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Pieta (2013) Kim Ki-Duk

par Neil 2 Avril 2013, 05:17 Avant-Première

Pieta.jpgFiche technique
Film coréen
Date de sortie : 10 avril 2013
Duré :
1h44
Genre : famille déconstruite
Scénario : Kim Ki-Duk
Image : Jo Yeong-Jik
Musique : Park In-Young
Avec Lee Jung-Jin (Kang-do), Cho Min-Soo (Mi-sun), Woo-Ki-Hong (Hoon-chul), Kang Eun-Jin (L’épouse de Hoon-chul), Jin Yong-Ok (L’artisan en fauteuil roulant), Heo Joon-Seok (L’artisan qui se suicide)...


Synopsis: Abandonné à sa naissance, Kang-do est un homme seul qui n’a ni famille, ni ami. Recouvreur de dettes sans pitié et sans compassion, il menace ou mutile les personnes endettées dans un quartier destiné à être rasé. Un jour, Kang-do reçoit la visite d’une femme qu’il ne connaît pas et qui lui dit être sa mère. Pour la première fois de sa vie, le doute s’installe en lui…

Mon avis : les mamans ça pardonne toujours, c’est venu au monde pour ça.

Si Kim Ki-Duk a choisi pour le nom de son nouveau film Pieta, ce n’est pas par hasard. En effet le réalisateur coréen a passé deux ans de sa jeunesse dans une église protestante pour malvoyants, il envisagea même à l’époque de devenir pasteur. On retrouve d’ailleurs dans sa filmographie cette veine spirituelle, au travers de films comme Printemps, été, automne, hiver… et printemps ou bien Amen. Il n’a également pas choisi par hasard le décor de son film, à savoir le quartier de Cheonggyecheon, à Séoul. Il y est passé souvent durant son enfance, lui qui a déménagé à l’âge de neuf ans d’un village dans les montagnes vers la capitale coréenne. C’est un quartier très particulier, marqué par l’histoire puisque la zone a été active durant la révolution industrielle, et qui aujourd’hui périclite et est voué à disparaître. 

Artisan dans un quartier déshérité de Séoul, Hoon-chul appelle un de ses amis pour lui demander de l’argent. Il est couvert de dettes qui arrivent à échéance et se dispute avec son épouse qui lui reproche de les avoir contracté. Un jeune homme, Kang-do, arrive et le menace de le mutiler s’il n’est pas remboursé sur le champ. La femme supplie Kang-do, allant jusqu’à offrir son corps pour qu’il ne rende pas son mari handicapé. Mais rien n’y fait, et Kang-do utilise les outils de l’artisan à des fins peu orthodoxes. Il conseille alors à Hoon-chul de bien négocier avec les assurances, qui pourront lui rembourser plus d’argent qu’il n’en faut pour payer ses dettes. En rentrant chez lui, Kang-do croise une femme qui le regarde avec insistance. Elle va même jusqu’à le suivre partout, y compris dans son appartement où elle s’introduit malgré ses réticences.

Le style de Pieta tranche un peu avec celui des autres films de Kim Ki-Duk. Le caractère mystérieux qui plane généralement sur ses œuvres se transforme ici peu à peu en thriller psychologique assez rythmé. Beaucoup plus dialogué que l’ensemble de ses réalisations, le film tient en haleine le spectateur du début à la fin. Comme à l’accoutumé, l’intrigue est resserrée autour de quelques personnages (deux en l’occurrence) et le mystère qui plane autour d’eux est source de tension et de suspens. On se demande qui est cette femme qui gravite autour de notre antihéros et surtout quelles sont ses motivations. D’autant plus qu’au début du film elle ne prononce aucune parole et en devient effrayante même quand elle accomplit des gestes quotidiens. Figure iconique, elle parvient tout de même avec son attitude à gagner la confiance de Kang-do, et là un autre film commence.

Car sans spolier on peut dire que Pieta est séparé en deux parties distinctes, au rythme et au style bien différents. Le dénominateur commun entre les deux est la thématique de l’argent et de la pauvreté, qui traverse l’œuvre comme un sous-texte. À croire que la société sud-coréenne est fortement marquée par la crise puisque comme tant d’autre le film nous sert une parabole sur la crise et ses effets désastreux. Si Kang-do nous est présenté de façon si négative, ce n’est pas tant pour la violence qu’il utilise que pour ses victimes, tous des démunis désespérés. Les actes de violence, toujours aussi crus comme à l’habitude chez Kim Ki-Duk, servent donc ici un propos désabusé, et l’on sort de la séance avec un poids au cœur. Porté par des interprètes habités par leur personnage, c’est une très belle œuvre, un peu moraliste mais au fond assez profonde.


Ma note : ****

Chris a également beaucoup aimé le film

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commentaires

ffred 13/04/2013 19:27


J'en suis ressorti à la fois bouleversé et pétrifié...

Neil 15/04/2013 09:56



Ah oui le film est prenant hein...



mymp 12/04/2013 11:09


Énorme déception : rien ne m'a plus dans ce film, ni l'histoire, ni les acteurs, ni l'esthétique (Dieu que c'est laid). Jamsi bouleversé, jamais choqué, jamais pris. Je ne comprends pas trop
l'engouement de beaucoup autour de ce film terne et sinistre.

Neil 15/04/2013 09:54



Cela confirme que nous sommes rarement du même avis. Le film m'a vraiment pris aux tripes.



Chris 11/04/2013 18:35


Une très belle critique pour un film magnifique !

Neil 15/04/2013 09:53



Merci, le film est en effet superbe



Wilyrah 11/04/2013 13:33


C'est une bonne nouvelle si KKD retrouve l'inspiration :)

Neil 15/04/2013 09:51



Oui une très bonne nouvelle :)



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