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Thérèse Desqueyroux (2012) Claude Miller

par Neil 13 Novembre 2012, 06:25 Avant-Première

Therese_Desqueyroux.jpg

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 21 novembre 2012
Genre : épouse insatisfaite
Durée : 1h50
Scénario : Natalie Carter, d'après l’œuvre de François Mauriac
Image : Gérard de Battista
Musique : Mathieu Alvado
Avec Audrey Tautou (Thérèse), Gilles Lellouche (Bernard), Anaïs Demoustier (Anne), Francis Perrin (Monsieur Larroque), Catherine Arditi (Madame de la Trave), Stanley Weber (Jean Azevedo)...

Résumé
 : Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux ; mais cette jeune femme aux idées avant-gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu'on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie...

Mon avis
: la liberté individuelle étouffée par les convenances sociales

Ce qui a motivé la production de Thérèse Desqueyroux, c'est la volonté de travailler ensemble que ressentaient Philippe Grimbert et Claude Miller. Le producteur proposa au réalisateur d'adapter un roman de François Mauriac et ils ont convenu de choisir cette oeuvre écrit en 1927, que Miller avait beaucoup aimé quand il était étudiant. Et c'est vrai que le roman dégage une atmosphère cinématographique, ce que Georges Franju avait déjà pressenti, lui qui réalisa une adaptation du roman en 1962. La structure même du roman de Mauriac, que Claude Miller n'a d'ailleurs paradoxalement pas suivie, est elle-même cinégénique puisqu'elle fait apparaître simultanément plusieurs périodes. Nous suivons en effet au début du livre Thérèse juste après son non-lieu, qui réfléchit à ce qu'elle va bien pouvoir dire à son mari quand elle va le retrouver.

Deux adolescentes jouent durant les vacances : Thérèse et Anne sont très complices et jouent sous l’œil attentif de la tante Clara. En se quittant, Anne confie à sa meilleure amie que sa famille avait déjà pratiquement décidé son destin : Thérèse devrait épouser son frère Bernard. Quelques années plus tard, Thérèse et Bernard se retrouve à discuter de leur prochain mariage. Les deux familles possèdent des hectares de pins des Landes qu'ils vont bientôt réunir. Les deux futurs époux et épouse s'en réjouissent, et Thérèse n'hésite pas à dire à Bernard que ses terres sont un des arguments majeurs qui l'a décidée. Elle est une femme, comme beaucoup de la région, attachée à la terre, et la perspective d’agrandir sa propriété la rassure. Elle espère également que son futur mariage apaisera le trouble intérieur qu'elle ressent depuis l'enfance.

Clairement, Thérèse Desqueyroux est un film de bonne facture. La photographie y est belle, la reconstitution historique est habilement réalisée et la mise en scène, bien que très classique et un peu trop statique, est assez élégante. Le problème c'est que l'ensemble, auquel on n'a techniquement pas grand chose à reprocher, sentirait presque le formol. On ne ressent aucune émotion devant ces personnages mis à part lors de la scène finale, où pour une fois on arrive à mieux comprendre Bernard, le mari de Thérèse, mais c'est un peu tard. Alors que le roman réussissait à faire éprouver au lecteur les contradictions de Thérèse et véhiculait une sourde et acerbe critique sociale, le film ne reste que sur la surface des choses et semble assez fade, ce qui est un comble au regard des intentions de l’œuvre.

Car le propos de Thérèse Desqueyroux est furieusement intéressant et moderne pour l'époque à laquelle le roman fut écrit. Il nous dresse le portrait d'une femme émancipée, qui lutte contre le milieu sclérosé dans lequel elle gravite, et dont la complexité est assez stupéfiante. Dressant un portrait d'une femme tout à la fois terrifiante de froideur et bouillante dans son âme, François Mauriac parvenait à faire éprouver à son lecteur une sincère empathie. C'est ce qu'a du mal à transmettre une Audrey Tautou assez peu expressive alors qu'elle tient physiquement le rôle, avec ce visage sec et tendu qu'on lui voit rarement. A ses côtés, Gilles Lellouche fait très pâle figure tandis que les seconds rôles féminins sont par contre très bien campés par Anaïs Demoustier et Catherine Arditi. On ne retient au final pas grand chose du film, sans pour autant pouvoir dire que c'est un navet.

Ma note : **

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commentaires

princécranoir 20/12/2012 22:19


Bien loin d'être un navet tout de même cette adaptation ! On peut certes la trouver classique, un classicisme qui épouse toutefois de belle manière les codes sociaux très corsetés de
l'époque. Certes, Miller s'attaque à une oeuvre majeure, révérée par bon nombre de lecteurs. Il me semble pourtant n'avoir pas trahi l'esprit du livre tout en produisant suffisamment de cinéma
pour contenter les spectateurs comme moi, prenant plaisir a se laisser porter par une bonne histoire. J'ajoute que Audrey tatou y est inifiniment plus touchante que dans "un long dimanche de
fiançailles" et que Gilles Lellouche trouve ici le meilleur rôle de sa carrière.

Neil 22/12/2012 10:03



Le film est bien réalisé, très classiquement en effet. Moi ce qui me gêne c'est que je ne retrouve pas la force du roman de Mauriac. Je trouve ça dommage.



Marcozeblog 28/11/2012 23:10


La seule présence de Tautou aurait pu me faire bouger en salles. Mais l'adaptation d'un classique le faisait peur même si je me souviens avoir aimé le roman il y a bien longtemps. Il est presque
certain que je n'irai pas le voir en lisant ta chronique, même si elle n'est pas franchement assassine. @+

Neil 02/12/2012 14:11



Non je n'ai pas non plus détesté le film. Après, il y en a de meilleurs en salles actuellement.



Phil Siné 15/11/2012 23:37


oh mais ta critique ne donne vraiment pas envie de le voir... tu étais à l'invitation bizarre où il fallait d'abord pulier ton avis quelque part avant de le mettre sur ton blog ?

Neil 16/11/2012 10:01



Le film est assez moyent il faut le dire. Nope je n'ai pas entendu parler de cette invitation, j'étais à une projo "classique" chez le distributeur.



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