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The artist (2011) Michel Hazanavicius

par Neil 19 Septembre 2011, 05:47 Avant-Première

The_Artist.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 12 octobre 2011
Genre : adaptation difficile
Durée : 1h40
Scénario : Michel Hazanavicius
Image : Guillaume Schiffman
Musique : Ludovic Bource
Avec Jean Dujardin (George Valentin), Bérénice Béjo (Peppy Miller), John Goodman (Al Zimmer), Penelope Ann Miller (Doris), James Cromwell (Clifton), Missy Pyle  (Constance)…

Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés. (allocine)

Mon avis : Remise en question sur le boulevard du crépuscule

C‘est une audace tout à fait appréciable que de réaliser (et de produire) un film comme The artist aujourd‘hui. On l’a dit, et à juste titre, à l’heure du numérique et de la 3D il est inhabituelle, et même inédit, que de sortir un film en noir et blanc et muet de surcroit. On peut ici saluer la malice de Michel Hazanavicius, qui nous a habitué à déjà quelques originalités appréciables : la série des OSS 117 et l’objet télévisuel devenu culte que fut Le grand détournement (ou bien La classe américaine pour les initiés). On peut aussi saluer le courage de Thomas Langmann, digne fils de son père, qui n’hésite pas à mettre la main à la poche. : c’est ainsi que le film a pu être tourné à Hollywood, dans certains des plus grands studios. Est-ce l’originalité du projet, son ampleur, le fait est que Jean Dujardin reçoit le prix d’interprétation à Cannes et que le film est préssenti pour la course aux Oscars.

Dans une salle de cinéma, un orchestre passe la musique du dernier film de George Valentin devant des spectateurs enthousiasmés. Derrière l’écran, toute l’équipe du film attend fébrilement leur réaction finale pour jauger du succès potentiel du film. C’est un triomphe, et George Valentin s’en va saluer la foule sur l’estrade, en faisant des tonnes avec son chien qui le suit partout. Son épouse Doris, qui joue également dans le film, aimerait bien partager avec lui ce moment et lui fait clairement signifier, quand il l’invite finalement à le rejoindre, qu’elle lui revaudra ça. A la sortie, George est assailli par les photographe et une foule en délire de jeunes femmes se presse pour le voir. A la suite d’une bousculade, l’une d’entre elle est projetée dans ses bras et un photographe malicieux immortalise l’incident.

On sent bien que les moyens sont déployés pour faire de The artist un bel objet de cinéma. La mise en scène est tout à fait remarquable, un soin particulier est pris à la photographie et au cadre. Le noir et blanc léché rappelle clairement les films d’époque, ce qui ajoute au côté suranné du projet. On pourrait s’attendre à être surpris par l’absence de dialogue mais au contraire, on s’emballe assez vite pour cette histoire simple et cela met en valeur la vacuité de la parole : certains dialoguistes devraient en tirer une leçon. Si cela fonctionne, c’est évidemment dû à un casting qui se tient parfaitement, la place de choix étant clairement celle de Jean Dujardin. Il se débrouille de façon impeccable, endossant le rôle d’un acteur de cette époque comme un gant. Signalons également à ses côtés la présence de John Goodman et de James Cromwell, deux acteurs américains majeurs, voire même incontournables.

Les petits défauts de The artist découlent peut-être de ses qualités. : en fait le film est tellement lisse que son propos est un peu affadi. On sent à chaque instant l’attention qui est apportée à tous les détails de la réalisation, ce qui force le respect mais empêche l’émotion de surgir. On se sent dans quelques scènes comme dans une production américaine à grand moyens qui se fait presque dévorer par son budget. Certaines situations un peu trop appuyées semblent nous dire qu’ici il faut rire et que là il faut être ému, ce qui amoindrit de facto l’effet produit. Mais ces petits détails ne ternissent pas le travail effectué, de grande qualité, et ne nuisent que partiellement à un film qui méritera amplement son succès et restera de toutes façons marquant, de par son caractère innovant et audacieux.

Ma note : ***

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commentaires

Franka 26/01/2012 22:09


Ah ben je l'avais raté, mais comme il ressort je l'ai enfin vu.


