
Film sud-coréen, japonais
Date de sortie : 8 août 2007
Titre original : Shi gan
Genre : changement(s) d’identité
Durée : 1h37
Scénario : Kim Ki-Duk
Musique : Hyung-woo Noh
Photographie : Jong-moo SUNG
Avec Seong Hyeon-a (See-hee), Jung-woo Ha (Ji-woo), Ji-Yeon Park (See-hee), Sung-min Kim (Le médecin)...
Synopsis : Après deux ans de vie commune avec Ji-woo, See-hee s'inquiète de l'usure que le temps pourrait apporter à leur amour. Elle se désole surtout de n'avoir que le même visage et le même corps à offrir, nuit après nuit, à celui qu'elle aime avec passion. Un jour, elle disparaît, laissant Ji-woo désemparé. (allociné)
Mon avis : L’amour résiste-t-il au temps ?
Croyez-le ou non, le nouveau film de Kim Ki-Duk est bavard ; et ça surprend sacrément. Le prolifique et talentueux réalisateur du poétique Locataires et du sublime Printemps, été, automne, hiver… et printemps coupe avec son habituel style taciturne et contemplatif avec Time. Heureusement, le réalisateur sud-coréen ne néglige pas ses thèmes de prédilections, l’amour en tête.
See-hee vit depuis deux ans avec Ji-woo ; un jour qu’elle croise par hasard une femme sortant d’une clinique de chirurgie esthétique, elle fait une scène à Ji-woo qu’elle soupçonne de regarder ailleurs. Sa jalousie la pousse à regretter ne pas être ce corps étranger que son homme regardait, croyait-elle, avec insistance. Un matin Ji-woo ne va plus la trouver à ses côtés, son numéro ne sera plus attribué, elle aura disparu sans laisser d’adresse.
Encore plus que d’amour, c’est de séduction dont nous parle Kim Ki-Duk dans ce Time : reconquérir l’être aimé, tout un programme. See-hee, doublement incarnée par Seong Hyeon-a et Ji-Yeon Park, va tout faire pour retrouver la flamme initiale qui anima son couple. Et Kim Ki-Duk d’exploiter à fond (jusqu’à l’usure) le thème de l’éternel recommencement : mêmes lieux inlassablement fréquentés (le café, l’île, la clinique), mêmes expédients utilisés par les deux amants pour se jouer l’un de l’autre ou se (re)trouver. Le temps passe et les sentiments ne trépassent pas : encore une fois Kim Ki-Duk nous prouve ici combien il sait se montrer maître dans l’art d’insinuer une émotion vraie, pure.
L’attente d’un rendez-vous, scruter un inconnu dans un café en s’attendant à trouver l’être aimé, un message sibyllin transmis par une petite fille déguisée en ange… tant de petits moments magiques qui transparaissent de façon très poétique dans Time. Bonne nouvelle donc : le film le plus accessible et le plus verbeux (ceci allant peut-être avec cela) de Kim Ki-Duk s’avère tout aussi intéressant (avec une profusion de thèmes évoqués, de la lassitude du couple à l’obsession qu’ont les sud-coréens vis-à-vis de la chirurgie esthétique en passant par l’identité personnelle et notre rapport à la beauté) et visuellement réussi que ses autres films. Un auteur contemporain décidément incontournable.
Ma note : ***

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