Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 06:57

Road_Nowhere.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 13 avril 2011
Genre : mise en abîme
Durée : 2h01
Scénario : Steven Gaydos
Image : Joseph M. Civit
Musique : Tom Russell
Avec Shannyn Sossamon (Laurel Graham), Tygh Runyan (Mitchell Haven), Dominique Swain (Nathalie Post), Cliff de Young (Carry Stewart), Waylon Payne (Bruno Brotherston), John Diel (Bobby Billings)…

Synopsis : Mitchell Haven prépare un nouveau film inspiré de faits réels dans lesquels un politicien corrompu, sa maîtresse - la mystérieuse Velma Duran - et plusieurs milliers de dollars ont disparu. A la recherche de son actrice principale, il fait la rencontre d'une jeune femme qui ressemble étrangement à la femme fatale de son histoire. (allocine)

Mon avis : C’est l’histoire d’un film…

On pourrait dire de Road to nowhere que c‘est un film qui ne va nulle part. Cet argument, tout à fait audible, ne tient cependant pas compte de la personnalité de son metteur en scène. Monte Hellman est un de ces cinéastes incompris et maudit, qui est devenu une référence de la série B pour certains comme Quentin Tarantino et du cinéma underground pour d’autres comme Vincent Gallo. Son dernier long-métrage datait jusqu’à maintenant de la fin des années quatre-vingt et il a passé les vingt dernières années à soutenir et produire le cinéma qui a fait sa notoriété. Le caractère atypique du film est donc intrinsèquement lié à son auteur et à son retour à la mise en scène.

Devant un écran d’ordinateur, Nathalie Post demande des précisions à Mitchell Haven quant à son dernier film. La star de ce film est une jeune actrice, Laurel Graham, que Mitchell a découvert par hasard et dont il pense qu’elle a un potentiel incroyable. Il faut dire que Laurel ressemble comme deux gouttes d’eaux au personnage qu’elle est censée interpréter, Velma Duran. On suit le tournage du film, où Mitchell et Laurel développent une relation très proche qui met en péril, selon certains techniciens, l’équilibre général du long-métrage.

C‘est un constat assez paradoxal : les films-concepts qui parlent du cinéma sont souvent très intéressants. On pourrait penser que Road to nowhere est vain, que son scénario tient sur une feuille de papier et qu’il ne peut intéresser que les professionnels de la profession. Et pourtant c’est tout le contraire : le film nous embarque de bout en bout et on est comme une petite souris ravi de connaître un peu mieux les coulisses d’un tournage, qu’elles soient réalistes ou qu’elles soient fantasmées. De nombreux précédents peuvent d’ailleurs en attester, que ce soit La nuit américaine, The player ou même Ca tourne à Manhattan. Le film, qui n'atteint pas les hauteurs de ses prédécesseurs  est d’ailleurs ultra-référencé, et Monte Hellman ne s’en cache pas : il insère même des extraits de films qui l’ont influencé, lui ou son personnage principal, lui-même réalisateur.

Une autre référence ne cesse de nous hanter en regardant Road to nowhere, celle de David Lynch. On retrouve beaucoup de Mulholland drive (toutes proportions gardées) dans ce film qui mélange doubles personnalités, sensualité et mystères pas toujours résolus. Et ici aussi on aime à se perdre dans les différentes temporalités et dans ce mélange flou entre réalité et fiction. Alors évidemment ça ne fait que compliquer une trame narrative que le réalisateur se fait un malin plaisir de ne pas nous dévoiler. Au spectateur de faire son effort d’imagination pour reconstituer les fils de l’intrigue et se forger sa propre idée. En sortant de la salle de cinéma, il y a de fortes chances que chacun reparte avec son propre film, sa propre vision qui dépendra de ses critères et de sa sensibilité. Tout ça n’est pas forcément très accessible, mais fort intéressant.

Ma note : **

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