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Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (2010) Woody Allen

par Neil 18 Octobre 2010, 05:42 2010's

You_Will_Meet.jpg
Fiche technique
Film américano-britannique
Date de sortie : 6 octobre 2010
Titre original : You will meet a tall dark stranger
Genre : nouveaux caps
Durée : 1h38
Scénario : Woody Allen
Directeur de la photographie : Vilmos Zsigmond
Avec Naomi Watts (Sally), Anthony Hopkins (Alfie), Gemma Jones (Helena Shepridge), Josh Brolin (Roy), Freida Pinto (Dia), Antonio Banderas (Greg), Lucy Punch (Charmaine), Ewen Bremner (Henry Strangler)…

Synopsis : Cédant à l'appel du démon de midi, Alfie met fin à quarante années de mariage en abandonnant sa femme Helena. Après une tentative de suicide, celle-ci trouve réconfort auprès d'une voyante, qui lui prédit une histoire d'amour. (allocine)

Mon avis : Retour au source réussi

Ces derniers temps, Woody Allen a tendance à nous surprendre, dans le bon ou dans le mauvais sens du terme. Pour moi, le meilleur de ses dernières livraisons était à voir du côté de Match point ou de Vicky Cristina Barcelona, le pire étant son dernier opus, Whatever works. Avec You will meet a tall dark stranger, il revient en Angleterre avec un casting très classe et international : d’Angleterre en Inde, en passant par le Pays de Galles, les Etats-Unis ou l’Espagne. Cultivant sa liste d’ « acteurs célèbres ayant tournés pour lui », il nous propose une comédie aux allures douces-amères.

Helena s‘est fait quitté par son mari Alfie il y a quelques temps. Déboussolé, sortant d’une thérapie qui ne lui a rien apporté, elle se rend chez une voyante qui peut à peut va prendre de plus en plus d’influence sur elle. Alfie, quant à lui, se découvre une jeunesse au club de gym et s’amourache d’une jeune femme qu’il envisage d’épouser. Leur fille Sally est mariée à Roy, un écrivain malheureux qui n’arrive plus à se faire publier, et qui mate la voisine d‘en face en rêvant de la rencontrer. Sally, elle, travaille avec Greg dans une galerie d’art et commence à éprouver des sentiments pour lui.

Avec You will meet a tall dark stranger (désolé mais le titre français, je ne peux vraiment pas), Woody Allen retrouve une narration à l’ancienne, à la Melinda et Melinda, avec de nombreux personnages et des intrigues qui se télescopent. Si Whatever Works adoptait un peu ce genre de schéma narratif, il était centré sur un personnage principal, tout comme les derniers films « européens » du cinéaste. Ce foisonnement et cet apparent foutoir convient assez bien à Woody, même s‘il ne parvient pas à développer chacune des histoires qu‘il raconte. Peu importe : à la limite cela ne fait que confirmer son propos, mis en exergue par cette magnifique citation de Shakespeare au début du film.

On vit, on meurt, entre ces deux pseudo-évènements beaucoup de bruit et de fureur, et tout ça n’a pas beaucoup d’importance. Mais c’est pourtant ce qui fait le sel de la vie, et Woody Allen s’en amuse dans You will meet a tall dark stranger. Il s’en amuse particulièrement durant la première partie du film, qui lui permet de construire ses personnages autours d’apparentes futiles badineries dont il est coutumier. Et soudain au milieu du film le ton change : à la faveur de quelques subtiles rebondissements, l’histoire prend un tour plus amer, voire même cruel. Woody Allen s’amuse alors avec (ou plutôt aux dépends) des personnages tous assez bien interprétés par des acteurs qu’on avait pas vu si convaincants depuis bien longtemps. Voici donc une nouvelle cuvée bien réjouissante du prolifique auteur new-yorkais.

Ma note : 8/10

commentaires

Bastien 06/11/2010 14:23


Le sexe, le sexe et encore le sexe, les affres du hasard, un peu de sexe, des relations humaines compliquée et le sexe... Si Woody n'a jamais renouvelé ses thèmes, il peine désormais la manière de
renouveler leur traitement : Vous allez... sent le déjà vu, en moins bon, des autres films de Woody. Pire, le cinéaste semble s'évertuer depuis un moment à faire son mea culpa de sa vie pas
politiquement correcte : ici, il réfléchit sur sa propension à quitter ses femmes pour des plus jeunes et se dit qu'en fin de compte, c'était pas nécessairement un bon plan. Puis ça manque de
virulence, d'ironie, de sarcasme, de paranoïa... De Woody quoi. Indépendamment du style du cinéaste, le film manque de rythme, de moments marquants, de consistance (la mort du fils, purement
ajoutée pour combler une lacune scénaristique), de relief des situations et des personnages... Y a quelque chose de plat dans le royaume allenien. Fort dommage, car potentiel il y avait, comme
souvent, tant dans les situations cocasses et les acteurs relativement en forme. Un Woody mineur, comme trop souvent ces derniers temps hélas...

5/10


Neil 06/11/2010 18:15



C'est vrai, les thèmes alleniens sont toujours là. Mais j'ai trouvé qu'il y avait de la profondeur dans le traitement et une maestria assumée...



Bastien 22/10/2010 11:45


C'est pour la semaine prochaine personnellement \o/ et je repasserai dire ce que j'en pense ^^


Neil 22/10/2010 23:20



Avec plaisir, et je viendrai voir si tu en parles.



Ed(isdead) 19/10/2010 12:57


Je partage tout à fait ton point de vue sur le pire et sur les deux meilleurs W. Allen de la période récente, ainsi que sur You will meet... (à ceci près que j'insisterai plus sur l'excellence de
l'interprétation et que j'ai plutôt aimé, pour ma part, qu'il laisse quelques pistes narratives ouvertes)


Neil 22/10/2010 08:22



Oui, c'est vrai : cette fin ouverte est très audacieuse. Alors que beaucoup d'autres films rament pour "offrir aux spectateurs" une fin balisée pour chacun de leurs personnages.



Marcozeblog 18/10/2010 11:59


Moi, j'ai trouvé que c'était un cru moyen. Certes, je n'ai pas vu Whatever works ... Sur la forme, rien à redire mais les histoires de ce film chorale : bof. Au fait, pourquoi n'aimes-tu pas le
titre français puisqu'il est la traduction quasi-littérale du titre anglais ? Cordialement. Marco.


Neil 18/10/2010 22:06



Le titre français je le trouve clairement trop long. A la rigueur en anglais je trouve que ça passe avec les mots courts à une seule syllabe voire deux maxi.
Non moi sinon j'ai bien accroché avec le ton du film et les histoires qui sont pas fondamentalement passionnantes mais quand même...



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