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The tree of life (2011) Terrence Malick

par Neil 21 Mai 2011, 05:55 En salles

Tree_Life.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 17 mai 2011
Genre : métaphore lyrique
Durée : 2h18
Scénario : Terrence Malick
Image : Emmanuel Lubezki
Musique : Alexandre Desplat
Avec Brad Pitt (M. O‘Brien), Jessica Chastain (Mme O‘Brien), Sean Penn (Jack), Fiona Shaw (La grand-mère), Hunter McCracken (Jack jeune), Kimberly Whalen (Mme Brown)…

Synopsis : Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire. (allocine)

Mon avis : 2011, l’ode hissée de la vie

Rares sont les réalisateurs à savoir prendre de la hauteur. Avec The tree of life, on ne doute plus de la capacité que possède Terrence Malick à se hisser à de tels sommets. Avec seulement cinq films en plus de 25 ans, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il prend son temps, et il a bien raison au vu de la qualité de ses réalisations. Pas une fausse note, et chacun des films est attendu de pied ferme par une nuée de fans hystériques. Et le pire, ou le meilleur c’est selon, c’est qu’ils ne sont pas déçus. Ou plutôt si, certains le sont, et retournent leur veste jusqu’à la détestation. C’est peut-être là qu’on voit si on à affaire à un grand créateur.

Dans son village du fin fond des Etats-Unis, Jack grandit dans les années 50 entouré de ses parents et de ses deux frères. Son père est autoritaire, il veut apprendre à ses fils ce qu’est la vie. Qu’elle est dure parfois, et qu’on doit être fort pour s’en sortir et devenir un homme de bien. Sa mère n’est que tendresse et affection. Figure angélique, elle prodigue à ses hommes tout l’amour qu’elle peut donner. Entre jeux initiatiques et nature environnante, les trois garçons apprennent la vie, s’endurcissent. Ils vont connaître leurs premières joies et leurs premières peines, sans cesse écartelés par ces deux figures paternelles et maternelles.

Si émotion il y a dans The tree of life, elle est avant tout esthétique. Beauté des plans magnifiant la nature, photographie soignée : chaque image pourrait être en elle-même un tableau de maître. Le film nous rappelle ainsi que le cinéma est encore un art, au-delà de l’usine à popcorn industrie lucrative qu’il est parfois devenu. La force des images et parfaitement renforcée par une mise en scène fluide et élégante : le film devient élégiaque, un poème sur la beauté du monde qui nous entoure et sur l’existence. La réflexion prend alors le pas sur l’esthétique, et le propos du metteur en scène prend tout son sens, doucement, délicatement.

C’est également un des paradoxes du cinéma, maintes fois évoqué par les théoriciens du cinéma, que nous propose The tree of life. La caméra, en filmant, transforme l’être humain en un objet, dématérialisé. Le sujet cesse d’être par lui-même pour ne devenir que représentation. Ce n’est qu’en le mettant face à une réalité qui le dépasse que l’humain reprend sa subjectivité. Contraint d’admettre qu’il n’est que poussière à côté d’une immensité qui le dépasse, et dont il fait pourtant entièrement partie, l’homme apprend la modestie. D’ailleurs qui peut aujourd’hui se targuer de pouvoir aligner une magnifique (et longue) séquence sur le Big Bang pour ensuite nous narrer les aventures éphémères d’un jeune garçon parmi tant d’autres ? Démesure de l’absolu, dérisoire beauté de l’intime : The tree of life est un sublime voyage à partager.

Ma note : ****

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commentaires

Mo5kau 07/06/2011 21:31


Beau film, même si je n'adhère pas vraiment à l'aspect religieux. Beaucoup d'émotion, à part peut-être les scènes avec Sean Penn, trop clip à mon goût.


Neil 09/06/2011 20:35



Je n'ai pas été personnellement touché par l'aspect religieux non plus. Ceci je trouve qu'il est contrebalancé par toute une partie "scientifique" qui fait contrepoint je trouve.



