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Simon Werner a disparu… (2009) Fabrice Gobert

par Neil 11 Septembre 2010, 02:53 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 22 septembre 2010
Genre : étude lycéo-sociologique
Durée : 1h31
Scénario : Fabrice Gobert
Photographie : Agnès Godard
Musique : Sonic Youth
Avec Jules Pelissier (Jérémie), Ana Girardot (Alice), Laurent Delbecque (Simon), Audrey Bastien (Clara), Serge Riaboukine (Monsieur Rabier), Yan Tassin (Frédéric)…

Synopsis : Mars 1992 dans une petite ville de la région parisienne. Au lycée Léon Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner manque à l’appel. Des traces de son sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades. (Allociné)

Mon avis : L’adolescence et ses petits tracas

Les films du Festival de Cannes sortent à la rentrée : c’est le marronnier de l’automne, on est habitué. Remarqué à Un certain regard, Simon Werner a disparu est le premier film de Fabrice Gobert. A 36 ans, il n’a pas suivi la voie royale (existe-t-elle ?) : après une prépa HEC il se rend vite compte que ce qui l’intéresse c’est plutôt le cinéma. Il repart donc pratiquement à zéro en écrivant un scénario, se fait remarquer, et décroche une bourse pour réaliser son premier court-métrage (nul, d’après lui). S’ensuivent l’étude assidue des maîtres et la réalisation de quelques documentaires, pour arriver à ce premier film, vaguement inspiré de son adolescence.

Jérémie a 17 ans, il est en terminale dans un lycée de la banlieue parisienne chic. Il traîne avec une bande d’amis, fait du foot et s’amourache de la belle Alice. Mais la belle sort avec Simon, le beau gosse du lycée, et rêve d’évasion avec lui. Quand Simon disparaît, tout le monde se perd en conjecture, l’imaginant parti au Maroc ou enlevé par un serial killer. Et puis c’est au tour de Lætitia de pointer aux abonnés absents, suivie de près par Jean-Baptiste Rabier, le fils du prof de chimie. À la fête de Jérémie, pour son anniversaire, les esprits sont donc un peu chauffés à blanc.

Plus qu’un simple polar, Simon Werner a disparu s’attache à étudier les mœurs adolescentes. Situé au début des années 1990, à l’époque où Fabrice Gobert avait lui-même 18 ans, le film a une dimension intemporelle qui participe à son charme. Pour appuyer son analyse, le réalisateur part des stéréotypes qui entourent l’adolescence pour mieux les dynamiter. Tous les personnages du film sont en transition : ils se construisent, à partir des clichés qu’ils se sont eux-mêmes attribués (le sportif, la blonde inaccessible, la gothique…) une identité d’adulte tout en gardant leur part d’enfance. Aidé par le très joli travail de la chef opératrice Agnès Godard, Fabrice Gobert apporte ici une nouvelle pierre à l’édifice des teen movies dont raffolent les Américains.

C’est en cela que Simon Werner a disparu pêche peut-être un peu. Le film est victime du syndrome « premier film » : à trop vouloir établir des références, il perd un peu de sa spécificité. On sent que le réalisateur a été influencé par Elephant ou par David Lynch (pour en citer qu’eux) ; des références tout à fait louables, mais risquées. Et finalement Fabrice Gobert s’en sort plus ou moins bien dans le mélange des genres, n’apportant pas grand chose de fondamentalement nouveau mais réussissant à éveillant l’intérêt du spectateur pour une histoire somme toute banale. La bande de jeunes acteurs apporte son lot de fraîcheur à l’ensemble, aucun ne sortant véritablement du lot mais tous jouant sensiblement leur rôle dans une partition homogène. Le récit à quatre voix permet une vision globale de la situation, prouvant une fois de plus que la réalité est complexe et dépend foncièrement du point de vue de chacun.

Ma note : **

Simon Werner a disparu… (2009) Fabrice Gobert
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