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Oncle Boonmee (2010) Apichatpong Weerasethakul

par Neil 17 Septembre 2010, 06:38 2010's

Fiche technique
Film thaïlandais
Titre original : Lung Boonmee Raluek Chat
Date de sortie : 1er septembre 2010
Genre : fin de vie
Durée : 1h53
Scénario : Apichatpong Weerasethakul
Directeur de la photographie : Jarin Pengpanitch
Musique : Koichi Shimizu
Avec Thanapat Saisaymar (Boonmee), Jenjira Pongpas (Jen), Sakda Kaewbuadee (Tong), Natthakarn Aphaiwonk (Huay), Geerasak Kulhong (Boonsong), Kanokporn Thongaram (Roong)…

Synopsis  : Les apparitions magiques de sa femme défunte et de son fils disparu depuis des années confirment à Oncle Boonmee que sa fin est proche. Dans son domaine apicole, entouré des siens, il se souvient alors de ses vies antérieures. (allocine)

Mon avis : Les derniers jours d’un condamné

C‘est avec un certain scepticisme que l'on rentre dans la salle pour visionner Oncle Boonmee, celui qui se souvenait de ses vies antérieures, ayant lu et écouté des éloges ventant les mérites de la Palme d’or cannoise, mais aussi les critiques de ceux qui sont resté imperméables aux charmes du long-métrage. Ce qui frappait surtout, c’étaient les arguments des défenseurs : ils n’arrivaient pour la plupart pas vraiment à expliquer ce qui les avait séduit. On entend ainsi des expressions comme « expérience cinématographique » ou bien « trip sensoriel » qui peuvent finalement décider à ne pas mourir idiot, même pour qui n’a jamais vu un seul des quatre premiers film de Apichatpong Weerasethakul.

Retiré à la campagne pour soigner une grave insuffisance rénale, Boonmee y est accompagné de sa belle-sœur Jen et d‘un immigré laotien qui lui prodigue les derniers soins. Car Boonmee va mourir : il s’en rend compte lorsque, un soir, apparaissent au diner les fantômes de sa défunte femme et de son fils Boonsong, réincarné en singe. Ces douces apparitions sont un réconfort infini pour le vieil homme qui, n’ayant plus que quelques jours a vivre, se remémore ses vies antérieures. Il tient également à tout prix à revenir dans la grotte utérine qui l’a vu naître. Mais pour cela, il doit traverser la jungle avec tous ses proches.

Il faut l’avouer, on peut légitimement, et ne serait-ce que temporairement, s'assoupir, en particulier au début d’Oncle Boonmee, celui qui se souvenait de ses vies antérieures. La lenteur du film a de quoi perturber, même pour un spectateur à l’aise avec les univers indolents. Mais, autant le dire tout de suite, il faut pour tenir être sensible à celui proposé par Apichatpong Weerasethakul. Peut-être doit-on être assez intelligent pour comprendre les tenants et les aboutissants du film, ou assez connaisseurs de la religion bouddhiste et de l’animisme pour pouvoir appréhender toute la beauté qui se dégage de l’œuvre. Car beauté il y a : avec des décors et des paysages magnifiques, le film nous emmène dans un voyage exotique et enchanteur. Certaines scènes empreintes de sensualité, comme celle évoquant un poisson-chat fécondant une princesse défigurée, sont surprenantes et troublantes.

Mais on peut totalement ne pas être touché par l‘ensemble, ni ému, ni emballé. On peut certainement reconnaitre à Apichatpong Weerasethakul ses talents de metteur en scène, son sens du rythme (lent, en effet, mais parfois envoutant), ses envolées lyriques et ses innovations étonnantes. Seulement on peut regarder ses images avec une certaine fascination mais surtout une bonne dose d’ennui. On cherche alors à comprendre où voulait en venir le réalisateur au lieu de se laisser aller à la magie des images qui a touché un bon nombre de cinéphiles. Oncle Boonmee, celui qui se souvenait de ses vies antérieures est un film exigeant, qui peut sans doute émerveiller le spectateur sensible à son univers mais qui peut laisser tout aussi bien de marbre et ne pas déclencher d’émotions. Une expérience, en effet.

Ma note : *

Oncle Boonmee (2010) Apichatpong Weerasethakul
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commentaires

D&D 24/10/2010 05:18


Bon, moi c'était mon second Happy Pong, ça m'a peut-être aidé :-) J'ai tout de même été dérouté, en tout cas sur le moment, mais sans le vivre désagréablement ou avec ennui pour ma part. Bref,
j'attends de le revoir, ça ne devrait plus tarder. Je te ferai signe si je lis ensuite quelque chose "d'intéressant" sur ce film ;-)


Neil 24/10/2010 10:47



Oui je sais, je dois être passé à côté de quelque chose, ça arrive. Mais je comprends qu'on puisse être touché par la grâce du film.



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