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Tu honoreras ta mère et ta mère (2013) Brigitte Roüan

par Neil 29 Janvier 2013, 06:38 Avant-Première

Honoreras_Mere.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 6 février 2013
Genre : vacances en famille
Durée : 1h32
Scénario : Jean-François Goyet et Guy Zilberstein
Image : Agnès Godard
Musique : Grigoris Vasilas
Avec Nicole Garcia (Jo), Éric Caravaca (Pierre), Emmanuelle Riva (Granny), Gaspard Ulliel (Balthazar), Elisa Tovati (Rachel), Patrick Mille (Lucas)...

Résumé
 : « Tout va bien se passer » avait promis le médecin en accouchant Jo. Mais une quarantaine d'année et quatre fils plus tard, rien ne se passe vraiment comme prévu en ce mois d'août : alors qu'elle vient d'arriver sur le sol grec pour organiser son traditionnel festival avec sa tribu, Jo apprend que celui-ci est annulé, crise économique oblige. L'heure semble être à la tragédie mais l'instinct maternel en étendard, elle monte au front.

Mon avis
: ma mère elle a quelque chose d'une emmerdeuse

En fait Tu honoreras ta mère et ta mère n'est que le quatrième long-métrage de Brigitte Roüan. Elle a débuté sa carrière en tant qu'actrice dans les années 1970 – c'est pour ça que son visage nous parle. On a pu ainsi la voir dans des films de Jacques Rivette, Bertrand Tavernier, Claude Lelouch ou bien Alain Resnais, puis elle s'est lancé dans la mise en scène au début des années 1990. Elle prend cependant son temps entre deux réalisations, et se retrouve régulièrement invitée au Festival de Cannes, souvent dans des sélections parallèles. Elle évoque avec humour l'anecdote qui l'a amenée à réaliser ce dernier long-métrage : son fils lui demandait quand, après avoir parlé de ses ascendant et d'elle-même, elle allait aborder ses enfants. Elle a ainsi pris le sujet à bras le corps, en se disant qu'ils n'allaient pas être déçus.

En arrivant à Milos avec son fils, Jo apprend de la bouche du maire du village que le festival de théâtre qu'elle organise tous les ans est annulé, faute de moyens. Elle est effondrée, comptant sur cette occasion pour réunir comme chaque années ses quatre fils. Voyant son désarroi, son aîné Pierre la rassure en lui disant qu'ils vont bien trouver une solution. Lors d'une escapade, ils trouvent une maison abandonnée et Jo décide, malgré les avertissements de Pierre, d'escalader le muret et de rentrer par effraction dans la maison. Elle part ensuite demander l'autorisation d'y séjourner avec toute sa famille afin de pouvoir préparer à leurs frais le festival. Bientôt les rejoint Granny, la mère de Jo, ainsi que Deirdra, l'épouse de Pierre avec leurs enfants, puis son ex-épouse sous le regard méfiant de Deirdra.

Pris individuellement, les éléments de Tu honoreras ta mère et ta mère sont assez intéressants. Nous pouvons y trouver une pythie  (l'excellente Emmanuelle Riva) qui nous met en garde sur les actions des protagonistes ainsi que leurs conséquences. Nous pouvons croiser une femme qui chante un air d'opéra à la moindre contrariété, ainsi qu'un homme qui est littéralement prêt à défaillir à chaque fois que sa mère le bouscule un tant soit peu. Le scénario du film mêle la tragédie antique à l'humour contemporain, et convoque à la fois les mythes d'Œdipe et d'Iphigénie. Tout ça dans un joli bordel, où l'on se demande parfois où la réalisatrice veut en venir, si ce n'est de parler des relations entre mères et fils. Ainsi, comme dans beaucoup de films, les intentions sont ici bonnes mais restent à l'état d'intentions : on trouve peu de liens entre toutes ces bonnes idées.

Et pourtant le cadre où se passe l'intrigue de Tu honoreras ta mère et ta mère est magnifique. L'île de Milos se découvre sous ses plus beaux atours, et Brigitte Roüan la filme d'une très belle manière. On peut sentir à travers ces images la force créatrice qui envahit le personnage principal, une artiste dans toute sa splendeur, mais aussi la douceur qui s'empare de ce petit groupe, pourtant en mode craquage. Et la direction d'acteurs d'être au rendez-vous, même siNicole Gracia ne peut s'empêcher de garder ses tics d'interprète. On se retrouve donc devant une coquille vide, pas vraiment déplaisante à bien y réfléchir, mais tout de même trop remplie de symboles. À force d'insister sur les parallèles mythologiques et littéraires, la réalisatrice alourdit son propos et empêche un peu son film de décoller.

Ma note : **

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