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Never let me go (2010) Mark Romanek

par Neil 12 Mars 2011, 06:02 2010's

Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 2 mars 2011
Genre : fable génétique
Durée : 1h43
Scénario : Alex Garland, d’après l’œuvre de Kazuo Ishiguro
Image : Adam Kimmel
Musique : Rachel Portman
Avec Carey Mulligan (Kathy), Andrew Garfield (Tommy), Keira Knightley (Ruth), Charlotte Rampling (Miss Emily), Sally Hawkins (Miss Lucy), Nathalie Richard (Madame)…

Synopsis : Depuis l'enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d'une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule : ils découvrent un secret qui va bouleverser leur perception de tout ce qu'ils ont vécu jusqu'à présent. (allocine)

Mon avis : L’espoir fait vivre, même chez les clones

C‘est assez étrange ce qui m‘est arrivé : au petit bonheur la chance j‘arrive au cinéma et décide d‘aller voir le film qui commence plus ou moins le plus tôt. Attiré par l’affiche de Never let me go, je me décide et entre dans la salle, sans trop savoir qui réalise ni même qui joue dedans (ou presque). Je m’attends même à voir une gentille comédie romantique (oui bon j’avoue j’ai menti : je savais que Keira Knightley joue dedans). Et en fait que nenni : il s’avère que ce film d’anticipation est tiré d’un roman de Kazuo Ishiguro, dont l’adaptation des Vestiges du jour était remarquable. Et qui ont-il choisi pour l’adapter, je vous le donne en mille : Alex Garland, dont La plage fut pour moi une très belle surprise littéraire.

Dans un hôpital, Kathy se rappelle son enfance, en 1978, dans un pensionnat anglais où elle a rencontré Tommy et Ruth. Les deux jeunes filles sont alors meilleures amies et se font pleins de confidences. Elles parlent surtout de Tommy, que Kathy aime en secret, ce qui rend Ruth particulièrement jalouse. Il faut dire que les trois enfants vivent dans un environnement particulièrement oppressant : un manoir isolé du reste du monde, dirigé par la rigide Miss Emily. Lorsqu’une nouvelle gardienne arrive, celle-ci remarque quelques bizarreries, comme cette folle rumeur qui coure parmi les enfants, selon laquelle le seul garçon ayant traversé les grillages du pensionnat serait mort brutalement, sans doute assassiné.

Une idée forte de scénario, qui existait déjà dans le roman, traverse Never let me go. Le film débute par quelques phrases sibyllines qui troublent le spectateur. Ce n’est que plus tard qu’on se rend compte de la situation : le film se passe entre la fin des années soixante-dix et nos jours, mais c’est comme si on était dans un univers parallèle. Le récit d’anticipation se situe dans un passé récent revisité pour l’occasion. Et c’est diablement efficace, le film abordant les thèmes éminemment d’actualité que sont l’eugénisme et les thérapies géniques,

L’identification aux personnages, pourtant pas complètement humains, marche donc parfaitement, et la critique contemporaine ainsi présentée pourrait être d’autant plus virulente. Ce n’est pas complètement la cas. Si on éprouve de l’empathie devant les personnages de Never let me go, les quelques petits défauts du long-métrage l’empêchent d’être un grand film. Sa mise en scène est assez plate, d’aucuns diraient inexistante. Il faut dire que Mark Romanek n’avait rien fait depuis Photo Obsession, qui date tout de même de 2002.

Le découpage en trois partie bien distinctes et le récit chronologique ponctué par une voix off plombe un peu l’histoire. En même temps, le réalisateur hésite à chaque instant entre cette idée forte de scénario, appuyée par quelques réflexions pas assez abouties, et une histoire de ménage à trois assez traditionnelle, convenue et mielleuse, alourdie par une musique bien mièvre. C’est dommage car Never let me go possède une belle photographie, des décors assez bien réalisés et un joli petit casting (même si je ne suis toujours pas bien convaincu par Andrew Garfield). C'est donc une petit curiosité intéressante, à voir en passant.


