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Retour parmi les hommes (2011) Philippe Besson

par Neil 21 Mars 2019, 03:25 Bouquins

Fiche technique
Roman français
Date de parution : 2 janvier 2011
Genre : biographie de fiction
213 pages
Edité chez Julliard

Synopsis : En 1916, à la mort d’Arthur, son jeune amant tué au combat, Vincent de l’Étoile s’est enfui. Errance de vagabond inconsolable, miséreux et rêveur. Après quelques années de dérive à traîner son deuil à travers le monde, Vincent retourne en France en 1923 ; c’est un peu comme s’il acceptait enfin la mort d’Arthur. (fnac)

Mon avis : Le deuil impossible de l’amant merveilleux

C’est rare de voir l’attente qu'a pu provoquer pour les amateurs un roman comme Retour parmi les hommes. Dès la fin d’En l’absence des hommes, son héros manquait à de nombreux lecteurs. Savoir que, dix ans après, Philippe Besson projetait d’écrire une suite à son premier roman a fait naître chez beaucoup d’amateurs du livre, une inexplicable et fiévreuse espérance. Celle de ressentir les mêmes émotions, la même passion et les mêmes angoisses que la première fois. Il faut dire qu’En l’absence des hommes se finissait sur une note tragique mais aussi avec l’espérance de jours meilleurs, d’un ailleurs où allait s’engouffrer Vincent pour se retrouver et pouvoir commencer une nouvelle vie.

De retour de son périple à travers le Monde, Vincent nous parle de la société d’après-guerre à laquelle il ne peut pas s’identifier. A 17 ans, il est parti, quittant sans un mot son ami Marcel, désormais mort sans que le jeune homme n’ai pu lui dire au revoir. Les deux hommes qui ont le plus comptés dans sa vie ne sont plus là et il ne peut s’y résoudre. Malgré les voyages, malgré la distance, la blessure est toujours aussi forte. Pourtant il est allé loin, en Italie où il a traversé des paysages magnifiques sans vraiment s’y attarder, tout à sa peine et à son deuil. Il a traversé la mer, a rejoint l’Afrique, ses déserts et ses nomades. Mais aussi le Moyen-Orient, la Turquie, la Grèce… tous ces pays il les a visité mais ne s’y est jamais vraiment attardé.

On retrouve, dans Retour parmi les hommes, avec un plaisir indéniable, l‘écriture survoltée de Philippe Besson. Ce récit d’aventures éperdues en quête de réconfort est mené tambour battant. C’est une prouesse littéraire que de nous emporter si loin et si vite sans jamais perdre en intensité. Cette toute première partie, grandement inspiré par les voyages d'Arthur Rimbaud, est  fulgurante, envoutante et poignante. Puis, le voyage en Amérique entame un autre style dans la narration, plus posée et encore pleine de découvertes. Le héros murit mais il emporte avec lui sa peine et son désarroi. Enfin, le retour en France est captivant, on est curieux de découvrir avec les yeux de Vincent ce Paris des années folles.

Le décalage entre les affres du personnage et le décor qu’il nous dépeint amène une dimension tout à fait particulière qui donne un charme certain à l'histoire. Mais malgré tout, Retour parmi les hommes n‘atteint pas les sommets auxquels on rêvait d‘accéder. C’était une gageure pour Philippe Besson d’égaler cette prouesse initiale et forcément unique, qu'il avait atteinte avec En l'absence des hommes. La force romanesque est moins intense, la fougue transparait moins. Et puis le charme du premier roman était qu’il évoquait des personnages sans les nommer : par exemple le nom du personnage prénommé Marcel n’était jamais prononcé.

Évidemment le lecteur savait pertinemment qu’il s’agissait de Proust, mais avec pudeur et élégance - à l’image du milieu corseté dans lequel baignait Vincent - personne ne le disait. Dans Retour parmi les hommes, les noms de Raymond Radiguet et de Jean Cocteau sont clairement indiqués : c’est certes intéressant de mieux connaître cette époque mais du coup on a parfois l’impression de lire Voici, ou plutôt un Who's who, version gay. Reste que Philippe Besson se révèle encore assez bon quand il raconte des drames intimes et des tourments passionnels, et que, lorsqu'il part dans cette voie là, on le lit toujours avec un plaisir non dissimulé.


Ma note : ***

Retour parmi les hommes (2011) Philippe Besson
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commentaires

D&D 22/05/2011 15:41



Mon pote de ciné est en train de lire Proust, faut quand même que je lui parle de ça !


Connais pas du tout Besson, hormis le fait, sauf mélange de ma part, que c'est lui qui a "repris" Paris Dernière ?



Neil 22/05/2011 21:32



Il devrait être intrigué par En l'absence des hommes.
Oui, Philippe Besson présente maintenant Paris Dernière. Je n'ai jamais vu ce que ça donne. Le personnage publique m'intéresse assez peu, à vrai dire.



pierreAfeu 22/03/2011 21:36


De Besson (Philippe bien sûr), je n'ai justement lu que "En l'absence des hommes" que je n'ai ni adoré ni pas adoré... J'ai aimé son style mais n'ai pas cru à Proust, justement. Mais comme
l'écrivain m'est plutôt sympathique, je vais peut-être retenter l'expérience...


Neil 23/03/2011 22:13



Dans En l'absence des hommes, c'est plus l'histoire d'amour qui m'a bouleversé plutôt que les passages avec Proust, un peu en deçà. L'écriture de Besson me
touche énormément, par contre le personnage public me soûle un peu.



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