
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 24 février 2010
Genre : Just a perfect day
Durée : 1h40
Scénario : Tom Ford, d’après l’œuvre de Christopher Isherwood
Photographie : Eduard Grau
Musique : ShigeruUmebayashi
Avec Colin Firth (George), Julianne Moore (Charley), Nicholas Hoult (Kenny), Matthew Goode (Jim), Jon Kortajarena (Carlos), Paulette Lamori (Alva)…
Synopsis : Los Angeles, 1962. Depuis qu’il a perdu son compagnon Jim dans un accident, George Falconer, professeur d’université, se sent incapable d’envisager l’avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie Charley, il ne peut imaginer qu’une série d’évènements vont l’amener à décider qu’il y a peut-être une vie après Jim. (Allociné)
Mon avis : Homme seul cherche joie de vivre
On dirait au début un défilé de chez Dolce & Gabbana, enfin sans Gabana. Des costumes et des robes impeccables, des coiffures sophistiquées : bref, la mode, la mode la mode quoi. C’est beau. Et là on se rappelle que A single man c’est Tom Ford. Non, pour tout avouer on entre dans la salle en sachant que le réalisateur est Tom Ford. Et on se demande ce qu’il fait là. C’est fatal, le procès d’intention est si vite intenté de nos jours (ma bonne dame). Et pourtant (pourtant, je n’aiiiime que toi…euh pardon) A single man est une pure merveille. Préparez vos mouchoirs et laissez vous séduire.

George se réveille depuis huit mois sans aucune envie de vivre. Huit mois que Jim est mort dans un accident de voiture. Qu’il n’a pas pu lui faire ses adieux : un compagnon vous comprenez, c’est pas « la famille », d’autant plus en 1962... Quoique. Donc ce jour là il a décidé d’en finir. Une fois pour toutes. Il prépare méticuleusement ses vêtements, ses papiers, ses lettres d’adieux à sa femme de ménage ou à Charley. Charley l’appelle d’ailleurs de bon matin pour confirmer le dîner de ce soir chez elle. Puis il se rend à l’université pour donner ses cours à des étudiants inintéressants. Sauf peut-être Kenny qui remarque cette petite note de tristesse dans les yeux de George.
La journée de George va donc être parsemée de rencontres plus ou moins fortuites et de souvenirs tendres. Avec une folle élégance Tom Ford réussit avec A single man un film maitrisé de bout en bout, sobre, avec une mise en scène distinguée, un sens de l’esthétique très poussé. On remarquera tout particulièrement la superbe lumière et le jeu avec les couleurs un peu appuyé certes mais en tout original. On assiste ici à un objet formellement réfléchi et non pas à un espèce de standard de la mise en scène comme il y en a trop souvent.

Colin Firth est assez remarquable, Julianne Moore divine (comme toujours) dans un rôle de fille à pédé idéale. Et il y a tous ces beaux gosses, figures angéliques qui vont illuminer la journée de George. On se noie dans les yeux de Nicholas Hoult (révélé par la série Skins), on se pâme devant la plastique de Jon Kortajanera. A single man c’est aussi un film engagé (sans non plus revendiquer bêtement), et c’est un film humain (j’allais dire humaniste, n’en faisons pas trop). C’est d’ailleurs intéressant de voir que c’est une icône fashion comme Tom Ford qui mette au centre de son film les rapports humains et leur pouvoir rédempteur (parfois). Loin de la superficialité des podiums, A single man parle de nous, de la vie, et de l’amour.
Ma note : ****

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