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Shame (2011) Steve McQueen

par Neil 11 Décembre 2011, 06:22 2010's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 7 décembre 2011
Genre : addiction au sexe
Durée : 1h39
Scénario : Abi Morgan
Image : Sean Bobbitt
Musique : Harry Escott
Avec Michael Fassbender (Brandon), Carey Mulligan (Sissy), James Badge Dale (Patrick), Nicole Beharie (Marianne), Robert Montano (Le serveur du restaurant), Lucy Walters (La fille du métro)

Synopsis : Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie... (allocine)

Mon avis : La tentative de rédemption d’un accro compulsif

Avec Shame, son deuxième film, Steve McQueen (le réalisateur, pas l’acteur : je sais, on l’a déjà faite celle là) a engagé une nouvelle fois Michael Fassbender, après Hunger. Et bien lui en a pris puisque l’acteur, très en vogue en ce moment, décrocha la coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine lors du dernier Festival de Venise. Il faut dire que sa prestation est ici assez bluffante, tout comme elle l’était pour le premier film du réalisateur. Il fait ici un duo avec la non moins à la mode Carey Mulligan qui pour une fois ne joue pas le rôle du pauvre petite fille sage et bien rangée. Elle qui en seulement quelques films est devenu une des coqueluches du moment réussit à tenir la dragée haute à son partenaire avec un rôle plus complexe qu'il n'y parait.

Golden boy new-yorkais, Brandon est un célibattant. Il enchaîne les conquête et n’est jamais rassasié. Dans le métro, il croise le regard d’une jeune fille qu’il trouve très mignonne et la fixe intensément. Troublée, elle lui sourit en rougissant et s’apprête à descendre. Il la suit dans les couloirs, elle tente de le semer, visiblement gênée. La foule les sépare en haut d’un escalier mais Brandon n’est pas satisfait : il va se finir tout seul dans son appartement. Au bureau également, il s’isole régulièrement pour se masturber dans les toilettes. Pendant ce temps, il ignore sciemment les divers messages que sa sœur lui laisse sur son répondeur. Un soir qu’il rentre du travail, il la trouve prenant sa douche dans son propre appartement : Brandon avait oublié qu’il lui avait laissé les clés au cas où.

C’est un délicat défi que réussit Shame, de parler sexe et de mettre en images sans avoir l’air complaisant. Le porno chic a aujourd’hui envahi nos écran et il aurait été facile que de succomber à cette facilité. Au contraire, Steve McQueen adopte un style quasi documentariste pour nous évoquer cette tranche de vie peu ordinaire. Tout cela en n’omettant aucun détail : durant une bonne partie du film on voit Michael Fassbender totalement nu, et frontalement de surcroit (ce qui nous fait constater que le monsieur a été généreusement doté par Mère Nature).

Quelques scènes de sexe surprennent d'ailleurs par leur crudité sans demeurer vulgairement aguichante. Steve McQueen ne se dérobe donc pas, et réussit à construire autour de cette thématique centrale une ossature solide. Car ce qui importe dans Shame, c’est la trajectoire de cet homme perdu et tourmenté, qui essaye de s’en sortir. On le voit se comporter comme un drogué ou un alcoolique, regardant compulsivement des films pornos et cherchant jusqu’à des pratiques extrêmes pour assouvir ses fantasmes.

Entre temps, il rencontre cette fille qui lui plait sincèrement et qui semble attirée par lui autrement que sexuellement. Grande nouveauté pour lui, et il va se jeter dans cette histoire à corps perdu, sa sœur lui permettant par ailleurs de se rendre compte à quel point sa vie est futile. L’instinct sera-t-il plus fort que la passion, voilà un sujet fort intéressant et fort bien développé. Maniant la caméra avec dextérité, Steve McQueen nous emmène avec Shame donc dans un univers décalé et nous donne envie de suivre une carrière qui démarre sur les chapeaux de roue.


Ma note : ****

Shame (2011) Steve McQueen
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commentaires

Phil Siné 15/12/2011 19:21


arf, tout ça parce que tu as vu son kiki... que je ne trouve pas si gros que ça d'ailleurs...

