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Présumé coupable (2011) Vincent Garenq

par Neil 15 Septembre 2011, 05:59 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 7 septembre 2011
Genre : erreur judiciaire
Durée : 1h42
Scénario : Vincent Garenq, d’après l’œuvre d’Alain Marécaux
Image : Renaud Chassaing
Avec Philippe Torreton (Alain Marécaux), Noémie Lvovsky (Edith Marécaux), Wladimir Yordanoff (Hubert Delarue), Farida Ouchani (Myriam Badaoui),  Raphaël Ferret (Le juge Burgaud), Michèle Goddet (Thessy)…

Synopsis : Le film raconte le calvaire d'Alain Marécaux - « l'huissier » de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. (allocine)

Mon avis : Quand la machine judiciaire s’enraye

Attention sujet sensible : Présumé coupable s‘attaque à l‘affaire dite d‘Outreau. Tant de choses ont été dites, tant de commentateurs se sont épanchés… difficile de ne pas en avoir entendu parler. Donc voilà les faits : entre 2001 et 2003 une instruction est menée pour une affaire d’abus de mineurs qui conduira à la mise en accusation et à la détention provisoire de 13 adultes. Ceux-ci sont accusés par quatre d’entre eux de viol sur mineurs et de prostitution. Ils clament leur innocence mais devront attendre la fin de l’année 2005 pour finalement être acquittés par la Cour d’appel. Au ramdam médiatique s’ajoute une crise du système judiciaire qui reconnait implicitement s’être trompé ; une remise en cause générale s’impose. C’est sur le journal de bord qu’a tenu Alain Marécaux, l’un des prévenus, que le film se base.

Une nuit qu‘Alain Marécaux, sa femme et ses enfants dorment tranquillement, plusieurs policiers ainsi qu‘un juge d‘instruction vient les réveiller et les emmènent au poste de police. Séparés, ils vont chacun subir un interrogatoire et les parents sont mis en garde à vue. Les policiers leur explique qu’une plainte pour viol a été portée par Myriam Badaoui : elle accuse les époux Marécaux d’actes sexuels sur ses enfants et plusieurs de leurs amis. Alain Marécaux nie en bloc, il ne connait pas cette femme et ne comprend pas comment son nom a pu être évoqué. En regardant dans ses fichiers de travail, il aperçoit le nom du mari de Myriam : huissier de justice, il a été amené dans son activité professionnelle à traiter son dossier.

L‘histoire de Présumé coupable est proprement affligeante, et on tombe des nues en découvrant dans le détail la mécanique judiciaire qui a accablé Alain Marécaux. D’erreur judiciaire en mise en accusation légère, de rumeurs infondées en négligences administratives lourdes, le sort s’est acharné sur quelques hommes et femmes innocents. Totalement centré sur le personnage principal, qui ne quitte la caméra sur quasiment aucun plan, le film s’évertue à décortiquer ce fait divers tragiquement impitoyable.

La performance de Philippe Torreton est ici à souligner, tant son implication dans cette histoire transpire et tant sa sincérité ne peut être mise en doute. Très bien rythmé après les divers étapes des différents procès et par leurs dommages collatéraux dans la vie de l’accusé, le film nous emporte. Cela dit, Présumé coupable reste avant tout la chronique d‘une erreur judiciaire, énorme, et qui mérite toute notre attention, voire notre compassion. Seulement on peut s’interroger sur la portée cinématographique d’un procédé ne faisant que retranscrire quasiment mot à mot une histoire vécue.

La mise en scène de Vincent Garenq est sobre, sans envolée mais sans faux pas. Mis à part quelques scènes de délire (dû à une grève de la faim) assez habiles, le réalisateur s’en tient à nous montrer les faits, sa caméra restant au plus près de son interprète. Pouvait-on faire autrement, c’est pas évident à répondre, mais l’absence de recul créée malgré tout une certaine forme de distanciation. Présumé coupable se repose sur un scénario implacable, et il n’y a rien à redire là-dessus, mais qui s’en tient aux faits. Nous sommes ici en présence d’une sorte de docu-fiction très intéressant mais qui donne un objet dont la plus-value cinématographique, voire artistique est difficile à jauger.


Ma note : **

Présumé coupable (2011) Vincent Garenq
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commentaires

Bastien 17/09/2011 16:56



Je suis très intéressé par ce film, j'ai toujours eu un petit faible pour ces films de faux-coupables broyés par le système pour x raison. J'ai des souvenirs un peu vagues de l'affaire Outreau
(j'étais encore jeune ^^') mais j'irai probablement voir le film à l'occasion, même si je crains d'avoir les même réticences que toi sur la forme ;-)



Neil 18/09/2011 21:21



Bah l'histoire du faux coupable est intéressante mais là j'avais l'impression d'être devant un téléfilm de France 3... :-/



Squizzz 16/09/2011 21:54



Je comprends ton point de vue. Effectivement Présumé coupable n'est pas un cinéma très "artistique", c'est plus un cinéma vérité qui met surtout en avant son scénario, ses acteurs et son
réalisme, mais c'est aussi un cinéma qui a sa place, et qui n'est pas forcément le plus facile pour un réalisateur, obligé de se mettre en retrait par rapport à son propos. Le film a réussi à me
chambouler, donc pour moi, c'est réussi.



Neil 17/09/2011 10:58



Ah mais le film m'a beaucoup ému également. Son histoire possède une force assez impressionnante. Mais je trouve qu'on peut aussi faire du cinéma "vérité" avec plus de mise en scène.



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