Partager l'article ! Poulet aux prunes (2011) Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud: Fiche technique Film français Date de sortie : 26 octobre 2011 G ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 26 octobre 2011
Genre : tristes destinées
Durée : 1h31
Scénario : Vincent Paronnaud, d’après l’œuvre de Marjane Satrapi
Image : Christophe Beaucarne
Musique : Olivier Bernet
Avec Mathieu Amalric (Nasser Ali), Maria de Medeiros (Faringuisse), Edouard Baer (Azraël), Golshifteh Farahani (Irâne),
Eric Caravaca (Abdi), Chiara Mastroianni (Lili)…
Synopsis : Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a
été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d’attendre
la mort. En espérant qu’elle vienne, il s’enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuses.
Mon avis : Contes de huit jours et huit
nuits
Le personnage principal de Poulet aux prunes est inspiré par le frère dAnouche, un personnage qu’on a pu
croiser dans Persepolis. Très autobiographique, le premier film réalisé par
Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud parlait de ce personnage révolutionnaire, le grand-père de la réalisatrice, qui avait vécu des choses fabuleuses. Son frère était joueur de
târ, cet instrument iranien de la famille des luths. Dans un de ses autres albums de bande dessinées, Marjane Satrapi prend donc pour personnage principal un musicien, qui devient
violoniste dans cette adaptation cinématographique. L’auteur poursuit donc la collaboration avec son acolyte de réalisateur et continue de creuser ses thèmes, même si l’histoire qu’elle raconte
est ici beaucoup moins autobiographique, elle ne l’est quasiment pas d’ailleurs.
Un homme entre dans la boutique d’un marchand d’instruments de musique, à Téhéran en 1958. Son violon est cassé et il souhaite
le remplacer. Mais il ne veut pas de n’importe quel instrument : violoniste professionnel, il veut conserver une qualité parfaite. En sortant du magasin, il croise une femme, qu’il reconnait mais
qui ne se souvient pas de lui. Arrivé chez lui, il essaye son nouveau violon et n’est pas satisfait du résultat. Il se rend alors chez le vendeur et lui fait un scandale, exigeant de récupérer
son argent. Le soir même, il retrouve son frère révolutionnaire sur les bords qui lui parle en long, en large et en travers de la situation dérisoire dans la quelle se trouve leur pays. Mais
Nasser Ali n’en a que faire : il est désespéré de ne plus pouvoir jouer au violon. Son frère lui parle alors d’un vendeur dont on lui a vanté les mérites.
On trouve dans Poulet aux prunes des personnages aux vies tout à fait passionnantes. De ce violoniste
romantique à ces femmes aux destins brisés, on se passionne pour ces destinée tragiques. A tel point qu’on pourrait se sentir frustré de ne pas en savoir plus sur tel ou tel personnage, qui nous
sont pourtant parfaitement esquissé dans ces brefs fragments de vie. Mais le personnage principal reste Nasser Ali, dont l’histoire nous est contée à la manière des Mille et une nuit, auquel le
film fait référence au début. C’est par une narration à la déconstruction très soignée que nous est raconté la vie de cet homme brillant, et pourquoi il en est arrivé à vouloir la mort. Avec un
sens du timing tout à fait précis, le film égrène les événements clés de cette histoire, tout en ménageant quelques pauses heureuses. C’est comme une partition de musique qui alterne plusieurs
temporalités pour finir sur un crescendo tout à fait émouvant.
Élégance et raffinement : ces deux qualificatifs conviennent tout à fait à Poulet aux prunes. Son esthétique
est recherché, un mélange de bande dessinée et de réalisme qui se marient parfaitement. Les personnages qui évoluent dans ce décor ont tous et toutes une gueule, un style bien à eux que les
acteurs et les actrices choisi-e-s incarnent avec brio. De ce casting très homogène on retient bien sûr la performance de Mathieu Amalric, toujours aussi bon, tout en finesse, mais
l’ensemble des seconds rôle ne démérite pas, même lorsqu’ils n’apparaissent que furtivement. Malgré quelques petites longueurs, il y a du souffle dans l’histoire que nous conte Marjane
Satrapi, et qui se conclue très habilement dans la scène finale. On retrouve le charme de ces histoires qu’on nous racontait quand on était enfant, qui nous faisaient rêver tout en restant
universelles.
Ma note : ***
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