Film américain
Date de sortie : 14 avril 1970
Genre : amours psychédéliques
Durée : 1h45
Scénario : Michelangelo Antonioni, Franco Rossetti, Sam Shepard, Tonino Guerra et Clare Peploe
Photographie : Alfio Contini
Musique : Jerry Garcia
Avec Mark Frechette (Mark), Daria Halprin (Daria), Rod Taylor (Lee Allen), Bill Garaway (Morty), Kathleen Cleaver (Kathleen), Harrison Ford (un employé de l’aéroport)...
Synopsis : À la suite d'une révolte estudiantine, Mark s'enfuit dans le désert de la Vallée de la Mort. Il y rencontre Daria, rejetant également cette société conservatrice qui ne répond pas à leurs aspirations. (allociné)
Mon avis : La liberté c’est la conscience de la nécessité
Quelqu’un m’a dit qu’il fallait « liquider les idées de mai 1968 », ça tombe bien puisque Zabriskie Point ressortait en salles il y a quelques années. Le film de Michelangelo Antonioni est en effet un de ceux qui retranscrivent le plus habilement l’esprit libertaire qui soufflait aux États-Unis en cette fin de décennie révolutionnaire. Sortant tout juste de son Blow up qui diagnostiquait le Swinging London, le réalisateur italien s’exile donc dans le pays de l’oncle Sam à la demande de la MGM.

On peut dire que Zabriskie Point est découpé en deux parties, l’une urbaine et l’autre dans le désert. Dans la première on est frappé par la surabondance de symboles matraquant la société de consommation. Panneaux publicitaires, magasins, publicités, hommes de marketing… autant de détails qui donnent la nausée. À côté nous avons les étudiants, sympathiques mais foutrement bordéliques dans leurs réunions où l’on devine qu’il ne se pourra rien se passer tant les dissensions sont nombreuses parmi les participants, et bien sûr les forces de l’ordre étiquetées par un Michelangelo Antonioni avec un poil de parti-pris comme le Mal absolu qui matraquent à bout de bras tous les jeunes qui passent sous leur chemin. On se croirait presque dans Punishement Park.

Les deux séquences phares de Zabriskie Point sont en effet deux hallucinations, deux fantasmes orgiaques (l’un purement sexuel l’autre plus anarchiste) qui amplifient le rejet de la société de consommation. Michelangelo Antonioni semble ainsi nous faire comprendre combien le mouvement alors à son apogée est déjà voué à l’échec, réflexion d’ailleurs soulignée par la thématique de la fuite en avant des deux protagonistes, errance finalement futile et vaine, quoique sans doute indispensable. Se jouant habilement d’une ressemblance avec un film comme La mort aux trousses, Antonioni réalise là un film qui n'est pas parfait (et ne cherche pas non plus à l'être), mais reste un témoignage assez fort de cette époque.
Ma note : ***

Haut de page