Partager l'article ! Rabbit hole (2010) John Cameron Mitchell: Fiche technique Film américain Date de sortie : 13 avril 2011 Genre : couple en crise ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 13 avril 2011
Genre : couple en crise
Durée : 1h32
Scénario : David Lindsay-Abaire
Image : Frank G. DeMarco
Musique : Anton Sanko
Avec Nicole Kidman (Becca), Aaron Eckhart (Howie), Dianne Wiest (Nat), Jon Tenney (Rick), Tammy Blanchard (Izzy), Sandra Oh
(Gabby)…
Synopsis : Huit mois après la disparition de leur fils,
Becca et Howie redonnent peu à peu un sens à leur vie. Howie tente de nouvelles expériences tandis que Becca préfère couper les ponts avec une famille trop envahissante. Contre toute attente,
elle se rapproche du jeune homme responsable de la mort de leur enfant. (allocine)
Mon avis : La vie c’est triste et à la fin on
meurt
Attention, sujet délicat : Rabbit hole nous parle de la mort d‘un enfant. Le film a beau être l’adaptation
d’une pièce de théâtre, les références sont multiples au cinéma et le sujet est casse-gueule. On ne s’attend d’ailleurs pas à trouver dans le rôle du metteur en scène John Cameron
Mitchell, dont les deux premiers films étaient plutôt dans la vie. Mais la psychanalyste de Shortbus vous le dirait bien mieux que moi : rien n’est plus proche du sexe que
la mort, Eros et Thanatos sont finalement des cousins très germains. Les pulsions de vie et de mort, associées à une réflexion sur le couple, sont donc au cœur de ce
Rabbit hole ; ça fait envie, hein.
En s‘occupant de son jardin, Becca entend sa voisine l‘appeler pour lui proposer de venir diner chez eux. Elle refuse,
prétextant une sortie en couple bidon. Son mari Howie ne s’en offusque pas et ils passent la soirée tous les deux. Plus tard dans la nuit, Becca entend du bruit dans le salon : Howie se repasse
une vidéo de leur fils, disparu il y a huit mois à l’âge de quatre ans. Ils se rendent à des réunions de soutien hebdomadaires mais Becca n’en peut plus d’entendre toujours les mêmes
lamentations. Elle n’arrive pas à surmonter sa douleur et le fait de voir sa sœur tomber enceinte ou sa mère lui rappeler combien il a été dur pour elle de perdre son fils n’améliore pas les
choses.
Finalement, le cœur même de Rabbit hole n’est pas la perte d’un enfant mais le couple et sa capacité à
surmonter une épreuve. On pense beaucoup à Eyes wide shut devant le film, et ce n’est pas que grâce à la présence de Nicole Kidman. John Cameron Mitchell
analyse très finement les rapports entre êtres humains, et pas uniquement entre les personnages principaux mais également avec leur environnement. Il ne livre pas ici un mélo sans saveur, son
discours est pertinent et l’émotion est présente sans saturer le récit. Les angoisses et les motivations des personnages sont palpables ; ils héritent d’une situation traumatisante et réagissent
chacun à leur manière sans que le réalisateur ne pose de jugement de valeur.
Si les personnages de Rabbit hole nous semble si familiers, c‘est qu‘ils sont incarnés (dans le sens le plus
noble du terme) par des acteurs inspirés. Je n’avais pas vu Nicole Kidman en si grande forme depuis bien longtemps, peut-être depuis Fur ou bien Dogville. C’est
avec une grande finesse qu’elle prend à bout de bras ce personnage de femme perdue à la recherche d’une bouée de sauvetage. Son compagnon à l’écran, Aaron Eckhart, trouve là aussi un de
ses plus beaux rôles : cette petite faille qu’il laisse ici à découvert lui va très bien. Quand aux seconds rôles ils sont impeccable, de Dianne Wiest et Sandra Oh : cette
cohérence dans le casting est un atout indéniable. On est en présence d’un film touchant, qui va au fond des choses sans être lourd, ce qui pour un tel sujet est une gageure.
Ma note : ***
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