Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 06:14

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Fiche technique
Film français
Date de sortie : 19 octobre 2011
Genre : quotidien difficile
Durée : 2h07
Scénario : Maïwenn et Emmanuelle Bercot
Image : Pierre Aïm
Musique : Stephen Warbeck
Avec Karine Viard (Nadine), Joeystarr (Fred),  Marina Foïs (Iris), Nicolas Duvauchelle (Mathieu), Maïwenn (Melissa), Jérémie Elkaïm (Gabriel), Emmanuelle Bercot (Sue Ellen)…

Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner ; ce sont les auditions de parents maltraitants, mais aussi la solidarité entre collègues ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… (allocine)

Mon avis : Poudrière prête à exploser

Quand Polisse a été désigné comme l‘un des trois films français concourant au Festival de Cannes 2011, beaucoup ont été surpris et à vrai dire personne n‘attendait grand-chose du film. Il faut dire que Maïwenn n’en est qu’à son troisième film, et si les deux premiers eurent un succès d’estime tout à fait estimable ils n’en demeurent pas moins mineurs et quelque peu artisanaux. En même temps elle bénéficie d’une côte de sympathie assez forte : il faut dire qu’on l’a connait depuis une paire d’année (sa prestation fulgurante en cantatrice pop dans Le cinquième élément était assez marquante). Elle ressort de son passage cannois avec un Prix du Jury tout à fait mérité, synonyme d’encouragement pour la suite de sa carrière.

A la Brigade de Protection des Mineurs une petite fille est interrogée. Les policiers lui demandent quels gestes a pu avoir son papy, lui-même dans la pièce. Elle esquisse timidement qu’il s’est frotté à elle avec son sexe, ce que le grand-père refuse de confirmer. Il admet avoir quelques gestes qu’il qualifie de tendre mais la conversation montre clairement l’ambiguïté de son comportement. Les policiers qui composent cette brigade du 20ème arrondissement de Paris sont tous différents : il y a Nadine, qui est en plein divorce, Fred la brute au cœur tendre, Iris qui tente de concevoir un enfant, Gabriel qui est considéré comme un intello… ils se connaissent bien et font lâcher la pression entre eux et entre deux interrogatoires plus ou moins musclés.

On peut reconnaitre indéniablement un chose à Polisse, c’est que le film possède une force phénoménale. Elle tient tout d’abord de son sujet délicat et en or : la Brigade de Protection des Mineurs est un des services policiers les moins connus. Et pourtant il mériterait de l’être plus, à en voir ce que nous montre Maïwenn, qui a longtemps porté ce film et l’a préparé de manière pragmatique. Les scènes sont d’une violence psychologique impressionnante, et on comprend pourquoi certains ou certaines pètent littéralement un câble, durant leur fonction ou après. Chacun est sous tension et les règlements de compte sont fréquents, histoire d’exorciser toute cette violence à laquelle ils sont confrontés. C’est dire si le retour chez soi est difficile, et la gestion d’une vie personnelle s’avère éminemment périlleux, ce que nous montre très bien le film, altérant les scènes au commissariat et des scènes plus intimes.

Après, cette succession de scènes quasiment accolées les unes aux autres quasiment sans aucune transition se révèle parfois chaotique. Le rythme de Polisse est très nerveux, et le film aurait peut-être mérité un soin plus appliqué au montage. On ressent cependant l’énergie débordante de Maïwenn et de ses acteurs, dirigés d’une main de maître par la réalisatrice. Ils sont tous formidables, et aucun ne tire la couverture à lui ou elle. Le film y gagne beaucoup : c’est bien la trajectoire collective qui intéresse Maïwenn, et non plus particulièrement telle ou telle destinée individuelle. On peut cependant ressentir une certaine frustration en ayant l’impression que le film ne va pas au fond des choses, et ne suit pas chacune des affaires qu’il traite jusqu’à son terme. C’était la volonté de la réalisatrice que de nous faire un inventaire quasi exhaustif de tous les cas de figures auxquels les policiers ont à faire, et qu’ils ne suivent pas jusqu’au bout, une urgence en appelant une autre. Un métier extrêmement dur, et qui méritait grandement d’être mis à l’honneur.

Ma note : ***

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