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Morse (2008) Tomas Alfredson

par Neil 11 Mai 2012, 05:58 2000's

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Fiche technique
Film suédois
Date de sortie : 4 février 2009
Titre original : Låt den rätte komma in
Genre : enfant vampire
Durée : 1h54
Scénario : John Ajvide Lindqvist
Image : Hoyte Van Hoytema
Musique : Johan Söderqvist
Avec Kare Hedebrant (Oskar), Lina Leandersson (Eli), Per Ragnar (Hakan), Karin Bergquist (Yvonne), Henrik Dahl (Erik), Ika Nord (Virginia)…

Synopsis : Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s'installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu'un avec qui se lier d'amitié. (allocine)

Mon avis : Les tueurs aussi ont des états d’âme

Le fait que Morse soit l‘adaptation d‘un best-seller en Suède n‘est pas anodin. D’une part parce que son auteur, John Ajvide Lindqvist, est le scénariste du film, et qu’il a dû adapter son roman pour les besoin du long-métrage. Des pans entiers du livre ont ainsi été supprimé avec son accord et l’œuvre ainsi produite n’est plus tout à fait la même, sans toutefois être infidèle à l’originale. Reste que de nombreuses thématiques du roman ne sont pas abordées (la pédophilie), ou ne sont que suggérées (la castration). C’est intéressant car le fait de le savoir après coup donne une lecture supplémentaire du film, qui cela dit existe en tant que tel et n’a pas fondamentalement besoin de ces détails complémentaires. C’est dire la richesse du film, qui renouvelle un genre particulièrement codé.

Jeune garçon solitaire, Oskar voit de la fenêtre de sa chambre arriver un soir une voiture. Un homme et une fille en descendent avec des valises : ils emménagent à côté de chez lui. La fenêtre de leur appartement est bien vite recouverte d’un carton tandis qu’Oskar s’entraîne à manipuler un couteau avant de se coucher. Le lendemain, en classe, le garçon se fait chahuter par un de ses camarades qui le traite de petit cochon. Le lendemain dans les bois un crime atroce est commis, où la victime est vidée de son sang tandis que l’agresseur récupère soigneusement le liquide dans un jerricane. Il se fait déranger par un chien attiré par l’odeur, et réussit à s’enfuir in extremis avant que les deux femmes qui promènent l’animal n’arrivent sur les lieux du crime.

L’originalité de Morse est de nous faire le portrait d’une vampire atypique dans le paysage des films fantastiques. Ce n’est pas spoiler que de donner le sujet du film puisqu’on comprend très vite de quoi il est question, le sujet nous étant révélé petit à petit et de façon assez subtile. Reste que hormis chez Anne Rice on ne voit pas beaucoup d’enfants vampires dans la littérature ou dans la fiction. La comparaison ne s’arrête pas là puisque le vampire n’est pas ici un être diabolique et qu’il (ainsi que son complice) ne vit pas bien sa différence. Le film a également le mérite de ne pas s’alourdir sur le pourquoi du comment : on sait qu’Eli a douze ans depuis longtemps mais on ne sait pas d’où provient sa transformation ni quel a été son trauma. Peut-être cet aspect là est-il plus explicite dans le roman, et il serait intéressant de voir quelles sont les différences entre les deux œuvres à cet égard.

Mais ce n’est pas le sujet de Morse, qui se concentre plus sur les relations qui se nouent entre les deux personnages principaux. La comparaison qui est faite entre ces adolescents tourmentés qui se trouvent ressentir beaucoup de choses en commun ne manque pas d’intérêt. Le traitement artistique est également un atout indéniable du film : le contraste entre les blancheurs hivernales sublimées par cette lumière nordique et le rouge sang qui domine les scènes de violence est assez saisissant. Tout comme l’est le décalage entre les relations cordiales d’une société figée dans ses conventions et la douleur intérieure ressentie par les personnages. Pour sa première réalisation, Tomas Alfredson livre ainsi une œuvre fascinante, qui traîne parfois un peu trop en longueur, mais qui laisse présager une belle carrière internationale, ce que son deuxième film La taupe n‘a d‘ailleurs pas démenti.

Ma note : ***

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commentaires

Squizzz 01/06/2012 23:27


Elle est où la 4e étoile ??? C'est un chef d'oeuvre ! ça me fait penser qu'il faudrait que je lise le roman, et peut-être aussi voir le remake américain.

Neil 03/06/2012 22:01



Oui c'est un bon film m'enfin 4 étoiles tout de même c'est beaucoup... :p



bobmorane75 14/05/2012 16:20


J'avais vu d'abords le remake que j'avais trouvé excellent, notamment avec Chloé, mais quand j'ai vu celui-ci ensuite, j'ai été subjugué par tant d'émotion rarement ressenti à ce point. Un vrai
chef d'oeuvre.... que la taupe n'a pas confirmé pour moi.

Neil 15/05/2012 10:47



Je n'ai pas vu le remake. Ce sont vos louanges qui m'ont poussé à voir le film, et je n'ai aps déçu bien que je ne qualifierait pas le film de chef d'oeuvre.



mymp 11/05/2012 14:01


Ce film est désormais un classique, et voire même le meilleur film de vampires existant (mais j'imagine que tu dois être fan d'Entretien avec un vampire de Neil Jordan !). Et plus qu'un film sur
les vampires, c'est aussi une belle oeuvre sur l'enfance. Tout y est effectivement suggéré, mais cela procure encore plus de tension et de choc (cette image rapide sur le sexe mutilé d'Eli, d'un
coup on comprend et/ou imagine une multitude de choses...). 

Neil 13/05/2012 11:33



Oui, j'ai beaucoup d'affection pour Interview with the vampire, autant le roman que le film. Morse est très bien fait, la scène dont tu parles est maruqante et
l'ensemble est assez subtile en effet.



Wilyrah 11/05/2012 11:17


Une vraie belle surprise, un choc, un film assez indescriptible. 


J'espère que personne n'aura vu le remake, juste par respect pour cette oeuvre singulière qui se suffit amplement à elle-même. 

Neil 13/05/2012 11:31



La surprise a été amoindrie pour ma part car j'avais entendu tellement de louanges... Reste un bon film, solide et efficace.



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