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Stoker (2013) Park Chan-wook

par Neil 23 Mai 2013, 05:40 2010's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 1er mai 2013
Durée : 1h40
Genre : famille dysfonctionnelle
Scénario : Wentworth Miller
Image : Chung-hoon Chung
Musique : Clint Mansell
Avec Mia Wasikowska (India Stoker), Matthew Goode (Charles Stoker), Nicole Kidman (Evelyn Stoker), Dermot Mulroney (Richard Stoker), Jacki Weaver (Gwendolyn Stoker), David Alford (Le révérend)...

Résumé
: Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi… (allocine)

Mon avis
: fétichisme érotique et éducation maléfique

Si on ne sait pas que le réalisateur de Stoker est Park Chan-wook, ce n'est pas forcément évident à deviner au premier abord. Car si l'ambiance malsaine du film est assez raccord avec l'ensemble de sa filmographie, nous sommes tout de même dans le traitement loin d'un Old boy, pour ne citer que la plus connue de ses œuvres. Le gore laisse ici place à une tension insidieuse, et la provocation se fait sentir non pas dans les images en elle-mêmes mais plutôt dans ce que le film raconte. Peut-être est-ce dû au fait que le réalisateur coréen n'a pas écrit lui-même le scénario, concocté par un étonnant Wentworth Miller. On y sent directement l'influence d'Alfred Hitchcock, qui avec L’ombre d’un doute avait exploré sensiblement les mêmes thématiques. Mais les influences du film sont pléthores, bien qu'il possède sa propre petite musique.

Le père d'India vient de mourir dans un accident de voiture. Lors de ses funérailles, la jeune fille hypersensible entend le murmure d'un homme qui l'appelle du haut d'une colline au loin. Lors de la collation qui suit l'enterrement, elle reconnaît l'homme que sa mère lui présente : il s'agit du frère de son père. Son oncle Charlie s'installe chez elles et India s'étonne lors d'un repas de ne jamais avoir entendu parler de lui. Il se trouve que Charlie était toujours en voyages et que son père ne le voyait plus beaucoup. Le lendemain, la mère d'India lui propose d'aller prendre du bon temps entre filles, histoire de se changer les idées et de recréer un lien mère-fille perdu depuis trop longtemps. Mais la jeune femme ne se sent pas d'humeur festive, elle préfère porter le deuil de son père, de qui elle était très proche.

Comme nombre de films d'ambiance, il n'est pas évident de caractériser d'emblée Stoker. Nous sommes au début embarqués dans un récit familial psychologisant, où les rôles semblent inversés. La mère, incarnée par une Nicole Kidman dont le visage impassible convient parfaitement au rôle, n'a visiblement plus d'emprise sur sa fille, que l'on sent légèrement névrosée. Puis un grain de sable vient troubler ce portrait de famille déjà peu alléchant, et une atmosphère mystérieuse accompagne les faits et gestes de l'oncle Charlie.

Avec l'irruption d'un personnage secondaire le film bascule dans un thriller encore plus angoissant, tout en frisant la farce avec un humour grinçant tout à fait approprié. La déconstruction du schéma familial traditionnel et en marche, tout comme les valeurs traditionnelles, occidentales, voire américaines. C'est dans cette ambiance morbide que Stoker revendique le plus sa filiation avec Alfred Hitchcock. En particulier, le film, au -delà des références claires et nettes (la scène de la douche, le prénom du personnage principal masculin et son aspect physique...), développe constamment un fétichisme assez jouissif.

La caméra s'attarde longuement sur des brins d'herbe ou sur des chevelures, tous les détails visuels mettent en exergue l'érotisation du Mal, illustrant très bien l'attraction-répulsion qu'exerce Charlie sur les deux protagonistes féministes. Matthew Goode, que l'on avait pu apercevoir dans A single man, parvient tout à fait à insuffler à son personnage à la fois le charme et la dangerosité, tandis que Mia Wasikowska s'en sort assez bien dans un rôle peu évident sur le papier. Stoker  est donc une belle réussite sur le fond comme sur la forme.

Ma note : ****

Vincent est beaucoup moins convaincu.

Stoker (2013) Park Chan-wook
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commentaires

Cathedrale 26/02/2014 10:59


Pour ma part, cette réalisation 'poussive' et cet amoncèlement de détails (un peu clichés/trop gros) m'ont carrément gâché tout plaisir.


à part la toute fin, je me suis ennuyée ferme..


Néanmois, chouette article!

Neil 26/02/2014 16:25



C'est sûr que Park Chan-Wook ne fait pas dans la dentelle, mais ça fait partie de son style je trouve. J'avais pris pour ma part un joli plaisir devant le film.



Mo5kau 31/05/2013 12:20


Un suspens rondement mené par un réalisateur spécialiste des histoires un peu tordues !

Neil 02/06/2013 22:05



Oui, le suspens tient tout à fait la route. Par contre ici Park Chan-wook s'est calmé par rapport à la vioence, mais ce style lui convient également.



Wilyrah 24/05/2013 16:58


Nous sommes d'accord et visiblement, nous avons pris le même plaisir devant ce film. 

Neil 25/05/2013 13:28



Yes, un pur plaisir à ne pas bouder.



dasola 23/05/2013 10:02


Bonjour Neil, je te rejoins dans les louanges. Somme toute, l'histoire est classique mais c'est transcendé par la réalisation. Bonne journée.

Neil 23/05/2013 18:40



Bonsoir Dasola, le film met à peu près tout le monde d'accord, ce qui fait plaisir. Bonne soirée.



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