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Nymphomaniac - Volume 1 (2013) Lars von Trier

par Neil 10 Janvier 2014, 06:12 En salles

Nymphomaniac.jpgFiche technique
Film danois
Date de sortie : 1er janvier 2014
Durée : 1h50
Genre : initiation sexuelle
Scénario : Lars von Trier
Image : Manuel Alberto Claro
Avec Stacy Martin (Joe adolescente), Shia LaBeouf (Jérôme), Charlotte Gainsbourg (Joe), Stellan Skarsgård (Seligman), Uma Thurman (Mme H.), Christian Slater (Le père de Joe)...

Résumé : par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours. (allocine)

Mon avis : le plaisir de faire l'amour s'augmente de l'indifférence éprouvée à l'égard du partenaire

Dès le pré-générique, Nymphomaniac – Volume 1 annonce la couleur. Le film qui va nous être projeté est la première partie de la version censurée, plus ou moins validée par Lars von Trier, du long-métrage de 5h30 qui sera présenté au prochain festival de Berlin. C'est donc non seulement quelque chose d'incomplet, dont nous ne pourrons donc pas voir le sens global, mais aussi une œuvre estropiée. Dans quelle mesure le réalisateur a-t-il effectué lui-même les coupes, cela reste assez vague, tout au plus sauront nous que les parties manquantes sont majoritairement des scènes de sexe filmées en gros plans. Ajoutons à cela le fait que les interprètes ont été doublés pour les parties de leur corps situées sous leur tronc, pratique assez courante dans le cinéma dit traditionnel. Autant dire que le buzz marketing entretenu depuis un an tombe un peu à plat.

En rentrant chez lui après avoir fait des courses, Seligman trouve une femme gisant, inconsciente, dans la cour de son immeuble. Il la réanime et lui propose d'appeler les urgences ou la police, mais elle refuse. Elle n'accepte qu'une tasse de thé, et il l'amène chez lui, prenant soin de ses ecchymoses et la laissant se reposer. Il lui demande ce qui s'est passé, et la réponse qu'elle lui fait l'étonne : elle lui dit qu'elle ne récolte que ce qu'elle a semé car elle est une mauvaise personne. Il a du mal à la croire et lui demande d'expliquer pourquoi, ce qu'elle accepte de faire en le prévenant que cela risquait de prendre du temps. Ne sachant pas par où commencer, elle l’interroge sur un hameçon accroché au mur, qui sert, apprend-elle, à pratiquer la pêche à la mouche. La femme, qui s'appelle Joe, lui raconte alors une anecdote de son enfance.

Encore une fois avec Nymphomaniac – Volume 1, Lars von Trier nous propose un objet théorisé : chapitré, le film nous rappelle au travers d'une série de mots qui défilent à l'écran, mettant en avant les principaux arguments qu'il faut retenir des images. Plusieurs théories sont avancées pour appuyer les métaphores narratives, qui passent de la pêche à la mouche à la suite de Fibonnacci en passant par l'observation arboricole. Mais l'élan romantique développé par  Melancholia n'est ici qu'esquissé, et la construction quasi géométrique proposée par Dogville n'est pas poussée jusqu'au bout. Le film balance donc entre un aspect fictionnel assez réussi – confère la séquence mémorable intitulée Mrs H., où Uma Thurman livre une prestation d'anthologie presque trop courte – et des éléments théoriques appuyant une réflexion un peu simplette.

Car du point de vue de l'explication psychologique, voire psychanalytique, Nymphomaniac – Volume 1 pèche un peu. Avec une telle thématique, on pourrait s'attendre à une analyse plus ou moins fine de la psyché – féminine en l’occurrence. Or Lars von Trier ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes, insistant lourdement sur la relation qu'entretient l’héroïne avec son père, entre amour, admiration et attirance. En sous-texte sont mises en exergue toutes les relations insatisfaisantes qu'elle a entretenues avec les hommes de sa vie. Ceux-ci sont à peine esquissé, le seul bénéficiant d'une plus grande attention ayant le malheur d'être incarné par Shia LaBeouf, qui n'a pas plus d'expressions sur son visage que sur son cul, qu'il a très beau cela dit. En même temps, Stacy Martin n'est pas plus expressive, ne dégageant qu'une moue insupportable, faisant espérer au spectateur un volume 2 où visiblement Charlotte Gainsbourg apparaît un peu plus.

Ma note : **

commentaires

Leo M 09/12/2014 16:08

J’aime bien le scénario de ce film, mais je ne le trouve pas si extraordinaire.

neil 10/12/2014 08:16

Pas extraordinaire, je suis assez d'accord.

Lucas Grévois 07/05/2014 22:49

Salut,
J’ai vu ce titre, car j’en ai entendu beaucoup de bien et je dois dire que je n’ai pas été déçu. J’ai trouvé que Nymphomaniac volume 1 est vraiment intense et vaut vraiment la peine d’être vu.

neil 08/05/2014 08:31

Salut,
J'ai pour ma part été un peu déçu par le film.

Ju 07/02/2014 15:44



Et encore, vous n’avez pas vu la version non censurée : https://www.youtube.com/watch?v=8qzzqkEj4rU

Neil 07/02/2014 19:47



Bien vu !



Phil Siné 19/01/2014 12:06


pfff...

Neil 19/01/2014 22:52



Et ouais !



тном ряи 16/01/2014 10:59


Je rejoins assez cet avis sur ce film que j'ai choisi de ne pas chroniquer du fait de son découpage en deux et de son charcutage. 

Neil 18/01/2014 10:57



Je comprends ton point de vue. Après, si le distributeur (avec l'accord de LVT, faut pas déconner quand même) a décidé de le sortir en deux parties, il faut qu'ils en acceptent les
conséquences, dont des critiques larvées.



pierreAfeu 10/01/2014 09:25


Nous voilà plutôt d'accord, et c'est pas tous les jours ! Tant sur le cul de Shia, la moue de Stacy, la prestation d'Uma et l'enfonçage de portes ouvertes de Lars. Et puis tout ça est
affreusement bavard ! J'espère également qu'on aura un peu de plus de Charlotte Gainsbourg dans le Volume 2, parce que là, elle est sous Tranxène...

Neil 10/01/2014 12:05



Oui, je suis peut-être un peu moins sévère que toi, car je trouve que quelque chose dans le geste artistique de Lars von Trier mérite notre attention. Après, le film n'est pas très
réussi il faut l'avouer.



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