Flow 03/06/2011 09:32



Ca donne envie, on sent que t'as vraiment apprécié. Je me laisserais peut-être tenté...



Neil 03/06/2011 17:02



Carrément. C'est vraiment la révélation de l'année pour moi. Une expérience envoutante.



Squizzz 24/05/2011 23:31



Bien content que Malick ait raflé la palme aux Dardenne, mais chut, faut pas le dire



Neil 26/05/2011 21:33



Ah ça oui, plus j'y pense et plus je me dis que les jurés s'en seraient mordus les doigts s'ils ne l'avaient pas fait



mymp 23/05/2011 09:22



En termes de "sublime" et d'"absolu" pour évoquer les mystères de l'Homme dans ses croyances et face à l'univers, Tarkovski est quand même trois millions de fois plus subtil et plus modeste que
ce film pachyderme qui s'auto-détruit à force d'un mysticisme de bazar. Je conseille à tous, si ce n'est déjà fait, Le miroir, Nostalghia, Stalker ou Le sacrifice pour vous remttre les idées en
place ;) Et, du coup, revoir votre position par rapport à ce truc palmé sans surprise.



Neil 23/05/2011 12:18



Ah mais je suis un inconditionnel de Tarko. Solaris est pour moi un petit bijou.
Je pense toutefois que The tree of life sera positivement reconsidéré avec le temps.
Il reste à mon humble avis une vision hautement artistique, dont les parti-pris ne sont pas les mêmes pour tous.
C'est la vision de Malick, je ne prétends pas être en accord avec ce qu'il dit mais sa façon de le dire me bluffe complètement.



Wilyrah 22/05/2011 11:24



J'ai préféré les magnifiques Le Nouveau Monde et La Ligne Rouge.



Neil 22/05/2011 11:26



Je pense que La ligne rouge mets tout le monde d'accord. J'avoue que je suis moins dithyrambique avec Le nouveau monde.



Wilyrah 22/05/2011 11:18



Démesure. Avec ce que ça implique de positif et de négatif. Heureusement Malick n'est pas un escroc, c'est un grand cinéaste. Mais son film a de quoi partager.



Neil 22/05/2011 11:23



Oui, et pour ma part je trouve qu'il s'épanouit complètement dans la démesure. Je comprends cela dit qu'on puisse ne pas aimer. Mais je pense que le film restera dans les annales.



Eeguab 21/05/2011 20:46



Film très intéressant,je suis de ton avis dans l'ensemble.Peut cependant dérouter,ou irriter par son côté "trop" trop par exemple de mains tendues,de blancheurs,de portes qui s'ouvrent.Peu
importe,le cinéma de Malick,on le fait aussi soi-même,avec sa propre interprétation.Ne pas faire tomber l'arbre sous les exégèses.



Neil 21/05/2011 21:34



Il y a pas mal de trop, je te l'accorde. Mais c'est ce que j'aime aussi. Et je suis entièrement d'accord avec toi : ne pas surinterpréter les images (et les discours) qui nous sont présentés



Ben 21/05/2011 11:29



J'aime beaucoup ton titre ;) Je suis d'accord que c'est un bon film !



Neil 21/05/2011 21:31



Merci pour le titre : je me suis longtemps creusé... enfin non en fait lol



copa738 21/05/2011 10:47



Content que tu ais été touché par ce film. Ca n'a malheureusement pas été le cas pour moi...



Neil 21/05/2011 21:31



Mais c'est bien dommage. Je suis bien conscient tout de même que c'est affaire de sensibilité personnelle.



Christophe 21/05/2011 10:33



Ma grande attente de l'année, pour le réalisateur vivant que j'admire le plus, et au bout du compte ma plus grande déception depuis pas mal de temps...



Neil 21/05/2011 21:31



Tu es d'ailleurs dans la moyenne des avis qui restent perplexe quant au film.



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