Partager l'article ! Notre paradis (2011) Gaël Morel: Fiche technique Film français Date de sortie : 28 septembre 2011 Genre : vengeance gay Du ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 28 septembre 2011
Genre : vengeance gay
Durée : 1h40
Scénario : Gaël Morel
Image : Nicolas Dixmier
Musique : Camille Rocailleux
Avec Stéphane Rideau (Vassili), Dimitri Durdaine (Angelo), Béatrice Dalle (Anna), Didier Flamand (Victor),
Jean-Christophe Bouvet (Le premier client), Raymonde Bronstein (La mère d‘Anna)…
Synopsis : Vassili, prostitué vieillissant aux pulsions
criminelles, trouve un jeune homme inanimé dans le Bois de Boulogne et le recueille chez lui. Les deux hommes, devenus complices et amants, se prostituent ensemble et volent leurs clients. Mais
peu à peu, l’étau se resserre suite aux menaces de représailles et le couple doit fuir Paris précipitamment. (allocine)
Mon avis : L’ange exterminateur des vieux pédés
libidineux
Le temps passe vite ma bonne dame : Notre paradis est déjà le cinquième long-métrage de Gaël Morel.
On l’a connu jeunot il y a bientôt vingt ans dans Les roseaux sauvages, film éminemment personnel d’André Téchiné. Il a d’ailleurs gardé contact avec ses partenaires
d’alors, Elodie Bouchez et Stéphane Rideau, qu’il a fait jouer dans nombre de ses propres réalisations, dont celle-ci. Le temps qui passe, ou Les temps qui
changent comme dirait son réalisateur d’alors, il se voit indéniablement à l’écran, quand on voit les visages (et les corps) de Béatrice Dalle et de Stéphane Rideau. La
destinée cinématographique de ce dernier est d’ailleurs atypique, lui qui a été très vite catalogué dans une thématique homosexuelle qui ne le concerne pas mais dont il assume les rôles, et c’est
assez rare pour être noté, en a finalement et malheureusement sans doute pâti dans sa carrière.
Assis dans un canapé chez un mec d‘un certain âge, Vassili l‘entend déblatérer son discours sur la difficulté de vieillir
quand on est homo. Il se déshabille lentement, comme lui demande son client, pendant que celui-ci va se refaire une beauté dans la salle de bains. Vassili en profite pour débrancher le câble de
la chaîne hi-fi et l’étrangler. Il se retrouve plus tard près de la porte Dauphine à faire le tapin ; il se dispute avec un mec qui lui reproche de lui voler sa clientèle et se retrouve à errer
au bois de Boulogne. C’est là qu’il trouve quasiment inanimé un beau jeune homme qui vient de se faire agresser. Il lui propose de l’aide mais le gamin refuse, n’acceptant que de l’argent, quitte
à donner de sa personne.
Le regard de Gaël Morel dans Notre paradis est assez lucide sur de nombreux points. Il décrit de
façon tout à fait réaliste la faune des prostitués masculins des alentours du bois de Boulogne. A ce titre, le film fait énormément écho au remarquable J’embrasse pas d’André
Téchiné. Le film ne serait qu’une actualisation de ses thématiques au monde d’aujourd’hui qu’il vaudrait la peine d’être vu. Réseaux internet, téléphoniques, lieux de dragues et autres plans
culs sont décrits avec une précision remarquable et une forte acuité. Il nous montre également que l’amour peut naître même dans les milieux les plus hostiles, et nous fait croire à cette
histoire improbables et pourtant touchante d’un très jeune garçon paumé qui tombe sous le charme de son mentor qui a perdu toutes ses illusions mais veut à tout prix sauver la seule chose qui le
fasse tenir debout, son fougueux amant.
Malheureusement, le discours de Notre Paradis verse un peu trop facilement dans une certaine forme de
systématisation et de nombrilisme. A en croire le film, tous les vieux homos sont des pervers libidineux qui ne méritent que notre mépris et tous les homos, ou plutôt tous les gays ne pensent
qu’au cul et à baiser. Les scènes de sexe ont d'ailleurs le mérite d’être frontalement filmées (alors que les scènes de meurtre nous sont pudiquement cachées, ce qui est intéressant) mais chacun
des personnages du film n’a visiblement que cette idée en tête. Il faut dire que Gaël Morel s’intéresse ici à un milieu très particulier, certes, mais il franchit parfois la limite d’une
normalisation un peu facile. Sa direction d’acteurs est également un des défauts majeurs du film, et le pauvre Dimitri Durdaine a beau être un très joli choupinou, force est de constater
que ses talents d’acteurs ne sont pas à la hauteur de sa plastique. Le film reste intéressant tout de même, mais souffre de ces quelques imperfections.
Ma note : **
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