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Une longue journée qui s'achève (1991) Terence Davies

par Neil 25 Décembre 2013, 06:06 1990's


Long_Day.jpgFiche technique
Film britannique
Titre original : The long day closes
Date de sortie : 7 octobre 1992
Durée : 1h26
Genre : enfance britannique
Scénario : Terence Davies
Image : Michael Coulter
Musique : Robert Lockhart et Bob Last
Avec Leigh McCormarck (Bud), Marjorie Yates (la mère), Anthony Watson (Kevin), Ayse Owens (Helen), Nicholas Lamont (John), Tina Malone (Edna)...


Résumé
: les heureuses années de jeunesse de Bud au milieu des années cinquante à Liverpool.

Mon avis
: l'ennui sublimé d'un garçon sensible

Deuxième film de son réalisateur, Une longue journée qui s'achève, plus connu par son titre original The long day closes, fut présenté en compétition officielle au festival de Cannes. Pour la petite histoire, c'est cette année que la Palme d'or sera remise aux Meilleures intentions, qui raconte la vie des parents d'Ingmar Bergman, et le prix de la mise en scène sera attribué à Robert Altman pour The player. Ici Terence Davies s'attache à raconter de manière fictionnelle son enfance, ou tout du moins l'enfance d'un garçon à Liverpool. Repéré trois ans plus tôt avec Distant voices, il saura tout au long de sa carrière tracer un chemin atypique, loin des considérations financières qui dirigent l’industrie cinématographique. Considéré par nombre de cinéphiles comme un des grands de la mise en scène, il demeure toutefois dans l'ombre de ses comparses.

Sa mère fait la lessive mais Bud n'a qu'une seule envie, aller au cinéma. Il tente de la convaincre de lui donner de l'argent pour y aller mais celle-ci lui demande d'aller chercher les rideaux de la chambre pour qu'elle puisse les pendre. Elle finit tout de même par céder, et après la séance, sous la pluie battante, Bud tente de se faire ramener en voiture par quelqu'un. Il va à l'école le lendemain et ses camarades de classe se moquent de lui, le surnommant « la tante » : il est solitaire et pas aussi viril qu'eux. Le soir en rentrant, il se poste à la fenêtre de sa chambre où il peut voir des hommes torses nus travaillant sur un chantier. Il fixe particulièrement l'un d'entre eux, qui s'en rend compte, se tourne vers lui et lui fait un clin d’œil. Intimidé, Bud détourne soudainement son regard.

Il ne se passe quasiment rien dans Une longue journée qui s'achève. Le film raconte le quotidien d'une famille de milieu modeste, voire très modeste, dans le Liverpool des années 1950. Il prend le point de vue d'un garçon d'une dizaine d'années, qui passe la plupart de son temps à s'ennuyer, et à regarder les grandes personnes vivre. C'est principalement la figure de sa mère qui accapare l'essentiel de son attention, tandis qu'autour gravitent un groupe de jeunes gens, les frères du garçon et leurs amis. Les longues journées se suivent et se ressemblent, et il faut bien dire que l'action n'est pas vraiment trépidante. Comment retranscrire les après-midis pluvieuses d'une Angleterre engoncée dans la tradition, où une femme au foyer n'a d'autre fonction que de s'occuper de sa maison, voilà l'objet d'une œuvre radicale.

Ce qui fait l'intérêt d'Une longue journée qui s'achève c'est finalement la mise en scène de Terence Davies. Le réalisateur britannique fait ici preuve d'un brio tout à fait exceptionnel, où le moindre plan est d'une rare richesse. Les apprentis cinéastes devraient regarder le film ne serait-ce que pour ces nombreux fondus enchaînés, parfaitement maîtrisés, ou pour ces plans fixes dans lesquels l'on peut observer une multitude de détails. C'est là où se pose la limite du film, qui en devient un pur objet de cinéphilie, très difficilement accessible à un autre public. Il souffre de nombreuses longueurs, malgré sa courte durée, mais la qualité artistique demeure intacte. Le casting est quant à lui quasiment entièrement composé d'acteurs et d'actrices britannique, qui n'ont plus ou moins eu de carrière que dans leur pays natal.

Ma note : ***

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