Lundi 14 avril 2008
Fiche technique
Film britannique, américain
Date de sortie : 20 février 1985
Genre : dictature imaginaire
Durée : 2h05
Scénario : Terry Gilliam, Torn Stoppard et Charles McKeown
Photographie : Roger Pratt
Musique : Michael Kamen
Avec Jonathan Price (Sam Lowry), Kim Greist (Jill Layton), Robert de Niro (Harry Tuttle), Katherine Helmond (Ida Lowry), Michael Palin (Jack Lint), Ian Holm (Mr Kurtzmann), Bob Hoskins (Spoor)…

Synopsis : Sam Lowry, fonctionnaire modèle d'une mégapole étrange, a des problèmes avec sa maman et avec l'Etat, tout puissant. Pour couronner le tout, des songes bizarres l'entraînent chaque nuit sur les ailes d'Icare, à la recherche d'une jeune femme blonde, évanescente, inaccessible. Chaque fois qu'il est sur le point de l'atteindre, leurs trajectoires se séparent et le songe s'interrompt cruellement... (allociné)

Mon avis
: L’imagination au pouvoir

Est-il utile de le rappeler, Terry Gilliam a débuté sa carrière cinématographique avec les Monthy Python. Voilà qui pose un personnage : humour décalé, inventivité permanente, anti-révérence adéquate… autant d’ingrédients qu’il va réutiliser en tant que réalisateur. Puis vinrent Jabberwocky et Time Bandits, hors d’œuvre de choix pour entamer le plat principal qui vient en 1985, à savoir Brazil. Une œuvre incandescente qui mélange Kafka et Orwell
dans un style affirmé, à la fois complètement déjanté et totalement maîtrisé. C’est ça qui fait le charme des films de Terry Gilliam. Posons le cadre : une ville futuriste dans laquelle un fonctionnaire maladroit commet une faute fatale qui envoie Monsieur Buttle en prison à la place de Monsieur Tuttle. Faute qu’est chargé de réparer Sam Lowry, fonctionnaire doué mais totalement dépourvu d’ambition, au grand dam de sa mère adepte de chirurgie plastique. Dans son investigation Sam rencontre Jill, la voisine de Monsieur Buttle, qui n’est autre que la fille dont il rêve nuit après nuit.

Le synopsis de Brazil fourmille tellement d’idées toutes plus intéressantes les unes que les autres qu’il est difficilement résumable. Les innovations de Terry Gilliam ne s’arrêtent d’ailleurs pas à un scénario aux petits oignons mais transpirent pratiquement à chaque plan : ici une pépite de mise en scène, là des effets spéciaux plus vrais que nature… tout ça en n’étant jamais tape-à-l’œil ni aucunement foutraque. Voilà encore un des charmes du film de Gilliam : le spectateur est baladé tout naturellement entre onirisme et monde ultra réaliste. Ainsi on peut voir dans Brazil un chevalier délivrant une princesse en cage mais aussi une administration tentaculaire croulant sous le poids de la paperasse. Des antagonismes en perspective pour mettre en valeur la force du propos de Gilliam : soyez réalistes, demandez l’impossible. Et surtout, rêvez. Car que serait Sam, très justement interprété par Jonathan Price, s’il  n’avait ses rêves pour s’évader de son triste quotidien ? C’est l’anti-conformisme que défend Terry Gilliam quand il réalise Brazil : tous les personnages positifs du film, du plombier non licencié (irrésistible De Niro) à la citoyenne révoltée sont mis en parallèle avec les tenants de l’establishment, que ce soit la mère tyrannique (Katherine Helmond étonnante) ou l’employé zélé mais inefficace (Michael Palin excellent). Brazil s’avère donc être un film intemporel qui analyse de façon caustique la société actuelle et qui célèbre la liberté, l’imaginaire et l’amour.
 
Ma note : 9/10
 
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