Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Shokuzai (2013) Kiyoshi Kurosawa

par Neil 7 Août 2013, 05:51 En salles

Shokuzai.jpgFiche technique
Films japonais
Date de sortie : 29 mai et 6 juin 2013
Durée : 4h27
Genre : héritage du passé
Scénario : Kiyoshi Kurosawa, d'après l’œuvre de Kanae Minato
Image :
Akiko Ashizawa
Musique : Yusuke Hayashi

Avec Kyôko Koizumi (Asako Adachi), Yû Aoi (Sae), Eiko Koike (Maki), Sakura Ando (Akiko), Chizuru Ikewaki (Yuka), Hazuki Kimura (Emili)..

Résumé
: Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako, la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? (allocine)

Mon avis
: pardonnez-leur, car elles ont péché

Ce billet est consacré à Shokuzai, celles qui voulaient se souvenir et Shokuzai, celles qui voulaient oublier, vus à la suite, ce qui est la meilleure façon de les voir. Car Shokuzai est une mini-série pour la télévision japonaise, diffusé en cinq épisode, qui nous est parvenue en deux long-métrages. Kiyoshi Kurosawa a adapté ici un roman populaire japonais qui suit cinq personnages féminins en quête de rédemption. Le prolifique réalisateur soigne ici son style, cultivant en particulier le genre du thriller en s'éloignant du traitement horrifique qu'il affectionnait dans son début de carrière. Il est fidèle à son acteur Teruyuki Kagawa, avec qui il avait déjà tourné deux de ses films, et prend pour incarner les personnages principales des actrices à contre-emploi, qui viennent de la télévision ou de la culture pop.

Nouvelle élève dans le village, Emili se fait vite de nouvelles amies. Elle se lie avec quatre d'entre elles plus particulièrement, et les petites filles jouent souvent ensemble. Un jour, l'une d'entre elle est bouleversée par le vol de sa poupée, et elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule. Plus tard, les cinq amies se retrouvent dans un terrain vague quand elles croisent un homme qui leur demande de l'aide pour aller chercher un objet dans le gymnase de leur école. Il désigne Emili qui l'accompagne seule, après que ses amies ont proposé qu'elles y aillent toutes ensemble. Au bout d'un moment, ne la voyant pas revenir, les petites filles décident d'entrer dans le gymnase, où elles la trouvent inanimée. L'une d'entre-elles prend alors les devant, demandant à ce qu'elles se séparent pour alerter tout le monde.

L'appartenance au genre télévisuel de Shokuzai se fait ressentir d'un certain côté et pas d'un autre. Il s'en distingue par son style, et par sa mise en scène très élaborée. Mais à bien y réfléchir beaucoup de séries ou de mini-séries contemporaines affichent également une très bonne tenue au niveau de la réalisation. C'est une pierre de plus à l'édifice du rapprochement des médias qui s'opère ici une fois de plus. Là où le film s'en rapproche, c'est par sa narration, faussement déconstruite. Finalement il peut aisément se scinder en plusieurs parties, ouvertement affichées à l'écran, et qui pourraient se voir séparément. Elles racontent chacune une histoire différente et abordent des thèmes communs, complémentaires mais également indépendants. Le rappel de l'histoire commune intervient à chaque fois, comme dans une série, pour enrichir le spectateur ayant vu les autres segments tout en pouvant apparaître superflu mais pas contraignant à qui ne les aurait pas vus.

Les thèmes abordés dans Shokuzai (qui signifie « pénitence », en japonais) tournent tous plus ou moins autour de la culpabilité. On le savait déjà, mais les pays de culture judéo-chrétienne ne sont donc pas les seuls à tenter de ce dépêtrer du péché originel. Le pays du soleil levant a un rapport tout particulier avec l'idée de repentance, qui est très habilement analysée dans chacun des segments. Le spectateur peut piocher, et trouver dans l'un d'entre-eux celui qui lui parlera le plus ; j'ai pour ma part particulièrement été touché par l'histoire de Sae et de sa poupée française. On ressort en tout cas du film assez choqué, et il continue de hanter le spectateur bien après sa projection, même si la résolution finale est un peu trop tirée par les cheveux. La mise en scène maîtrisée concourt toutefois à cette ambiance particulière qui nous poursuit de façon lancinante.

Ma note : ***

Lire également le billet de Dasola.

commentaires

D&D 09/09/2013 01:39


Ce sera un de nos désaccords de l'année. Je n'ai pas eu le courage de voir le second volet finalement, et je sens que ça va rester comme ça (vu que tout le monde dit en fait que la fin, non, et
que le premier est mieux). Je retiens le sens de la mise en scène du réalisateur, mais j'achète pas vraiment. Enfin, j'ai trouvé ça pas mal, mais bien gonflant :-)

Neil 11/09/2013 12:08



Ah oui tiens c'est un des rares commentaires négatifs que je lis sur le film. Bah ne te force pas, le second volet n'apporte rien de fondamental.



dasola 13/08/2013 12:41


Bonjour Neil, merci pour le lien. J'espère que les deux films sortiront en DVD car je pense que je reverrai au moins le premier avec intérêt, c'est mon préféré. Bonne journée.

Neil 14/08/2013 11:58



Bonjour Dasola, de rien. Moi aussi le premier film est mon préféré, et je suis content d'avoir pu voir les deux à la suite. Bonne journée.



Haut de page