Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

The social network (2009) David Fincher

par Neil 10 Octobre 2010, 05:28 2010's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 13 octobre 2010
Genre : ascension sociale
Durée : 2h00
Scénario : Aaron Sorkin, d’après l’œuvre de Ben Mezrich
Directeur de la photographie : Jeff Cronenweth
Avec Jesse Eisenberg (Mark Zuckerberg), Justin Timberlake (Sean Parker), Andrew Garfield (Eduardo Saverin), Rooney Mara (Erica), Brenda Song (Christy Lee), Armie Hammer (Cameron Winklevoss)…

Synopsis : Une soirée bien arrosée d'octobre 2003, Mark Zuckerberg, un étudiant qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, pirate le système informatique de l'Université de Harvard pour créer un site, une base de données de toutes les filles du campus. Il affiche côte à côte deux photos et demande à l'utilisateur de voter pour la plus canon. Il baptise le site Facemash. C'est à ce moment qu'est né ce qui deviendra Facebook. (allocine)

Mon avis : L’éloge du vide

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser David Fincher à tourner The social network ? À part l’appât du gain, on ne voit pas vraiment ce qui l’a attiré dans cette biographie pompeuse d’un personnage aussi peu intéressant que Mark Zuckerberg. A-t-il voulu par ce biais faire une critique de la société matérialiste et futile d’aujourd’hui ? Un indice semble nous mettre dans la voie, à savoir la fascination qu’éprouve le personnage principal du film à entrer dans une fraternité d’étudiants. On sait le réalisateur friand du thème des cercles fermés ou élitistes (on n’a qu’à voir Fight club ou The game), mais on attendait mieux du réalisateur de L’étrange histoire de Benjamin Button.

C‘est lors d‘un déjeuner sur le campus que Mark, brillant élève informaticien de Harvard, se fait larguer par sa petite amie. Celle-ci en a marre que celui-ci le soûle avec son obsession des fraternités qu’il souhaite intégrer et de son mépris vis-à-vis d’elle. Dépité, Mark se met minable le soir suivant et raconte sur son blog des saloperies sur son ex-copine. Parallèlement, il pirate le système de Harvard pour mettre en ligne les photos persos des étudiantes et demande aux internautes de choisir la plus sexy. Le petit canard boiteux de la fac commence à acquérir une certaine notoriété et c’est là qu’un groupe d’étudiants lui demande de les aider pour monter un projet plus ambitieux.

La seule vertu que reconnait The social network, c’est l’argent. On nous dit en substance que la raison pour laquelle il est important de faire un film sur Mark Zuckerberg est que sa société, fondée en 2004, vaut aujourd’hui 35 milliards de dollars. On peut reconnaitre volontiers le talent informatique que possède le bonhomme, et être à 21 ans le fondateur d’une aussi monstrueuse machine que Facebook n’est carrément pas donné à tout le monde. Mais le problème que met en avant le film c’est qu’à côté de ça, le personnage n’est pas intéressant pour un sou, voire est antipathique au possible.

Il se met à dos les étudiantes, ses professeurs, ses collègues, ses amis… et il n’en a rien à faire. Le film a beau vouloir humaniser le personnage, c’est mission impossible : son seul mérite est d’être sorti de nulle part pour devenir riche. C’est un des reproche principal que l’on peut faire à The social network : le film met en exergue les valeurs de l’argent, de la célébrité ou de la beauté, point final. Sans jamais tempérer son discours par une mise en scène inventive ou distanciée, David Fincher brosse une sorte d’hagiographie pour un mec qui n’en mérite pas le quart.

Tout ce qui motive chacun des personnages (mis à part Eduardo, mais il est présenté de façon négative comme le loser de la bande) est d’avoir de l’argent, être connu pour se faire des nanas et cracher sur tous ceux qui les ont méprisés, quitte à piétiner tous les autres. Les acteurs n’ont aucun charisme : Jesse Eisenberg ne sait faire qu’une seule grimace et Justin Timberlake… a-t-on besoin d’en rajouter, son nom parle pour lui. Non, franchement, The social network n’a qu’un seul mérite : il donne envie aussitôt sorti de la séance de se désinscrire de Facebook pour ne plus contribuer à cette société de l’apparence et de l’inutilité.


Ma note : °

The social network (2009) David Fincher
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

copa738 25/01/2011 18:39


T'es hyper-dur avec ce film. T'as vraiment rien trouvé de positif ? Et les dialogues, et les acteurs (t'es vache avec Eisenberg qui est de loin le meilleur du film), et la réalisation (kitch,
certes) d'un David Fincher en pleine forme, t'en fais quoi ?
Chacun ses goûts, hein, mais c'est vrai que je comprends pas vraiment pourquoi tu trouves pas de points positifs à un film dont on pourrai en parler pendant des heures entières...
PS : je passe pas souvent ici, mais j'avoue que tu as un très joli style, j'essaierai de passer plus souvent désormais.


Neil 26/01/2011 12:35



Je sais je suis à contre-courant avec tout le monde. Je n'ai pas trouvé les acteurs convaincants, et j'ai trouvé la mise en scène très sage... désolé !



