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Peggy Guggenheim, femme face à son miroir (2011) Lanie Robertson

par Neil 25 Mai 2012, 05:35 Miscellaneous

Peggy_Guggenheim.jpg
Fiche technique
Pièce américaine
Date de reprise : 9 mars 2012
Genre : destin peu ordinaire
Durée : 1h20
Adaptation : Michael Stampe
Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon
Avec Stéphanie Bataille (Peggy Guggenheim)
Lieu : Théâtre du Petit Montparnasse

Synopsis : Aux prises avec ses contemporains, l'extravagante Peggy Guggenheim, papesse de l'art moderne balance ses humeurs, ses failles, ses vacheries, mêlant le cocasse et le tragique dans une même énergie débordante. Du rire aux larmes et réciproquement : sex, art and money. (L’officiel des spectacles)

Mon avis : Une vie dédiée à l’amour de l’art moderne

Créée l’an dernier au Théâtre de la Huchette, Peggy Guggenheim, femme face à son miroir est reprise depuis début mars au théâtre du Petit Montparnasse. C’est Lanie Robertson, dramaturge américain ayant écrit plusieurs pièces ayant pour sujet des personnalité du vingtième siècle, qui a porté ce texte aux États-Unis. Le sujet est ici une femme, Peggy Guggenheim, héritière pauvre de la famille (pauvre s’entendant par millionnaire et non milliardaire), grande mécène qui a côtoyé les plus grands artistes de son époques tels que Marcel Duchamp ou Max Ernst, qu'elle a épousé. Personnage tempétueux, elle a œuvré pour la diffusion et la conservation de nombreux chef-d’œuvre, et sa villa, le Palazzo Venier dei Leoni de Venise, est aujourd’hui encore un musée incontournable en matière d’art moderne.

De dos, nue sous une robe ample, une femme engueule sa bonne : c’est Peggy Guggenheim. Elle est furieuse car son employée italienne désire partir en vacances. A ce moment très précis où une foule de journalistes ainsi que plusieurs membres du gouvernement italien, dont le Président de la République, viennent la voir. Elle se doute bien que ce n’est pas elle qui les intéresse mais la collection d’œuvres d’art qu’elle s’est confectionnée au cours des dernières décennies. Mais Peggy se rend bien compte qu’elle ne rajouenit pas avec les années, et elle sait bien qu'il va falloir qu’elle songe à la légation de ses pièces de collection. Elle hésite entre plusieurs musées internationaux, tous plus prestigieux les uns que les autres. Ce sera un de ceux-là, tous sauf le Musée Guggenheim de New-York.

La passion de l’art est parfaitement retranscrite dans Peggy Guggenheim, femme face à son miroir. Nous écoutons durant presque une heure et demi les monologues du personnage qui revient sur les grandes lignes de sa vie. Une vie peu banale, rythmée par les rencontres avec plusieurs des grands artistes du vingtième siècle, dont elle a acheté les œuvres, et qu’elle chérit tout particulièrement. Elle appelle d’ailleurs toutes ses pièces de collection ses enfants, c’est dire la relation qu’elle entretient avec l’art, son propre fils et sa fille passant presque derrière elles. Elle nous raconte tout de même également ses liaisons tumultueuses, ses relations avec ses parents et sa famille. Son amour filial apparaît lorsqu’elle parle de sa fille, qu’elle souhaite devenir une grande artiste et dont on devine entre les mots qu’elle l’étouffe un peu trop.

Le portrait qui nous est dépeint dans Peggy Guggenheim, femme face à son miroir est donc en demi-teinte. On devine la mère castratrice, l’épouse infidèle et les failles dans la personnalité de ce femme au tempérament tempétueux. Pour l’incarner, Sophie Bataille est impressionnante : elle s’investit corps et âme dans son personnage. Son énergie nous transporte et nous fait passer le monologue comme une lettre à la poste, sans temps mort et avec beaucoup d’humour. Car on rit énormément devant ce spectacle aux saillies drolatiques et dont la scénographie simple met parfaitement en valeur les rares objets sur la scène. C’est passionnant, c’est virevoltant et c’est divertissant : si vous passez par Paris, du côté du quartier de Montparnasse, n’hésitez pas une seconde et courrez voir cette pièce.

Ma note : ****

commentaires

D&D 29/09/2012 02:59


Pas vu, mais c'est cool de parler théâtre aussi ! Je vais essayer d'aller voir Ganz sur scène... (Et Dominic West aussi, d'ailleurs...)

Neil 29/09/2012 18:31



Oui j'aime bien diversifier les genres de temps en temps. Ganz il va jouer du Pinter il me semble, ça peut être pas mal.



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