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Nos meilleures années (2003) Marco Tullio Giordana

par Neil 4 Juin 2010, 09:54 2000's

Meilleures_Annees.jpg
Fiche technique
Film italien
Titre original : La meglio gioventu
Date de sortie : 9 juillet 2003
Genre : saga familiale
Durée : 6h06
Scénario : Stefano Rulli et Sandro Petraglia
Photographie : Roberto Forza
Avec Alessio Boni (Matteo Carati), Sonia Bergamasco (Giulia Monfalco), Luigi Lo Cascio (Nicola Carati), Jasmine Trinca (Giorgia), Fabrizio Gifuni (Carlo Tommasi), Maya Sansa (Mirella Utano)…

Synopsis
 : A la fin des années soixante, deux frères d'une famille italienne, Nicola et Matteo, partagent les mêmes rêves, les mêmes espoirs, les mêmes lectures et les mêmes amitiés, jusqu'au jour où la rencontre avec Giorgia, une jeune fille souffrant de troubles psychiques, détermine le destin de chacun : Nicola décide de devenir psychiatre, alors que Matteo abandonne ses études et entre dans la police... (Allociné)

Mon avis
: Quand les petits évènements du quotidien rejoignent les grands évènements de l’Histoire

Ainsi Nos meilleures années était prévu pour la télévision : commande de la Raï, le film était programmé en quatre épisodes d‘une heure et demi. Les aléas de la vie politique et la sagacité de certains programmateurs ont emmené le film à Cannes, où il recevra le prix Un certain regard. Pour tout dire, à l’époque de sa sortie je n’étais pas plus tenté de le voir que ça : deux parties de trois heures chacune, avec un réalisateur que je ne connaissais pas (je n’avais vu aucun des précédents films de Marco Tullio Giordana)... tout ça ne me disait trop rien. Vive les rétrospectives du quartier latin qui m’ont permis de le voir, enfin, sept ans plus tard.

Nicola et Matteo sont frères et vivent dans une famille à l‘italienne, avec la mamma, la grande et la petite sœur et le pater familias. Ils révisent tous les deux leurs examens de fin d’étude et envisagent de partir avec leurs deux meilleurs amis dans le cap Nord pour les vacances d’été. A la faveur d’un petit boulot dans un institut psychiatrique, le beau Matteo rencontre la charmante Giorgia et s’offusque des traitements qu’on lui fait subir. Il décide de l’emmener avec la complicité de son frère pour la rendre à ses parents. Ceux-ci ont d’autres chats à fouetter et les trois jeunes partent en périple dans la magnifique campagne italienne. Les deux frères s’amourachent plus ou moins de Giorgia, ils discutent politique, engagement : on est à l’aube de mai 68.


Il n’y a pas à dire : quand les italiens veulent faire du grand cinéma, rares sont ceux qui peuvent les concurrencer. Et je ne parle pas de (souvent brillant) cinéma d’auteur à la française ou de (tout aussi bouleversant) drames psychanalytiques nordiques : juste une belle histoire, avec de l’ampleur, du romanesque, une fresque qui s’étale sur plusieurs années et qui va au-delà du simple téléfilm de l’été. Car dans
Nos meilleures années, Marco Tullio Giordana a la folle ambition de croquer quarante années de l’histoire de son pays à travers le prisme de cette famille sacrément attachante. Et le défi est réalisé haut la main : non seulement on est passionnés par les évènements historiques qui se succèdent (et qu’on découvre ou redécouvre avec intérêt) mais on est aussi emportés par les joies et les tracas de la famille Carati.

L’émotion traverse Nos meilleures années de la façon la plus naturelle qui soit, parce qu’elle fait partie de la vie, tout simplement. C’est parce que les personnages que dépeint Marco Tullio Giordana sont bigrement attachants que l’ont rit ou que l’on pleure de leurs (més)aventures, et non par un effet de mise en scène comme c’est trop souvent le cas. Le mérite vient aussi aux acteurs du film, tous aussi formidables les uns que les autres, et en particulier aux deux protagonistes masculins.  Alessio Boni campe un Matteo tourmenté et peu aimable, un personnage complexe qu’il réussit parfaitement à rendre éminemment humain, et donc faillible. Luigi Lo Cascio incarne quant à lui un homme plus pragmatique, idéaliste qui comme tous les plus grands homme de bien va voir sa vie sacrifiée derrière ses engagements et ses passions. Les six heures de film passent comme une lettre à la Poste, on vibre durant tout le long-métrage, on s’implique, on s’inquiète pour chacun des personnages : c’est la vie dans toute sa misère et dans toute sa grandeur qui nous entraine dans un tourbillon d’émotions et de chaleur humaine.

Ma note : 9/10

commentaires

dasola 10/06/2010 14:29


Bonjour Neil, merci pour ce billet sur un film que j'ai vu 26 fois!!!!! en salle pendant l'été 2003 jusqu'en 2004 et même 2005. J'ai même appris l'italien pour pouvoir déchiffrer le scénario (j'ai
tout ce qui concerne ce film). Un chef d'oeuvre qui m'a changée (si, si). Bonne journée.


Neil 10/06/2010 14:53



Bonjour Dasola, belle performance !
Cela dit je te comprends, il est vraiment formidable ce film.
Une vraie perle :)



Chris 08/06/2010 22:17


Je me souviens d'un éblouissement total en voyant cette série / film. Ouah, il faudrait que j'y replonge...


Neil 08/06/2010 22:32



Oui, on a envie d'y rester et d'y replonger très vite.



Eeguab 04/06/2010 20:19


Passionnant ce film me fait penser au chef-d'oeuvre absolu qu'est Heimat.L'âme de l'Italie comme celle de l'Allemagne nous sont ainsi très proches.


Neil 08/06/2010 22:31



Pas vu Heimat. Mais tu me tentes beaucoup, là.



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