Partager l'article ! Moonrise kingdom (2012) Wes Anderson: Fiche technique Film américain Date de sortie : 16 mai 2012 Genre : amour adole ...
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 16 mai 2012
Genre : amour adolescent
Durée : 1h34
Scénario : Roman Coppola
Photographie : Robert D. Yeoman
Musique : Alexandre Desplat
Avec Bruce Willis (Le capitaine Sharp), Frances McDormand (Mme Bishop), Edward Norton (Le chef scout Ward), Tilda Swinton (Services sociaux), Bill Murray (M. Bishop), Kara Hayward (Suzy)…
Synopsis : Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, au cœur de l’été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté. (allocine)
Mon avis : la variation poétique d’un artisan de la comédie
Sixième long-métrage de son réalisateur, Moonrise kingdom est une étape de plus dans l’édification d’une œuvre qui devient de
plus en plus cohérente. Présenté en ouverture du Festival de Cannes, le film faisait également partie de la compétition officielle, ce qui ne s’était pas vu depuis Blindness en 2008. C’est dire
si le film était attendu : en même temps vu le casting du film on comprend que les sélectionneurs n’aient pas voulu se passer d’une telle montée des marches. Cela faisait également quatre
ans que Wes Anderson n’avait pas réalisé de long-métrage, depuis A bord du Darjeeling Limited. On croise d’ailleurs ici quelques habitués du cinéaste (Bill Murray, Jason Schwarzman) : il
faut dire qu’il aime s’entourer d’une troupe de fidèles, dont au scénario Roman Coppola depuis quelques films.
Durant l’été 1965, la revue des troupes s’opère de façon quasi militaire dans le camp scout d’une île située au large de la Nouvelle Angleterre. Le chef scout Ward, un professeur de mathématiques
qui a du mal à imposer son autorité, constate l’absence au petit-déjeuner du jeune Sam. Quand il va le chercher dans sa tente il ne peut que constater que le garçon s’est enfuit. Depuis des mois,
Sam préparait méticuleusement sa fugue pour aller rejoindre Suzy, qu’il avait rencontré lors du dernier spectacle de fin d’année. Après de nombreux échanges épistolaires, les deux enfants ont
décidé de s’enfuir ensemble pour échapper à des familles dysfonctionnelles et à des amis qui les rejettent.
Comme tous les films de Wes Anderson, Moonrise kingdom bénéficie d’une rigueur admirable dans la mise en scène. Le réalisateur américain est un véritable artisan, construisant son film méticuleusement, plan par plan et avec un sens esthétique prégnant. Les travellings sont impeccables, le soin apporté à la photographie est impressionnant et la direction d’acteurs ne souffre d’aucune fausse note. Nous voyons devant s’accomplir durant un peu plus d’une heure trente un véritable travail d’orfèvre, qui s’observe jusqu’au générique final à ne pas rater. Les plans symétriques ainsi que l’attention portée sur les moindres détails donne à l’ensemble une harmonie certaine sans oublier l’aspect ludique, le film étant avant tout une comédie pleine d’un humour fin et décalé.
Car si dans le fond ce que nous raconte Moonrise kingdom n’est pas bien drôle, le traitement au second degré de cette petite communauté est totalement réjouissant. Chaque personnage incarne un archétype, qui du petit chef incompétent, qui du mari incompétent ou de l’incarnation de l’administration. Le film prête son esthétique à l’univers du conte, et nombreuses sont les valeurs inversées : en particulier les enfants réagissent de façon plus mature que les parents. C’est une des constantes de Wes Anderson, qui aiment jouer avec les valeurs traditionnelles de la famille américaine. Son casting est ici impeccable, avec une mention particulière pour les seconds rôles campés par des interprètes qui s’amusent et ça se voit. Tout comme le spectateur qui passe un très bon moment de cinéma, à la fois intelligent et divertissant.
Ma note : ****
Lire l'avis tout aussi enthousiaste de l'ami Vance
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