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Room 237 (2012) Rodney Ascher

par Neil 19 Septembre 2012, 05:43 2010's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 6 février 2013
Durée : 1h42
Genre : explication d'images
Photographie : Rodney Ascher
Musique : William Huston et Jonathan Snipes
Avec Bill Blakemore, Geoffrey Cocks, Juli Kearns, John Fell Ryan, Jay Weidner, Buffy Visick

Résumé
 : L'invasion des profanateurs de sépulture est très largement perçu comme étant une allégorie du Maccarthisme, Matrix est chargé d’une symbolique christique quant à Godzilla il est une évocation de la bombe atomique. Cependant un film, plus qu’aucun autre, a généré analyses et discordes au sujet de sa réelle signification : Shining de Stanley Kubrick. (allocine)

Mon avis
: On nous aurait menti

Pour un critique, Room 237 nous met dans une drôle de position : parler d'un film qui parle d'un film qui est adapté d'un roman. Le documentariste Rodney Ascher, lui-même passionné par l’œuvre de Stanley Kubrick, a décidé un jour de demander à cinq spécialistes du film, en tout cas c'est comme ça qu'ils s'appellent, d'en parler devant une caméra. Et le fait est que ces personnes ont tous et toutes vu et revu le film culte et ont développé au cours des années pas mal de théorie qui mettent en lumière l'interprétation du maître. Ce qui est d'ailleurs étonnant vu le caractère assez peu prolixe de Stanley Kubrick, qui vivait comme un reclus et accordait très peu d'entretiens. Mais il faut croire qu'une grande partie du mystère vient également de là : l'artiste a su créer tout un mythe autour de sa propre personne, qui rejaillit logiquement sur son œuvre.

Un homme nous raconte sa première expérience avec Shining, quand il est allé le voir au cinéma à sa sortie. Il a tout de suite été fasciné par les premières images de ce panoramique qui nous montrait les montagnes gigantesques sur le flanc desquelles une voiture roulait. C'est la voiture de Jack Torrance qui se dirige vers l'Overlook hotel avec sa famille, une image qui est restée dans la mémoire de ce spécialiste du film. Même après la fin du générique, il n'a d'ailleurs pas été en mesure de quitter son siège tellement il était tétanisé et l'ouvreuse a dû venir le chercher pour le faire bouger. Dès ce moment là, il a su qu'il allait consacrer sa carrière à l'industrie du film, même s'il ne savait pas encore à l'époque où, quand ni comment il allait pouvoir y arriver.

Toute la richesse de Shining nous est révélée dans Room 237. Les moindres détails du film sont scrupuleusement analysés et l'on y découvre une foultitude de messages plus ou moins évidents. On se rend compte rien qu'à revoir les images combien Stanley Kubrick était un réalisateur méticuleux qui ne laissait quasiment aucune place au hasard. La géométrie parfaite des plans, l'harmonie des travellings ou la cohérence des fondus enchaînés : tous les éléments de sa mise en scène sont signifiants.

Même sur un film a priori de divertissement l'artiste soignait tout et désirait marquer de son empreinte ce qui pour beaucoup d'autres metteurs en scènes n'aurait été qu'une simple adaptation de roman fantastique. Car il ne faut pas oublier que Shning est avant tout un roman de Stephen King, ce qui pourrait limiter les analyses du film, et pourtant. Pourtant Room 237 est plein d'exégèses plus ou moins contradictoires et plus ou moins loufoques d'un film dont la richesse nous apparaît clairement. Et ce qui est sans doute le plus intéressant dans le documentaire c'est de voir combien un film n'appartient qu'au spectateur qui le regarde.

C'est souvent ce qui distingue les films entre eux, certains devenant des œuvres d'art à part entière : il existe quasiment une infinité de versions selon la perception qu'on peut en avoir. Et le documentaire s'en moque souvent, insérant des images ironiques au moment où les intervenants développent leur théorie, jouant avec le montage pour nous montrer combien certaines sont capillotractées. La mise en image de quelques unes de ces interprétations reste tout de même fascinantes et le réalisateur de Room 237 ne se moque pas méchamment, même des plus absurdes théories du complot. Du bel ouvrage, à conseiller bien entendu à ceux et celles qui ont vu Shining.

Ma note : ***

Room 237 (2012) Rodney Ascher
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commentaires

dasola 27/06/2013 06:19


Bonjour Neil, il faudrait déjà que je revois Shining avant de voir ce documentaire. Mais je l'ai noté. Bonne journée.

Neil 30/06/2013 16:50



Bonjour Dasola, voir le documentaire donne envie de revoir Shining... ce qui est un plaisir en soi ! Bonne soirée.



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