaplin "limelight"avec un bambin qui déambule....

Neil 15/08/2012 10:42



Effectivement, cette séquence est particulièrement belle.



mymp 05/08/2012 12:57


Rythme d'enfer sur la fin ? Pas vraiment, de toute façon j'étais à moitié endormi à cause du non rythme de l'heure d'avant :) Heureusement que les acteurs et l'esthétique, même si elle a mal
vieilli, sont là pour donner un regain d'intérêt, parce que c'est quand même très chiant tout ça !

Neil 15/08/2012 10:42



Ah mais si la résolution finale est tout à fait halletante, tu n'aurais pas dû t'endormir ^^



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