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The master (2013) Paul Thomas Anderson

par Neil 7 Février 2013, 06:18 En salles

Master.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 9 janvier 2013
Genre : lutte spirituelle
Durée : 2h17
Scénario : Paul Thomas Anderson
Image : Mihai Malaimare Jr.
Musique : Jonny Greenwood
Avec Joaquin Phoenix (Freddie Quell), Philip Seymour Hoffman (Lancaster Dodd), Amy Adams (Peggy Dodd), Jesse Plemons  (Val Dodd), Rami Malek (Clark), Laura Dern (Helen Sullivan)...

Résumé : Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe... (allocine)

Mon avis
: qui de nous deux inspire l'autre ?

Que The master soit ou nous une charge frontale contre la scientologie n'a que très peu d'importance. Déjà parce que frontale elle ne l'est pas, les personnages décrits dans le film et la secte dépeinte n'ayant que quelques traits d'inspiration avec la réalité. D'autre part parce que l'on sent bien que ce qui intéresse PTA c'est de dépeindre une Amérique, comme il le fait depuis des années. Depuis le milieu des années 90, Paul Thomas Anderson nous a fourni, à échéance plus ou moins régulière, ses clés d’interprétation d'une nation qui, on le sent, lui tient à cœur. Mais ce qui l'intéresse, c'est surtout de montrer ses failles, ses faiblesses, et comment elle s'est construite dans le temps. Ici le prisme sectaire lui permet d'enraciner son histoire au début des années 1950, au sortir de la seconde guerre mondiale.

Quittant le Pacifique à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Freddie est totalement désorienté. Accroc au sexe et à l'alcool, il trouve un boulot de photographe dans un grand magasin. Mais très vite il va avoir une altercation avec un client et fuit la confrontation. Il se retrouve à cultiver des choux dans une ferme et se bagarre de nouveau avec un de ses collègues. Paumé, il se met à errer, soûl, au bord d'un fleuve, et se retrouve embarqué dans le bateau de Lancaster Dodd et de sa troupe, qui sont sur le chemin de New-York. Très vite, l'homme que l'on surnomme The master va prendre sous son aile le vétéran et va se faire un devoir de remettre le jeune homme sur le droit chemin. Freddie va s'avérer être une source d'inspiration pour le maître, qui grâce à lui termine son deuxième roman.


Heureusement qu'il y a de la mise en scène dans The master. C'est la seule chose sur laquelle on peut se raccrocher dans le film. Paul Thomas Anderson n'a pas volé sa réputation de génie de la réalisation, qu'il a construite de film en film et qu'il mérite amplement. De nombreux plans du film sont d'une beauté saisissante et plusieurs scènes cultivent une tension dramatique rare. Seulement tout ça paraît quelque peu désincarné, rongé par le caractère cérébral du projet. Le film tient sur la confrontation de deux esprits qui prennent leur force l'un de l'autre, qui se complètent et se détruisent tour à tour. Mais les enveloppes charnelles dans lesquelles semblent emprisonnées ces âmes manquent paradoxalement de chair. Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman ont beau se débattre, leurs personnages nous paraissent insaisissables.

C’est le principal problème de The master, qui empêche toute identification, et qui freine l’intérêt que l’on peut avoir pour le film. Il devient un bel objet, dont on ne peut nier les qualités artistiques, mais qui peut sérieusement laisser de côté le spectateur. La lenteur de l’intrigue pousse à l’assoupissement tandis que Paul Thomas Anderson ne développe qu’une seule intrigue. Les personnages secondaires ne sont que des faire-valoir des deux (anti)héros et l’on aimerait en savoir plus par exemple sur cette épouse très bien interprétée par Amy Adams. Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman livrent tous les deux une belle prestation d’acteur, bien que très hollywoodienne, en particulier pour le premier qui est à chaque instant au bord du craquage artificiel. Un bel objet étranger, donc, que ce dernier opus de PTA, mais qui manque singulièrement de chair.


Ma note : **

Voir l'avis de mymp par ici

commentaires

Leo M 15/12/2014 16:14

La réalisation de ce long métrage est satisfaisante même si certaines séquences sont plutôt lentes.

neil 04/01/2015 10:24

Je n'avais pas été totalement convaincu en sortant de la projection

masters 10/04/2014 17:52

Je suis effectivement resté sur ma faim, j'attendais beaucoup plus de profondeur de la part ce film, surtout avec un tel sujet et une histoire si prometteuse.

neil 11/04/2014 23:01

Sûrement y a-t-il beaucoup de profondeur dans ce film, en tout cas suis-je passé complètement à côté en le regardant...

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