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Potiche (2010) François Ozon

par Neil 17 Novembre 2010, 05:29 2010's

Potiche.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 10 novembre 2010
Genre : comédie retro
Durée : 1h43
Scénario : François Ozon, d’après l’œuvre de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy
Directeur de la photographie : Yorick Le Saux
Compositeur : Philippe Rombi
Avec Catherine Deneuve (Suzanne Pujol), Fabrice Luchini (Robert Pujol), Karine Viard (Nadège), Jérémie Rénier (Laurent Pujol), Judith Godrèche (Joëlle), Gérard Depardieu (Maurice Babin)…

Synopsis : En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel. Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche. (allocine)

Mon avis : La nostalgie au service de l’humour kitsch

C‘est assez agréable de voir un réalisateur se renouveler quasiment à chaque film. Depuis Sitcom, nous avons droit quasiment tous les ans au nouveau François Ozon, différent à chaque fois, tant au niveau du genre cinématographique abordé que de la qualité. On peut toutefois déceler un goût certain pour les adaptations théâtrales au cinéma, du Gouttes d’eau sur pierres brûlantes de Fassbinder à Huit femmes. Ici encore ce sont deux auteurs des années 70 qui sont à l’honneur avec cette Potiche précédemment incarnée par Jacqueline Maillan. Les seventies qui sont très présent dans cette comédie vintage assez savoureuse.

Suzanne Pujol est une femme apparemment comblée. Elle fait son jogging tous les matins pour ensuite petit-déjeuner avec son mari, directeur d’une usine de parapluie. Celui-ci ne manque pas de l’humilier au quotidien, la rétrogradant incessamment dans son rôle d’épouse nunuche qui n’a pas son mot à dire, sous l’œil consterné de ses enfants Laurent et Joëlle. Seulement Robert Pujol a des ennuis avec ses employés qui dénoncent sa gestion pitoyable de l’entreprise. Quand ils décident de faire grève, une altercation les conduit à séquestrer leur patron. Affolée, la fidèle secrétaire Nadège se réfugie chez les Pujol pour les informer de la situation et tenter de trouver une solution.

Une ambiance primesautière se dégage agréablement de Potiche. Beaucoup de sujets sont abordés plus ou moins sommairement (la condition de la femme, la situation des ouvriers, l’infidélité, l’homosexualité…) mais de façon légère. Voilà une façon de dédramatiser les choses qui s’avère efficace. Tout comme ce parti-pris de François Ozon d’ancrer son film pleinement dans la fin des années 70 tout en y distillant des petits détails anachroniques qui nous renvoient à l’époque actuelle, son « travailler plus pour gagner plus » et son « Chabichou ». Ce travail d’orfèvre de reconstitution est d’ailleurs particulièrement réussi : des choucroutes capillaires au téléphones en fourrure en passant par les magnifiques tenues des acteurs et des actrices, rien n’échappe à l’œil expert du réalisateur.

Pourtant Potiche accumule beaucoup de handicaps : situations poussives, acteurs et actrices qui sur-jouent… tout ça pourrait très bien sembler pesant. Mais pas du tout : Ozon cultive l’art du vaudeville tout en ne forçant pas le trait et rend tous ces personnages et ces situations follement attachants et quasiment réalistes. On est ici dans l’outrance théâtrale, tout comme on l’était avec Huit femmes, mais une impression de légèreté domine. L’accumulation de références y est pour beaucoup, de Jacques Demy et ses Parapluies au duo Deneuve/Depardieu et leur Dernier métro. Truffé de petits détails, Potiche bénéficie d’un casting très solide (mis à part Godrèche qui en fait beaucoup trop, et ça se voit) et nous offre un charmant spectacle qui s’étire peut-être un peu trop vers la fin mais qui est bien fait et qui fait du bien.

Ma note : ***

commentaires

Tietie007 24/03/2011 09:17


Il faudrait que je sorte un peu du cinéma d'antan pour essayer d'entrer dans le nouveau ...


Neil 24/03/2011 12:02



Oui il y a quelques bonnes surprises qui sortent sur les écrans.
Moi il faudrait que je vois un peu plus de vieux films, j'ai fait une longue pause...



copa738 25/01/2011 18:50


Je n'ai justement pas eu cette impression de "légèreté" dans "Potiche". J'ai même trouvé les allusions (de Sarkozy à l'homosexualité, en passant par cet insupportable discours féministe) lourdes
avec une furieuse impression de déjà-vu.
J'ai bien rigolé (enfin, par moments), j'ai trouvé les acteurs excellents (Luchini est vraiment très bon), mais j'ai globalement eu l'impression que l'effet escompté n'était pas passé, comme si la
mayonnaise n'avait jamais réussi à monter...


Neil 26/01/2011 12:40



Cette lourdeur (l'homosexualité cachée mais "tolérée" ainsi que le discours féministe à outrance ), je l'ai trouvée assez bien intégrée à l'époque et au milieu dépeints.
Pour moi le film est basé sur des règles auxquelles on adhère ou pas, ce qui fait d'autant plus apprécier les réparties.
Celà-dit, les allusions au Chabichou ou aux discours de Sarko n'étaient pas nécéssaires...



D&D 11/01/2011 13:23


Comme tu sais, moi, du moment qu'on voit assez Deneuve, je suis content ;-)
Pour le reste, je vais me désolidariser et rester du côté de "Huit femmes", s'il faut choisir son clan :-)))


Neil 11/01/2011 14:21



Ah ben ça on la voit dans le film, et pas qu'un peu ;)
Pour Huit femmes, bah c'est en le revoyant que je l'ai trouvé un peu moins bon que ce que je croyais... mais il est sympa. (et il n'y a pas de clan lol)



dasola 19/11/2010 18:41


Bonsoir Neil, j'ai préféré cette "Potiche" à "Huit femmes". Barillet et Grédy sont à un cran au dessus de Robert Thomas. Autant, j'avais détesté 8 femmes, autant j'ai aimé Potiche (encore que le
tout début m'a fait un peu peur). Deneuve et Depardieu sont bien. Les dialogues ont beaucoup fait rire la salle (comble) où j'étais. Les situations enlevés et quel plaisir de réécouter des tubes
des années 70. Bonne soirée.


Neil 20/11/2010 21:41



J'avais pour ma part bien aimé Huit Femmes, même s'il est certainement sur-évalué. Potiche est cependant bien au-dessus, je te l'accorde volontiers.



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