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My brother the devil (2013) Sally El Hosaini

par Neil 3 Février 2014, 06:00 Avant-Première

Brother_Devil.jpgFiche technique
Film britannique
Date de sortie inconnue
Durée : 1h51
Genre : guerre de gangs
Scénario : Sally el Hosaini
Image : David Raedeker
Musique : Stuart Earl
Avec James Floyd (Rachid), Fady Elsayed (Mo), Saïd Taghmaoui (Sayyid), Aymen Hamdouchi (Repo), Ashley Thomas (Lenny), Anthony Wesh (Izzi)...


Résumé: Mo, 14 ans, et Rachid, son frère, 19 ans, vivent avec leur famille à Hackney, banlieue défavorisée de Londres. Rachid est membre d'une des bandes qui fait du trafic de drogue dans le quartier. Mo, plus fragile et sensible, l'admire et rêve d'intégrer le groupe.

Mon avis : prendre sa place (ou pas)

La réalisatrice de My brother the devil a dédicacé son film à son frère, décédé suite à une agression homophobe. Égyptienne d'origine, Sally El Hosaini réalise ici son premier long-métrage, après deux court-métrages dont l’un d’entre eux avait fait le tour de quelques festivals. Née au Pays de Galles, elle a grandi au Caire et fait ses études dans une école anglaise. Présenté dans de nombreux festivals, dont le prestigieux Sundance où il reçu un prix pour sa photographie, ce long-métrage déroche également entre autre chose un prix à l’occasion de la Berlinale. Présenté en France au festival Chéries-Chéris, le film ne possède pour l’instant pas encore de distributeur pour sa sortie sur l’Hexagone malgré toutes ces lettres de noblesse, plus la présence du Frenchy Saïd Taghmaoui.

Le grand frère de Mo est un caïd dans la cité londonienne où ils habitent. Admiratif de Rash, il ne souhaite qu'une chose, intégrer le gang dans lequel celui-ci deale pour entretenir sa famille. Mais Rash ne voit pas les choses de cet œil : tout ce qu'il veut, c'est que Mo finisse ses études et aille à l'université. C'est en tout cas ce qu'il explique à Vanessa, sa petite amie. Toutefois, sous la pression de ses amis et parce qu'il pense que ça peut l'endurcir, il accepte que son petit frère fasse une mission : Mo va échanger de l'argent contre du shit. En rentrant chez lui, le garçon croise des policiers et pour les éviter se réfugie dans une impasse. C'est alors qu'un gang ennemi le rackette, lui piquant la dose et ses baskets. Mo arrive tout penaud devant Rash, qui se promet de venger l'honneur de son frère.

Difficile de dire quel est le sujet de My brother the devil. Le récit est pourtant fluide, mais durant une bonne moitié de film on se demande ce que la réalisatrice veut raconter. Le film commence par une histoire de guerre de gangs dans une cité défavorisée, puis un des personnages secondaires commence à prendre de l'importance. On se dirige alors vers un mélange d'histoire d'amour peu crédible et de rivalité fraternelle un peu tirée par les cheveux. La romance entre les deux garçons arrive donc comme un cheveu sur la soupe, le caïd passant d'un jour à l'autre du statut d'hétéro sûr de sa sexualité à l'amant gay au potentiel artistique affirmé. Soit, pourquoi pas, mais aucun indice dans le scénario ou dans la mise en scène ne nous apporte de quelconque clé. Si c'est le discours principal que l'on veut que l'on retienne, c'est tout de même un peu mince.

C'est d'ailleurs un phénomène assez symptomatique que My brother the devil soit apprécié dans de nombreux festivals. Deux choses semblent pouvoir l'expliquer. D'une part, c'est une histoire d'homosexualité en banlieue, et ça c'est le jackpot : le sujet est soit-disant tellement tabou qu'il "faut" l'aborder au cinéma. D'autre part l'homosexualité est de nos jours tellement quelque chose de, paraît-il, commun, que ça ne suffit pas pour en faire un sujet central. Soit, sauf que là on se retrouve perdu entre deux eaux. On retrouve tout de même non sans déplaisir Saïd Taghmaoui, qu'on croyait perdu dans ses rôles d'arabe de service dans les films pour Hollywood. Il parvient à se faire remarquer malgré un tout petit rôle, mais c'est un peu mince pour donner de l'épaisseur à un film.

Ma note : *

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