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We need to talk about Kevin (2011) Lynne Ramsay

par Neil 17 Septembre 2011, 05:54 Avant-Première

About_Kevin.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 28 septembre 2011
Genre : remise en question
Durée : 1h50
Scénario : Rory Stewart Kinnear d’après l’œuvre de Lionel Shriver
Image : Samus McGarvey
Musique : Jonny Greenwood
Avec Tilda Swinton (Eva Khatchadourian), John C. Reilly (Franklin Khatchadourian), Ezra Miller (Kevin Khatchadourian), Ashley Gerasimovich (Celia Khatchadourian),  Siobhan Fallon Hogan (Wanda), Alex Manette (Colin)…

Synopsis : Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. (allocine)

Mon avis : On ne naît pas mère, on le devient. Ou pas.

Projeté le deuxième jour de la compétition cannoise en 2011, We need to talk about Kevin donnait le ton du festival. Ainsi le sujet des rapports entre parents et enfants serait une de thématique phare de cette 64ème édition. Le film fut reçu de diverses manière parmi les critiques : il faut dire qu’il est fort par sa thématique et radical par sa mise en scène. Sa réalisatrice Lynne Ramsay s’était déjà faite remarqué à Cannes par son premier court-métrage et a ensuite fait parler d’elles pour quasiment chacune de ses œuvres ultérieures. Pour son troisième long, elle adapte un roman de Lionel Shriver (qui est une femme, mais ça n’a rien à voir avec le schmilblick) ayant créé la controverse avant de devenir un relatif succès.

Dans sa petite maison régulièrement mise à sac, Eve a besoin de se reconstruire. Elle décroche un petit boulot dans une agence de voyage et en sortant se fait haranguer par une femme en colère qui l’insulte et la frappe. Un témoin conseille à Eva d’appeler la police mais celle-ci n’en fait rien. Dans ses souvenirs, elle essaye de comprendre comment elle en est arrivée là. Tout commence quand elle rencontre Franklin, comment ils tombent amoureux l’un de l’autre et comment elle tombe enceinte, plus ou moins par hasard. Elle accouche d’un garçon, Kevin, et l’élève à la maison pendant que son mari travaille. Mais tout ne se passe pas si bien que ça : le bébé pleure sans arrêt et rend la vie de sa mère insupportable. Franklin lui assure que tout est normal mais Eve commence à se poser des questions.

Le regard que porte We need to talk about Kevin sur la famille est sans aucune concession. Le film avance inexorablement vers cet incident tragique qui va à jamais marquer Eva, et celle-ci d’essayer de mettre le doigt sur ce qui a conduit son adolescent de fils à commettre l’irréparable. Rongée par la culpabilité, elle encaisse toutes les injures et tous les outrages que les « brave gens » vont lui faire subir par procuration. Car la question est là, insoluble : qui doit payer pour les fautes de cet adolescent, que la justice a tendance à tendance à juger irresponsable ? Est-ce qu’une mère doit se sentir responsables des actes de son fils, et dans quelle mesure l’éducation qu’il a reçu contribue-t-elle à sa stabilité mentale ? Aussi et surtout, est-ce que toute femme a vocation à devenir mère, doit-on se sacrifier pour son enfant, et celui-ci peut-il ressentir l’éventuelle hostilité qui en découle à son égard ?

Toutes ces interrogations, We need to talk about Kevin les pose en filigrane, tout en évitant soigneusement d‘y répondre. C’est le style de mise en scène, froide et peut-être trop clinique, que choisit ici Lynne Ramsay, toute en ellipses et en litotes. On passe d’une époque à l’autre sans transition aucune, créant la confusion chez le spectateur mais permettant de signifier le désordre dans lequel se trouve l‘esprit d‘Eva. De même, nombreux sont les évènements qui nous sont suggérés plutôt qu’ils ne nous sont montrés : ainsi le caractère psychotique des comportements de Kevin peut sembler tout à fait anodin durant une grande partie du film, ce qui renforce notre malaise. Ce qui est indéniable, c’est la performance époustouflante de Tilda Swinton, dont on connaît depuis longtemps le talent. Elle transcende absolument ce film qui ne brosse personne dans le sens du poil mais qui marque les esprits fortement.

Ma note : ***

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commentaires

Squizzz 05/10/2011 23:34



Une plongée absolument époustouflante dans les tourmants, questionnements et remords d'une mère. Une grosse grosse claque. Le style crée peut-être une certaine distance, une froideur que tu
qualifies de "clinique", mais je trouve justement que cela rajoute en attrocité et en confusion (comme tu le dis), l'effet n'en est que plus saisissant.