Neil 18/12/2011 10:00



Oh quand même il est assez respectable :p



Marcozeblog 14/12/2011 08:13


Moi, je ne trouve pas qu'il plante la jeune femme devant le métro. Au contraire, pour une fois, il ne lui saute pas dessus et laisse voir venir. En gros, il se laisse une chance d'avoir un
truc sérieux avec sa collègue (je suis un incorrigible romantique :-)). C'est plutôt la fois d'après à l'hôtel, quand il n'assure pas au lit, qu'il la laisse partir lamentablement.

Neil 18/12/2011 10:00



On voit les romantiques lol
La scène d'après est assez dure c'est vrai, c'est là qu'il se met en face de ses propres problèmes vis-à-vis du sexe.



Meilleurs films 12/12/2011 19:37


Un film très habillement tourné au vu du sujet choisi !

Neil 13/12/2011 23:02



Exactement : le sujet est casse-gueule mais il s'en sort bien.



britto 12/12/2011 15:05


N'étant habitué qu'aux putes et à sa main,
il est incapable de vivre une histoire d'amour réelle. Il plante là lamentablement cette pauvre fille devant la bouche de métro...

Neil 13/12/2011 23:02



C'est pas faux. J'écoutais d'ailleurs un avis assez intéressant qui plaçait sa peur des femmes comme une raison essentiel de son manque d'engagement.



Squizzz 12/12/2011 00:22


Il y a dans cette critique des arguments pour le moins peu en rapport avec le cinéma . Bref, sinon je suis assez
d'accord sauf pour "l'ossature solide", car il manque pour moi une trame dramatique plus développée pour combler les longueurs du film. Mais le portrait de cet homme en plein désarrois est
cependant traité très subtilement.

Neil 13/12/2011 23:00



Arf, tu fais référence à l'antomie de l'acteur principal ? :p
Sinon c'est vrai que la trame narrative pêche un peu, mais le film reste pour moi tout à fait passionannt.



ffred 11/12/2011 20:37


Oui ok là on est d'accord ;-)

Neil 11/12/2011 21:04



Yep, je tâcherai de développer plus à fond mes points de vue dans mes articles ;-)



ffred 11/12/2011 14:44


Il ne se jette pas du tout dans cette histoire avec sa collègue à corps perdu : il la foire complètement oui ! N'étant habitué qu'aux putes et à sa main, il est incapable de vivre une histoire
d'amour réelle. Il plante là lamentablement cette pauvre fille devant la bouche de métro...

Neil 11/12/2011 20:30



Justement je voulais écrire "à coeur perdu" mais l'expression n'existe pas. Il se lance pour moi dans cette aventure sans garde fou, et trop hâtivement. C'est peut-être une des raisons qui la
font échouer : il ne sait pas comment faire en dehors de son univers codifié, c'est un handicapé du sentiment qui tente de se racheter mais s'y prend comme un manche.



ASBAF 11/12/2011 12:59


On est okay sur tous les points du film, ça se putain de fête.

Neil 11/12/2011 20:28



Yo, tope là, give me five. Ou sinon on peut s'embrasser, et plus si affinités :-x



Chris 11/12/2011 12:32


Je suis en désaccord avec la plupart de tes points de vue (dans cette critique !), donc je ne vais pas détailler l'ensemble de mes contre arguments. Simplement un truc : il n'enchaîne pas les
conquêtes, il tire des coups tariffés, se branle devant sa glace ou internet. Il n'est donc ni Casanova, ni Don Juan, simplement un pauv mec qui ne peut penser à rien d'autre qu'éjaculer. Ensuite
il ne se jette pas à corps perdu dans sa romance, au contraire, il est dans l'évitement et l'abandon. 

Neil 11/12/2011 20:27



A voir les réactions des femmes qu'il séduit, je trouve qu'il enchaîne les conquêtes. Le mec veut plaire, user de ses charmes, et arriver à ce qu'il considère comme le but ultime de sa manoeuvre
: l'éjaculation. Après, il essaye selon moi de changer masi n'y parvient pas.



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