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The grand Budapest hotel (2014) Wes Anderson

par Neil 23 Février 2014, 06:15 Avant-Première

Grand BudapestFiche technique
Film américain
Date de sortie : 26 février 2014
Durée : 1h40
Genre : héritage convoité
Scénario : Hugo Guinness, d'après l’œuvre de Stefan Zweig
Image : Robert Yeoman
Musique : Alexandre Desplat
Avec Ralph Fiennes (Gustave H.), Tony Revolori (Zéro), Saoirse Ronan (Agatha), Willem Dafoe (Jopling), F. Murray Abraham (M. Moustafa), Tilda Swinton (Madame D.), Jude Law (Le jeune auteur), Adrien Brody (Dmitri)...


Résumé
: Gustave H. est l'homme aux clés d'or d'un célèbre hôtel européen de l'entre-deux-guerres ; le garçon d'étage Zéro Moustafa est son allié le plus fidèle. La recherche d'un tableau volé, œuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d'un important héritage familial les conduit dans une aventure au cœur de la vieille Europe en pleine mutation.

Mon avis
: délicieuse comédie sur fond historico-policier

Ouvrant le festival de Berlin, The grand Budapest hotel est le huitième opus d'un réalisateur majeur, mais pas assez récompensé : faire dans la légèreté ne semble pas être la clé des grands prix internationaux. Et pourtant Wes Anderson brode des comédies délicates bien plus profondes qu'elles en ont l'air. Pour preuve, il puise ici ses sources aussi bien dans plusieurs œuvres de Stefan Zweig que dans les comédies américaines du début du XXe siècle, mais aussi chez Hannah Arendt ou bien Irène Némirovsky. Les moindres détails y sont soignés, des tableaux plus ou moins centraux dans le récit qui évoquent Egon Schiele ou bien la Renaissance flamande aux noms des personnages qui font par exemple penser à certaines grandes familles de la noblesse européenne. Et tout cela sans ostentation aucune.

Une anonyme vient dans un cimetière rendre hommage au plus grand auteur de la république de
Zubrowka. Son roman raconte comment il a connu M. Moustafa, le propriétaire du Grand Budapest, célèbre hôtel de la région. Et celui-ci de lui conter son histoire, depuis ses débuts en tant que groom, surnommé Zéro, dans ce même établissement prestigieux, dans les années 1930. Le concierge de l'époque s'appelait Gustave H. ; discret et raffiné, il a tout appris à Zéro, et prenait un soin particulier de ses clients. Il était particulièrement proche de l'une d'entre eux, Madame D., riche héritière qui, lors de leur dernière entrevue, pressentait qu'un grand malheur allait lui arriver. Gustave la rassure et la laisse repartir, charmé par ce bel homme qui est à l'occasion son amant. Elle meurt malheureusement peu après, et Gustave part avec Zéro à ses funérailles.

Le raffinement est le maître-mot de The grand Budapest hotel, où une fois de plus Wes Anderson fait preuve d'un brio dans la mise en scène. Celle-ci n'est certes pas discrète : les travellings sont tout aussi soignés que visibles, différents formats illustrent les époques diverses dans lesquelles se placent le récit et de nombreux panoramiques se mêlent aux effets de zoom. Cette complète panoplie du parfait réalisateur donne à l’œuvre un caractère apaisant, on y ressent avec un plaisir non dissimulé le fameux « luxe, calme et volupté » que tant d'artistes recherchent. Le récit en forme de poupées russes nous perd autant qu'il nous divertit, l'humour est de mise et c'est avec une grande délicatesse que le réalisateur déroule son histoire avec malice, comme au temps de la comédie américaine et de ses grands classiques.

On ressent donc, à l'image de « L'air de panache » dont le personnage principal use et abuse, un parfum quelque peu suranné dans The grand Budapest hotel, ce qui n'a rien de déplaisant, bien au contraire. Il semble que Wes Anderson reprenne le flambeau de ces conteurs d'histoires d'antan qui nous faisaient voyager tout en charriant avec eux un univers foisonnant. Il nous brosse tout en finesse un portrait d'une Europe insouciante où flotte un danger imminent, celui des fascismes de tous bords. Et bien entendu de nombreux clin d’œils émaillent ce récit, par le biais de la troupe d'acteurs et d'actrices qui ont accompagné le réalisateur depuis ses débuts. Ils endossent avec espièglerie des rôles plus ou moins majeurs, et l'on retrouve avec joie une Tilda Swinton métamorphosée ou un impeccable Ralph Fiennes, nouvel arrivant qui se fond parfaitement dans le moule.


Ma note : ****

commentaires

Ygor Parizel 21/06/2014 12:49

Quel bonheur le cinéma de Wes Anderson. Son meilleur film pour moi.

neil 21/06/2014 13:17

La mise en scène d'Anderson est un pur plaisir, et celui-ci ne déroge pas à la règle.

Mo5kau 01/03/2014 17:54


Vraiment pas déçu par ce Grand Budapest Hotel. Superbe mise en scène, et quelle distribution ! Peut-être un peu plus sombre que d'habitude, mais toujours assez poétique.

Neil 03/03/2014 13:45



Superbe distribution, c'est vrai, et quelle mise en scène ! Un vrai régal.



Laurent 28/02/2014 20:13


Ce billet donne envie d'aller le voir. Merci !

Neil 03/03/2014 13:44



De rien, il vaut vraiment le coup.



mymp 24/02/2014 12:05


C'est une blague ? 4 étoiles pour ce bocal de formol ?! Je n'en peux plus de Wes Anderson, je n'en peux plus de ses films gnangnans qui sentent la naphtaline rance et l'humour gâteux. Te voir
tomber dans le piège me fend le coeur ;)

Neil 26/02/2014 16:24



Je confirme, quatre étoiles et c'est pas cher payé pour ce film. Le soin apporté à la mise en scène ne fait plus recette, maintenant c'est les "vas-y que je filme de façon tramblotante une
nuque en gros plan" qui passent pour du raffinement. Le classicisme n'a plus la cote, comme dirait Michel Ciment. Parce qu'en plus je cite des vieux, c'est comme ça.



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