D&D 18/11/2010 00:20


"La seule vertu que reconnait The social network, c’est l’argent." C'en est presque étonnant à ce point-là. Heureusement que Fincher est là pour redorer le blason de l'ultra-libéralisme :-)
J'oublierai vite (enfin j'espère !).
Je serais moins dur que toi en revanche sur les comédiens, même si leurs partitions sont étroites et sans intérêt pour moi aussi. J'aime beaucoup Eisenberg depuis "History of Violence" et j'avais
bien accroché à Timberlake dans "Alpha Dog".


Neil 20/11/2010 21:40



Oui j'avais vu en lisant un de tes commentaires sur un autre blog que tu étais assez d'accord avec ça. Et je t'avoue que je n'ai pas été convaincu par Timberlake ni par
Eisenberg. Mais j'ai peut-être été un peu dur...



Bastien 06/11/2010 14:25


Comment rendre un sujet somme toute inintéressant (la création d'un site de sociabilité... ouais ouais...) passionnant d'un bout à l'autre ? Réponse : The Social Network. Le scénario implacable de
Sorkin et la réalisation (un brin classique mais techniquement irréprochable) de Fincher élève au panthéon des grandes tragédies le portrait d'un mégalomane arrogant, qui en devenant le plus jeune
(et le plus influençable) milliardaire au monde est aussi devenu un être très seul. Est-ce vrai ? Sorkin se défend des critiques via un dialogue avec une jeune avocate "dans une plaidoirie, il y a
85 % d'exagération, et 15 % de parjures". Qu'importe la vérité ici : si le film ne traversera sans doute pas les âges, ne serait-ce que pour son sujet très actuel, il n'en demeure pas moins un
divertissement efficace et redoutablement intelligent, parfois un peu trop pointu (les trucs de programmateurs) mais mené par un casting épatant, parmi lequel le jeune Jesse Eisenberg s'illustre à
chaque seconde. Sublime moment de cinéma.

8/10

Décidemment ^^'


Neil 06/11/2010 18:16



Effectivement, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde en ce moment. Mais je me sent clairement seul sur ce coup là, rassure-toi ^^



Mo5kau 25/10/2010 23:41


Je te trouve bien sévère avec le film, que ce soit son scénario, sa mise en scène ou son interprétation. J'ai du mal à te sentir objectif. Surtout quand tu parles de te désinscrire de Facebook. Je
ne suis pas spécialement pour cette application, mais cette considération n'a pas grand rapport avec le film. Peu importe la création, on suit le parcours (plutôt fulgurant) de son créateur,
surdoué en informatique sous doué en relations humaines, qui contrairement à ce que tu sembles dire n'a pas pour ambition de faire de l'argent. Tu parles d'hagiographie, pourtant Fincher (et
surtout son scénariste) laisse libre arbitre au spectateur pour se faire son propre avis.


Neil 28/10/2010 22:06



Effectivement, c'était une boutade : je me suis désinscrit de FB mais n'ai pas attendu le film pour avoir en une mauvaise opinion.
J'étais assez sincère en disant que le film n'avait pour moi rien d'intéressant : je trouve le scénario plat, on passe d'une scène à l'autre de "tribunal" sans réel intérêt. La mise en scène
reste je trouve au ras des pâquerettes, mis à part dans certaines scènes comme la course d'aviron. Et les deux acteurs principaux ne m'ont absolument pas touchés. Je trouve que Fincher
pousse souvent le spectateur à s'apitoyer sur le sort de ce "pauvre petit gars riche" qui manque je trouve de charisme et d'intérêt.
... Mais tout ça reste mon point de vue ! ^^



pierreAfeu 23/10/2010 13:21


Je te rejoins totalement sur le fond (valeurs de l'argent et côté antipathique du personnage). Je suis en revanche beaucoup moins dur sur l'interprétation que je trouve bonne (Justin Timberlake
notamment) et sur la mise en scène que je trouve efficace même si elle n'innove en rien. En gros, j'ai pris du plaisir au film sans y avoir trouvé de l'intérêt.


Neil 24/10/2010 10:46



Moi j'avoue que Justin Timberlake ne m'a pas bluffé : j'ai trouvé qu'il faisait du Justin Timberlake mais qu'il n'amenait pas grand chose au personnage. Mais je te rejoins sur
l'intérêt pour moi très limité du film.



Bastien 22/10/2010 11:45


Celui-là aussi c'est pour la semaine prochaine, même si ton avis m'a salement refroidi... :p


Neil 22/10/2010 23:21



Ne le prends pas en compte : la grande majorité des critiques sont positives. Pour une fois que mon avis diverge, je ne m'en porte pas plus mal d'ailleurs. ^^



Wilyrah 12/10/2010 23:38


Je me suis déjà désinscrit de Facebook alors que je ne l'ai même pas vu :p Ça va être pire alors...


Neil 13/10/2010 15:34



Ah, un de plus. J'ai aussi quelques amis qui se sont désinscrits il y a peu...
C'est surtout dommage pour Fincher en fait ce film, il m'avait habitué à mieux.



Haut de page