Ma note : **

Never let me go (2010) Mark Romanek
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commentaires

Flow 27/03/2011 22:48


Je l'ai découvert un peu par hasard également mais quelle claque!!
Il m'a profondément touché.


Neil 29/03/2011 21:25



Le film peut être touchant, je peux le comprendre tout à fait même si je n'y ai pas été entièrement sensible.



Wilyrah 16/03/2011 18:02


Je te trouve un peu dur, surtout dans le dernier paragraphe. J'ai trouvé à ce film beaucoup de qualité, de charme et d'émotion. Après ce n'a pas la grandeur d'un Gattaca, certes, mais j'ai aimé les
choix de l'auteur.


Neil 17/03/2011 17:18



Disons que je n'ai pas éprouvé l'émotion que j'aurait pu (dû ?) ressentir devant le film. Du coup ça a un peu diminué mon intérêt.



Christophe 14/03/2011 23:33


Même chose que toi. j'hésitais entre deux films le soir où j'ai vu Never let me go. En voyant l'affiche, en voyant de le nom de Keira Knigthley au générique, j'ai d'abord pensé à une comédie
romantique. Mais le résumé a retenu mon attention, je suis donc allé le voir... et cela m'a beaucoup plu, même si l'ensemble est loin d'être parfait. très bon Andrew Garfield !


Neil 15/03/2011 12:48



Je sens que je vais devoir déposer les armes pour Andrew Garfield : la majorité va l'emporter. C'est dingue en tout cas de voir combien Knightley, malgré son jeune âge, a déjà
une étiquette "romantique".



Phil Siné 14/03/2011 10:53


roh, comme tu casses tout dans le dernier paragraphe ! en effet tu n'es pas trop convaincu... ni par la perspective du film, ni pas andrew en plus... pff !


Neil 14/03/2011 17:45



En le relisant je me rends compte que j'y suis pas allé avec le dos de la cuiller... oups i did it again



Squizzz 13/03/2011 15:53


Je crois qu'on arrivera pas à se mettre d'accord sur Andrew Garfield, je le trouve au contraire très expressif, il joue énormément avec son visage, ses regards, et ça me touche à chaque fois.
J'espère que "Boy A" te fera changer d'avis, si c'est pas le cas, je pense que c'est peine perdue, lol.


Neil 13/03/2011 22:36



Je te dirai ce que j'en pense ! :)



Squizzz 13/03/2011 00:00


J'ai l'impression d'être le seul à avoir attendu depuis longtemps ce film, tout le monde semble le découvrir maintenant ! Bref, sinon assez d'accord, surtout pour l'histoire d'amour. Mais
contrairement à toi, je trouve que le problème de l'éthique et des dérives de la médecine est habilement traité parce que justement pas trop appuyé (au final tout est dit). Et qu'est-ce qui ne te
convainc pas chez Andrew Garfield ? Pour moi, il va vite s'imposer comme l'un des meilleurs de sa génération. Si t'en as l'occasion, regarde "Boy A", ça te fera peut-être changer d'avis...


Neil 13/03/2011 08:52



Ah moi je trouve que le film élude beaucoup de sujet. Quid des "receveurs" ? Du trafic d'organe ? Du clonage et de ses ratés ? En choisissant de se focaliser sur ces 3 personnages, le film prend
un parti pris certain. Sinon Garfield, je le trouve assez inexpressif. Quelque chose dans son visage me dérange, et il ne me touche pas, ni ici ni dans The social
network. Je regarderai Boy A et je te dirai.



Eeguab 12/03/2011 10:39


Auprès de moi toujours,le titre français du roman en m'avait pas beaucoup intéressé.Par contre j'ai aimé vraiment Les vestiges du jour(tu sais que j'aime bien le travail de James Ivory) que je n'ai
pas lu.J'ai lu par contre Quand nous étions orphelins du même anglo-nippon Kazuo Ishiguro.Passionnante histoire dans un mileu digne du Sternberg de Shanghaï gesture par exemple.


Neil 12/03/2011 22:42



Je ne connais pas bien cet auteur, mais du coup la façon dont tu parles de ce roman me pousse à aller voir plus loin.



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