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Walk away Renée (2012) Jonathan Caouette

par Neil 29 Avril 2012, 05:00 2010's

Fiche technique
Film franco-américain
Date de sortie : 2 mai 2012
Genre : autobiographie romancée
Durée : 1h27
Scénario : Jonathan Caouette
Image : Andrès Peyrot, Noam Roubah, Jason Banker et Jorge Torres-Torre
Avec Renée Leblanc (Elle-même), Jonathan Caouette (Lui-même), Adolph Davis (Lui-même), Rosemary Davis (Elle-même), David Sanin Paz (Lui-même), Joshua Caouette (Lui-même)…

Synopsis: En compagnie de sa mère, Renée, qui souffre d‘importants troubles mentaux, le réalisateur Jonathan Caouette entreprend un voyage à travers les États-Unis pour la ramener de Houston à New-York. Les obstacles qu‘ils rencontrent sur leur route sont entrecoupés de retours dans le temps qui donnent un aperçu de cette relation mère-fils hors du commun.

Mon avis : Portrait du jeune homme en artiste

Pour Walk away Renée, le réalisateur Jonathan Caouette décide donc de prendre pour sujet sa propre mère, Renée Leblanc. On avait pu la connaître dans son premier film, Tarnation, qui avait fait sensation en 2003 au Festival de Sundance puis à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Le film, qui tenait à la fois du documentaire, de l’autofiction et du cinéma expérimental, nous racontait l’enfance particulière qu’avait vécue le réalisateur. Il trouve dans l’art cinématographique un exutoire nécessaire pour se décharger de son lourd passif familial et de prendre du recul par rapport aux évènement. Ici encore, ce sont sa propre mère, son compagnon et son fils qui jouent leurs propres rôles.

Au téléphone avec les médecins de sa mère, Jonathan essaye de leur expliquer combien son cas est particulier et qu’il faut lui prescrire de toute urgence du lithium. Il faut dire que Renée souffre depuis longtemps de psychose schizophrénique, et qu’elle a passé de nombreux séjours en hôpitaux psychiatriques. Le clinique où elle est actuellement à Houston ne lui donnent pas le traitement approprié et il décide d’aller la chercher pour la ramener à New-York dans un institut près de chez lui. Il partent tous les deux en voiture et les souvenirs de la vie de Renée agrémentent le voyage. On arrive ainsi à connaître petit à petit tout le cheminement qui a amené cette femme à l’état dont elle souffre actuellement.

Dans sa forme, Walk away Renée est un objet de cinéma qui refuse d‘être identifié. Il tient à la fois du documentaire (le réalisateur a effectivement expérimenté ce qu’il nous raconte), de l’autofiction puisqu’il brode un scénario à partir de ce vécu et de l’expérience filmique puisque quelques petits moments de science-fiction son incorporés ça et là. Si la forme et décousue (plusieurs retours en arrière, certains morceaux filmés en Super 8...) le film n’en reste pas moins stylisé avec par exemple quelques split-screen ingénieusement ajoutés.

On pourrait vite se lasser de ce narcissisme constant qui le fait ne raconter que ses propres histoires : on a parfois l’impression d’assister à la soirée diapo des dernières vacances de nos amis. Mais la vie de Jonathan Caouette n’est pas banale, et le metteur en scène a quelque chose à raconter. Ainsi une émotion certaine se dégage de Walk away Renée, en particulier lorsque les nombreux gros plans s’attardent sur le visage de cette femme qui souffre. L’étude en live d’une patiente atteinte de troubles schizophrénique a de quoi déstabiliser le spectateur.

Mais on éprouve de l’empathie à la fois pour la mère et pour le fils contraint de tout prendre en charge. Les souvenirs d’enfance, souvent gais, ajoutent une douce nostalgie qui nous fait mieux comprendre les relations entre les personnages. Les inserts notés à l’écran et qui nous racontent les étapes de la maladie de Renée sont cependant inutiles et alourdissent
Walk away Renée. On sort de la séance tout de même assez impressionnés par le courage et par le talent d’un jeune homme qui n’hésite pas à se mettre en scène pour faire passer un message, celui de l’absurdité d’un certain milieu médical. Pas bête.

Ma note : **

Walk away Renée (2012) Jonathan Caouette
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commentaires

Wilyrah 07/05/2012 11:35


Moins puissant que Tarnation, ce film vaut le détour. De la tendresse, de l'émotion, quelques noirceurs et délires psychédéliques. 


 


Curieux de découvrir le cinéma fictif de Caouette dans un prochain métrage.

Neil 08/05/2012 09:26



Et moi curieux de voir Tarnation un jour ou l'autre. Celui-ci vaut effectivement le coup d'oeil.



Chris 01/05/2012 18:43


Un film admirable, qui ne ressemble à rien de connu. Je l'ai vu avec Caouette qui possède lui-même un charisme incroyable !

Neil 02/05/2012 16:38



Je suis un peu plus mesuré que toi mais j'ai également trouvé que c'était un bon film. Jonathan Caouette a l'air d'être un auteur intéressant en effet.



ffred 29/04/2012 10:58


Ca ne me dit absolument rien !

Neil 29/04/2012 11:32



Ah ouais ? J'avais pas vu Tarnation, mais maintenant que j'ai vu celui-là ça m'a donné envie de rattraper mon retard.



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