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Quai d’Orsay (2013) Bertrand Tavernier

par Neil 3 Novembre 2013, 06:04 Avant-Première

Quai OrsayFiche technique
Film français
Date de sortie : 6 novembre 2013
Durée : 1h53
Genre : collaboration mouvementée
Scénario : Antonin Baudry, d’après l’œuvre de Christophe Blain et Abel Lanzac
Image : Jérôme Alméras
Musique : Philippe Sarde
Avec Thierry Lhermitte (Alexandre Taillard de Worms), Julie Gayet (Valérie Dumontheil), Raphaël Personnaz (Arthur Vlaminck), Anaïs Demoustier (Marina), Niels Arestrup (Claude Maupas), Marie Bunel (Martine)...


Résumé : Alexandre Taillard de Worms est grand, magnifique, un homme plein de panache qui plaît aux femmes et est accessoirement ministre des Affaires Étrangères du pays des Lumières : la France. Sa crinière argentée posée sur son corps d’athlète légèrement hâlé est partout, de la tribune des Nations-Unies à New York jusque dans la poudrière de l’Oubanga. Là, il y apostrophe les puissants et invoque les plus grands esprits afin de ramener la paix, calmer les nerveux de la gâchette et justifier son aura de futur prix Nobel de la paix cosmique.

Mon avis : l’art des relations internationales

Initialement, Quai d’Orsay est une bande dessinée, dont le premier tome est sorti en 2010. L’un de ses coauteurs, Abel Lanzac est en fait un ancien collaborateur du ministère des Affaires étrangères lorsque Dominique de Villepin était en poste. Lors de la publication de la BD, La Princesse de Montpensier est présentée à Cannes, et un ami de Bertrand Tavernier la lui offre. Il la lit d’une traite et décide le lendemain d’en acquérir les droits d’adaptation. Les auteurs, qui reçoivent alors trois propositions différentes, dont une pour une série télévisuelle, décident d’accepter celle de Tavernier, qui décide alors de travailler avec eux à l’adaptation cinématographique. L’étape d’après sera le choix de l’interprète qui incarnera le ministre, élément essentiel puisqu’il possède une place incontournable dans l’intrigue : ce sera au final
Thierry Lhermitte.

Ce matin, Arthur Vlaminck est anxieux avant son entretien de motivation au ministère des Affaires étrangères, tandis que sa compagne Marina le conseille sur sa tenue vestimentaire. Arrivé au Quai d’Orsay en pleine ébullition, il demande à voir le ministre et on l’escorte à travers les couloirs sans fin. Il parvient au secrétariat où on lui dit de patienter, et quand Alexandre Taillard de Worms vient le chercher il est quasiment près de s’endormir. L’homme, élégant et charismatique, lui explique alors qu’il a besoin de lui pour écrire ses discours, ne lui laissant pas le temps de placer une parole. Décontenancé, Arthur est toutefois ravi de ce nouveau poste et commence à rencontrer toutes les personnes avec qui il va travailler, dont en premier lieu l’homme clé de tous ces rouages, Claude Maupas, le directeur de cabinet du ministre.

Fidèle à l’esprit de la bande dessinée, Quai d’Orsay est un film à l’esthétique graphique prononcée.
Bertrand Tavernier a conservé nombre des effets qui constituaient le cœur même de l’œuvre originelle, dont ces claquements de portes tonitruants qui accompagnent le passage du ministre d’une pièce à l’autre. Les feuilles volent, les personnages s’affolent et les collaborateurs ne parviennent pas à accrocher son attention. Le mouvement est une clé essentielle du film et l’urgence de la vie politique en est la clé de voûte, un événement en chassant l’autre à une vitesse impressionnante. Tout le monde doit être réactif au quart de tour, tandis que paradoxalement les discours sont écrits et réécrits, mettant un temps fou à être finalisés. C’est l’émergence de la communication politique, celle même que fustige Alexandre Taillard de Worms.

Une actualité remplace l’autre dans Quai d’Orsay, les auteurs se gardant bien de remplacer La Côte d’Ivoire par l’Oubanga ou l’Irak par le Lousdem, mais personne n’est dupe, et quelques répliques bien senties contre deux ou trois personnalités de l’époque font mouche. L’adaptation cinématographique de la bande dessinée passe avant tout par l’incarnation de ses personnages, et sur ce point le casting du long-métrage vaut le détour. Thierry Lhermitte n’a pas été aussi convaincant depuis bien longtemps, il campe un ministre plein de vanité et d’autorité, qui règne par son charisme sur son petit monde. À ses côtés, Niels Arestrup est bluffant, tout en retenue et en sagesse, toujours là pour placer son verbe juste. Les conseillers sont également impeccable, Raphaël Personnaz se trouvant du coup en retrait, mais c’est sans doute le personnage qui veut ça.

Ma note : ***

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commentaires

dasola 07/11/2013 08:00


Rebonjour Neil, j'ai trouvé ce film très réussi et c'est très drôle: Lhermitte et Arestrup sont excellents. Bonne journée.

Neil 08/11/2013 16:24



Rebonjour Dasola, on rit tout du long dans ce film, où les acteurs s'en donnent à coeur joie. Bonne journée.



Cecile 06/11/2013 12:59


Salut, merci pour ce partage. Je suis un cinéphile aussi et je vais m’empresser de regarder ce film et de commenter mon avis ^^.  Cependant, je viens de découvrir ton blog
que je trouve très intéressant.


A+


 


 

Neil 08/11/2013 16:23



Salut, de rien. Le film vaut le coup d'oeil. Merci pour le compliment. À plus



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