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Yves Saint Laurent (2013) Jalil Lespert

par Neil 6 Janvier 2014, 06:42 Avant-Première

Yves SaintFiche technique
Film français
Date de sortie : 8 janvier 2014
Durée : 1h40
Genre : biopic ampoulé
Scénario : Marie-Pierre Huster et Jacques Fieschi, d'après l’œuvre de Laurence Benaïm
Image : Thomas Hardmeier
Musique : Ibrahim Maalouf
Avec Pierre Niney (Yves Saint Laurent), Charlotte le Bon (Victoire Doutreleau), Guillaume Gallienne (Pierre Bergé), Laura Smet (Loulou de la Falaise), Nikolai Kinski (Karl Lagerfeld), Marie de Villepin (Betty Catroux)...

Résumé
: Paris, 1957. À tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants et partenaires en affaires, les deux hommes s'associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent.

Mon avis
: papier glacé pour people triés sur le volet

Il est peu de dire que la genèse d'Yves Saint Laurent fut mouvementée. Lors du marché du festival de Berlin en février 2013, deux projets concurrents s'inspirant de la vie d'Yves Saint Laurent sont dévoilés. L'un, réalisé par Jalil Lespert, a l'aval de Pierre Bergé, tandis que l'autre, mis en scène par Bertrand Bonnello, non. Deux photographies des acteurs principaux circulent, et Pierre Niney tout comme Gaspard Ulliel sont ressemblants. À la suite d'une guerre plus juridico-commerciale qu'artistique, c'est le projet « officiel » qui prend temporellement le dessus, le tournage et la date de sortie du second étant retardées. Les producteurs, voulant éviter de répéter l'erreur commerciale ayant amené la sortie, à une semaine de décalage, de deux projets concurrents faisant remake de La guerre des boutons.

Des « événements » font rage en Algérie en cet été 1956 mais Lucienne Saint Laurent ne fait qu'en entendre vaguement parler par ses amies. Celles-ci lui évoquent surtout son fils, qui lui rend visite. Il est à Paris assistant-modéliste à la maison Dior, prenant en charge certaines créations pour la Couture et son talent fait de plus en plus parler de lui. Un an plus tard, le célèbre créateur meurt, l'ayant désigné comme son successeur. Yves Saint Laurent n'a que 21 ans, ce que nombre de journalistes ne cessent de lui répéter, mais il assume. Sa première collection fera beaucoup jaser, et aux premiers rang du défilé, un homme observe le jeune héritier. Il s'agit du financier Pierre Bergé, qui par l'entremise d'une de ses amies se retrouve à dîner dans un restaurant avec lui. Leurs premiers échanges ne sont d'ailleurs pas des plus cordiaux.

Même après la vision du long-métrage, on se demande quel est le point de vue d'Yves Saint Laurent. Comme une flopée de biopics pas ou peu réfléchis, le film ne fait que dresser le catalogue de vingt ans de la vie du célèbre créateur, sans subjectivité ni d'ailleurs objectivité puisque nul ne peut rendre compte de l'entièreté d'une existence, ou ne serait-ce que d'une période dans la vie d'une personne. Ainsi, le film égrène des événements à la suite les uns des autres, certains attendus, d'autres moins. Nous avons évidemment droit à la « collection Mondrian », au styliste posant nu pour Jeanloup Sieff, au smoking pour femmes, au questionnaire de Proust ou au défilé des « Ballets russes ». On dirait que le film a été pensé pour plaire à un public international, mettant l'accent sur la marque YSL plutôt que sur son protagoniste.

On pourrait dire la même chose sur le casting d'Yves Saint Laurent. Déjà, le film n'est dans ses dialogues que name-dropping : dans toutes les scènes on entend ou on voit Loulou de la Falaise, Karl Lagerfeld ou bien Bernard Buffet (entre autres). Le film est un défilé incessant de personnalités de l'époque qui apparaissent ou disparaissent au gré d'une intrigue maigre où ils n'ont qu'un rôle d'accessoire. Et par jeu de miroir évidemment, pour interpréter toutes ces personnes tellement connues il faut des acteurs et des actrices que l'on dit « bankable ». Là encore, Charlotte le Bon ou Marie de Villepin plairont chacune à un public bien ciblé, tandis que Guillaume Gallienne apportera la caution artistique. Quant à Pierre Niney, il n'est que posture : à quelques moments on sent de l'authenticité, et c'est là qu'il s'approprie le plus son modèle, le reste du temps il se contente de l'imiter.

Ma note : °

commentaires

Leo M 09/12/2014 16:13

J’ai beaucoup apprécié ce biopic que j’ai vu sur cette application film en streaming : https://play.google.com/store/apps/details?id=virgoplay.vod.playvod . Ce long métrage m’a donné une vision un peu plus large sur le monde de la mode.

neil 10/12/2014 08:20

J'ai pour ma part été très très déçu

dasola 23/01/2014 10:15


Rebonjour Neil, je serais peut-être moins sévère que toi mais le film est très anecdotique et n'apporte pas grand-chose sur la création. Bonne journée.

Neil 23/01/2014 17:14



Rebonjour Dasola, effectivement je suis sévère en ce moment : peut-être suis-je lassé, ici en l'occurrence, de voir une fois de plus le même schéma, sans prise d'initiative et qui n'apporte en
effet rien. Bonne journée



тном ряи 16/01/2014 10:57


J'avoue ne pas rejoindre ton avis. Plus qu'un biopic sur l'histoire de YSL et son art, je l'ai surtout perçu comme une histoire d'amour véritable portée à l'écran. 


Ainsi, je crois avoir été plus touché et intéressé par ce film que s'il avait suivi justement le chemin que tu escomptais. C'est une question de subjectivité mais je trouve au final le film
réussi. Après, je n'en attendais rien. D'où ma bonne surprise probablement. 

Neil 18/01/2014 10:56



Alors moi je n'ai absolument pas vu l'histoire d'amour, je la trouve totalement désincarnée.
Je n'escomptais aucun chemin pré-établi, au contraire, j'attendais qu'il sorte un peu des sempiternelles ornières des biopics traditionnels.
Sinon le film est techniquement réussi, mais ça ne fonctionne pas pour moi.



ideyvonne 08/01/2014 19:11


Vu aussi la B.A qui ne m'a franchement pas emballée bien que YSL eût un talent indéniable et une vie mouvementée...


Fallait-il vraiment faire un biopic sur lui? Lespert croit-il vraiment que la face cachée de l'homme attirera des spectateurs? Je pense réellement que seul le "voyeurisme" de la vie
décadente d'YSL feront se déplacer certains!

Neil 10/01/2014 12:04



La vie de Saint-Laurent est assez riche donc ça ne me choque pas qu'on en tire un film. Après, c'est le traitement artistique qui fait la différence. Ici, mis à part que les robes sont
jolies, et pour cause : ce sont celles de la fondation YSL, je trouve que ça pêche un peu.



mymp 08/01/2014 12:03


Ca se sentait déjà dans la b-a de toute façon que le film n'était qu'un énième biopic sans aspérité. En revanche, j'attends celui de Bonello avec impatience, ça va être autre chose !

Neil 08/01/2014 13:34



J'espère que le Bonello sera à la hauteur. Pourtant sur le papier Ulliel ne me convainquait pas autant que Niney (qui au final était un peu décevant).



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