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Notre paradis (2011) Gaël Morel

par Neil 24 Septembre 2011, 05:42 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 28 septembre 2011
Genre : vengeance gay
Durée : 1h40
Scénario : Gaël Morel
Image : Nicolas Dixmier
Musique : Camille Rocailleux
Avec Stéphane Rideau (Vassili), Dimitri Durdaine (Angelo), Béatrice Dalle (Anna), Didier Flamand (Victor),  Jean-Christophe Bouvet (Le premier client), Raymonde Bronstein (La mère d‘Anna)…

Synopsis : Vassili, prostitué vieillissant aux pulsions criminelles, trouve un jeune homme inanimé dans le Bois de Boulogne et le recueille chez lui. Les deux hommes, devenus complices et amants, se prostituent ensemble et volent leurs clients. Mais peu à peu, l’étau se resserre suite aux menaces de représailles et le couple doit fuir Paris précipitamment. (allocine)

Mon avis : L’ange exterminateur des vieux pédés libidineux

Le temps passe vite ma bonne dame : Notre paradis est déjà le cinquième long-métrage de Gaël Morel. On l’a connu jeunot il y a bientôt vingt ans dans Les roseaux sauvages, film éminemment personnel d’André Téchiné. Il a d’ailleurs gardé contact avec ses partenaires d’alors, Élodie Bouchez et Stéphane Rideau, qu’il a fait jouer dans nombre de ses propres réalisations, dont celle-ci. Le temps qui passe, ou Les temps qui changent comme dirait son réalisateur d’alors, il se voit indéniablement à l’écran, quand on voit les visages (et les corps) de Béatrice Dalle et de Stéphane Rideau. La destinée cinématographique de ce dernier est d’ailleurs atypique, lui qui a été très vite catalogué dans une thématique homosexuelle qui ne le concerne pas mais dont il assume les rôles, et c’est assez rare pour être noté, en a finalement et malheureusement sans doute pâti dans sa carrière.

Assis dans un canapé chez un mec d‘un certain âge, Vassili l‘entend déblatérer son discours sur la difficulté de vieillir quand on est homo. Il se déshabille lentement, comme lui demande son client, pendant que celui-ci va se refaire une beauté dans la salle de bains. Vassili en profite pour débrancher le câble de la chaîne hi-fi et l’étrangler. Il se retrouve plus tard près de la porte Dauphine à faire le tapin ; il se dispute avec un mec qui lui reproche de lui voler sa clientèle et se retrouve à errer au bois de Boulogne. C’est là qu’il trouve quasiment inanimé un beau jeune homme qui vient de se faire agresser. Il lui propose de l’aide mais le gamin refuse, n’acceptant que de l’argent, quitte à donner de sa personne.

Le regard de Gaël Morel dans Notre paradis est assez lucide sur de nombreux points. Il décrit de façon tout à fait réaliste la faune des prostitués masculins des alentours du bois de Boulogne. À ce titre, le film fait énormément écho au remarquable J’embrasse pas d’André Téchiné. Le film ne serait qu’une actualisation de ses thématiques au monde d’aujourd’hui qu’il vaudrait la peine d’être vu. Réseaux internet, téléphoniques, lieux de dragues et autres plans culs sont décrits avec une précision remarquable et une forte acuité.

Il nous montre également que l’amour peut naître même dans les milieux les plus hostiles, et nous fait croire à cette histoire improbables et pourtant touchante d’un très jeune garçon paumé qui tombe sous le charme de son mentor qui a perdu toutes ses illusions mais veut à tout prix sauver la seule chose qui le fasse tenir debout, son fougueux amant. Malheureusement, le discours de Notre Paradis verse un peu trop facilement dans une certaine forme de systématisation et de nombrilisme. À en croire le film, tous les vieux homos sont des pervers libidineux qui ne méritent que notre mépris et tous les homos, ou plutôt tous les gays ne pensent qu’au cul et à baiser.

Les scènes de sexe ont d'ailleurs le mérite d’être frontalement filmées (alors que les scènes de meurtre nous sont pudiquement cachées, ce qui est intéressant) mais chacun des personnages de Notre Paradis n’a visiblement que cette idée en tête. Il faut dire que Gaël Morel s’intéresse ici à un milieu très particulier, certes, mais il franchit parfois la limite d’une normalisation un peu facile. Sa direction d’acteurs est également un des défauts majeurs du film, et le pauvre Dimitri Durdaine a beau être un très joli choupinou, force est de constater que ses talents d’acteurs ne sont pas à la hauteur de sa plastique. Le film reste intéressant tout de même, mais souffre de ces quelques imperfections.


Ma note : **

Notre paradis (2011) Gaël Morel
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commentaires

Phil Siné 25/09/2011 13:25



j'aim bien le "genre" que tu mentionnes pour ce film... c'est très segmentant quand même ;)


bon, alors "notre paradis", ça n'a pas l'air d'être le paradis annoncé... dommage, mais j'irai sans doute me faire une idée...



Neil 25/09/2011 21:40



Le film est très segmentant justement c'est ce que je lui reproche. Mais bon il y a un joli choupinou et ça reste tout de même intéressant malgré tout.



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