Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Un amour de jeunesse (2011) Mia Hansen-Love

par Neil 16 Juillet 2011, 05:05 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 06 juillet 2011
Genre : amours naissantes
Durée : 1h50
Scénario : Mia Hansen-Love
Image : Stéphane Fontaine
Avec Lola Creton (Camille), Sebastian Urzendowsky (Sullivan), Valérie Bonneton (La mère de Camille), Magne Havard Brekke (Lorenz), Özay Fecht (La mère de Sullivan), Serge Renko (Le père de Camille)…

Synopsis : Camille a 15 ans, Sullivan 19. Ils s’aiment d’un amour passionnel, mais à la fin de l’été, Sullivan s'en va. Quelques mois plus tard, il cesse d'écrire à Camille. Au printemps, elle fait une tentative de suicide. Quatre ans plus tard, Camille se consacre à ses études d'architecture. (allocine)

Mon avis : Elle est pas méchante, mais p*tain qu’est-ce qu’elle est ch*ante

Une grande partie d’Un amour de jeunesse retrace les amours chaotiques d’une adolescente. Et si il y a bien une période de la vie qui peut n'être absolument pas intéressante c’est bien celle là. Cette époque où parait-il tout se dessine déjà met souvent en scène des êtres dont l’épaisseur n’est pas bien grosse. Et c’est le cas ici aussi avec cette cruche jeune fille romantique à souhait, qui est persuadée que son premier amour sera le vrai, le seul, l’unique, et pour toujours. Or si comme le dit Arthur Rimbaud « on est » - souvent - « pas sérieux quand on a 17 ans »,  il ne faut pas oublier non plus la phrase de Paul Nizan lorsqu’il dit : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ».

Au début de l‘année 1999, Sullivan traverse les rues de Paris en vélo pour aller acheter des préservatifs. On présume que c’est la première fois qu’il va coucher avec Camille - dont c’est sans doute la première fois tout court. Elle a 15 ans et tombe follement amoureuse du jeune homme de quatre ans son aîné. Lui aussi tient à elle, mais il prépare également son grand voyage de la rentrée prochaine : il envisage d’arrêter les études et de partir avec deux de ses amis au Chili. Lors de leur dernier été passé tous les deux en Ardèche, Camille tente en vain de le dissuader de partir. Pour elle, son départ sonne comme une trahison, elle n’envisage pas une seule seconde la vie sans son amoureux.

Ce qui est paradoxalement le plus intéressant dans Un amour de jeunesse, ce sont ses ellipses. : le film se bonifie grâce à ses non-dits. On suit en effet, durant quatre années, plusieurs épisodes de la vie de Camille. Entre chacune de ces séquences des évènements se passe, la vie suit son cours, naturellement. Au cours d’un dialogue on apprend qu’un mari qu’on croyait fidèle s’est fait la belle avec sa maîtresse, et on se rend compte que la très jeune fille qu’on a vu légère au début du film est devenue une femme mûre.

Cet apprentissage elle le fait principalement à  travers deux histoires d’amour : l’une  est sensuellement décrite avec beaucoup de finesse, l’autre est beaucoup plus cérébrale mais nous est tout aussi joliment esquissée. La jeune ingénue s’est aguerrie mais n’a tout de même pas perdu - on le sent - sa flamme d’antan. D‘ailleurs la période de latence qui va transformer la chrysalide en papillon est très bien décrite dans Un amour de jeunesse. On ressent le vide de Camille dans ces couloirs de lycée déprimants, on imagine son excitation et sa déception en ouvrant la boîte aux lettres.

C’est cette mise en scène à fleur de peau qui créée les plus belles émotions d'Un amour de jeunesse et qui le rend touchant. Par contre, la direction d’acteur pêche par un académisme beaucoup trop formel, et c‘est d‘ailleurs ironique de dire ça alors que le film se revendique de la Nouvelle vague. La théâtralité dont ne se séparent pas les deux jeunes acteurs (en particulier Sebastian Urzendowsky) dessert le propos du film, qui devient par moment bien peu cinématographique. À côté, le naturel de Valérie Bonneton est tout à fait remarquable et rend au film sa spontanéité et sa fraicheur.


Ma note : **

Un amour de jeunesse (2011) Mia Hansen-Love
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page