Neil 06/10/2011 00:18



Un film tout à fait fascinant en effet. Le terme "glacial" était peut-être un peu fort pour la mise en scène : j'ai apprécié cette façon de mettre en images, qui participe comme tu le dis au choc
produit par le film.



Wilyrah 03/10/2011 22:46



Bon je viens de voir que c'était Lynne Ramnsey (oui je suis long à la détente) et qu'il était produit par la BBC et l'UK film council donc je vais raviser mon jugement et y aller demain aprèm
avant Le Skylab ;)



Neil 04/10/2011 10:02



Hey hey... j'avoue que je n'avais pas vu de films de cette réalisatrice jusqu'à présent. Je verrai ton avis :)



Christophe 01/10/2011 09:33



Merci pour ton commentaire laissé sur mon blog. J'ai détesté ce film, comme tu le sais. J'ai décidé de surrpimer mon article, en raison de certaines réactions épidermiques que mes propos ont
suscités. De toute évidence, on ne peut plus s'exprimer librement !  J'ai décidé aussi de réorienter mon blog vers davantage de cinéma de patrimoine, et seulement quelques coups de coeur
d'aujourd'hui. Il faut que tu saches que ma réaction n'est pas liées à ton commentaire, qui restait respectueux, même s'il était divergent du mien. J'espère que tu continueras à me faire le
plaisir de tes visites !



Neil 01/10/2011 10:17



Waouh, moi qui suis un bisounours ça me tue à chaque fois de voir les étripements qu'on peut avoir juste à cause de films. Enfin bref, en tout cas je continuerai à te suivre : même si j'ai moins
l'occasion de voir des "vieux films" en ce moment, j'aime toujours m'y intéresser.



Wilyrah 19/09/2011 17:52



Chaque film dans lequel je l'ai vue, je me suis ennuyée ^^



Neil 19/09/2011 20:54



Tsss même quand elle joue un second rôle elle est bien : The war zone, Broken flowers... sans compter ses (trop rares) leading rôles



Wilyrah 19/09/2011 17:40



Dès que y'a cette actrice, je fuis :D



Neil 19/09/2011 17:51



Ralala... et pourtant quelle actrice :D



ffred 19/09/2011 10:16



Je n'avais pas aimé Hunger donc on verra...



Neil 19/09/2011 17:32



Ah oui tiens pourtant le film avait bonne presse...



Wilyrah 19/09/2011 01:46



Absolument pas tenté.



Neil 19/09/2011 17:31


Et pourtant tu devrais :p


ffred 18/09/2011 13:48



Pour moi une expérience sensorielle autant qu'émotionnelle. J'attends Shame aussi avec impatience mais c'est fin décembre. J'adore Carey Mulligan, plus je la vois et plus je l'aime, elle est très
bien dans Drive (et mieux encore dans Never let me go), même si ses roles se ressemblent un peu pour l'instant, je lui prédis une belle carrière. Et puis il Michael Fassbender...



Neil 18/09/2011 21:24



Oui j'espère que Shame fera sensation. Même si je n'ai pas vu, je l'avoue, le premier film de Steve McQueen (shame on me)



mymp 18/09/2011 13:39



Je n'ai pas trouvé la mise en scène froide, au contraire, elle est très sensorielle, presque charnelle. Sinon, en plus avec un tel sujet, on aurait plutôt été chez du Haneke (on imagine
d'ailleurs très bien le genre de film qu'il aurait pu en tirer) ! Pour ma part, le choc de cette année, un film qui prends son temps pour amener au malaise, qui pose plus de questions qu'il n'y
répond. Mon préféré de cette année (pour l'instant), mais j'attends beaucoup de Shame qui, à mon avis, va considérablement marquer les esprits également.



Neil 18/09/2011 21:22



Tiens c'est drôle ça. Oui, c'est pas du Haneke, et heureusement. mais je trouve que le regard de la caméra est parfois très extérieur à l'histoire.



ffred 17/09/2011 16:32



En effet ça marque... pour ma part vu il y a 2 mois et il me hante encore. L'un des films de l'année et 5 étoiles dans mon palmarés !



Neil 17/09/2011 16:37



Ce sera sans doute l'un des films de l'année c'est clair, et il restera dans les esprits tant il est fort. Et quelle prestation de Tilda Swinton (que j'adore) !



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