Tout bon, un régal ! Je souscris à tout ce que tu écris, avec un bon point pour la fin : je me demandais comment Hazanavicius s'en sortirait, et ce passage à la comédie-claquettes, autre
engouement immense qui sera à son tour ringardisé, est un clin d'oeil délicieux.

Neil 28/01/2012 19:12



Maintenant que tu l'expliques comme ça, cette fin me plaît bien. Le film est bon mais je trouve qu'on en fait trop tout de même...



Jérémy 28/10/2011 16:00



Un pari réussi, assez plaisant à voir, qui flirte entre la comédie et le mélodrame.


La précision accordée à la mise en scène (quelques idées fabuleuses) permet au film d'étonner à plusieurs reprises je trouve... mais 'The Artist' reste quand même un défi de pure intention qui a
du mal à dépasser les propres limites qu'il s'est fixé.



Neil 08/11/2011 18:04



Oui, exactement. Les limites que s'est fixé le réalisateur empêchent le film de s'envoler.



Christophe 15/10/2011 00:36



Chose assez surprenante, ce film m'a pas mal ennuyé. Etonnant, car j'aime tellement le cinéma muet. Mais j'ai trouvé ce film très impersonnel. C'est normal, on est dans le pastiche. Même quand
c'est fait avec talent, l'application à imiter fait souvent oublier l'émotion... Sur le plan technique, c'est évidemment très bien fait. Mais ce n'est que de l'habillage. Hazanavicius fait le bon
choix de format d'image, choisit de belles nuances de gris... mais pour moi, c'est un film d'aujourd'hui auquel il applique une esthétique qu'il croit d'époque. Je n'ai pas retrouvé ici la
science du montage du muet, l'esprit de ce cinéma. Un brin déçu quand même...



Neil 15/10/2011 11:20



Tu le décris parfaitement, et c'est sans doute ce en quoi le film n'atteint pas totalement sa cible. Par contre le côté pastiche je ne le vois que partiellement : si Hazanavicius s'était
autant lâché dans le pastiche que dans ses deux premiers films, peut-être que ça aurait ajouté une touche plus originale au projet.



Wilyrah 14/10/2011 13:17



Je suis assez d'accord avec ton dernier paragraphe, le film est quand même un peu trop sage et trop appuyé par endroits. Dommage.



Neil 14/10/2011 19:08



C'est un peu dommage qu'il n'aille pas au bout de son projet. Le film reste bon mais manque juste un petit plus qui ferait la différence.



Squizzz 24/09/2011 22:11



Une fois n'est pas coutume, je ne lirai pas tout de suite ta critique. Plus qu'une dizaine de jours à patienter pour le découvrir en ouverture du Festival Lumière de Lyon. J'ai hâte !!!



Neil 25/09/2011 10:53



T'inquiète je fais comme toi : je ne lis les billets que des films que j'ai vu (si je veu les voir).



mymp 21/09/2011 13:18



C'est exactement ça, le film est bien fait, entraînant, porté par un superbe casting, mais rien ne dépasse, c'est lisse. On s'ennuie même un peu au milieu, d'autant plus que le scénario se devine
à des kilomètres. Dommage, un peu plus de prise de risques dans l'histoire, comme celle d'avoir voulu monter un tel projet de nos jours, aurait fait énormément de bien au film qui, en l'état,
reste une réussite sympathique, mineure. Mais bon, encore une fois, les macarons étaient très bon à la fin ;)



Neil 21/09/2011 20:53



Tu résumes tout à fait ce que j'ai pensé du film.
Donc tu étais toi aussi de la partie ? Tiens tiens... ;)



Wilyrah 19/09/2011 21:52



Merci bcp, je t'ai répondu ;)



Neil 20/09/2011 17:34



Mais de rien ;)



Wilyrah 19/09/2011 21:03



Ah bravo, heureusement que tu devais me filer les bons tuyaux, vilain !



Neil 19/09/2011 21:17



Arf mdr : message croisé (par mail ;) )



Wilyrah 19/09/2011 19:29



QUOI QUOI QUOI ? Comment l'as-tu vu ???



Neil 19/09/2011 20:56



Hé hé, mystère mystère... j'ai même pu voir Jean Dujardin et Michel Hazanavicius en vrai :p



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