
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 25 février 2009
Genre : fraude mortelle
Durée : 1h50
Scénario : Odile Barski
Image : Eduardo Serra
Musique : Matthieu Chabrol
Avec Gérard Depardieu (Paul Bellamy), Marie Bunel (Françoise Bellamy), Clovis Cornillac (Jacques Lebas), Vahina Giocante (Nadia Sancho), Jacques Gamblin (Noël Gentil), Marie Matheron (Madame Leullet)…
Synopsis : Le commissaire Paul Bellamy vient séjourner à Nîmes dans la maison de famille de sa femme Françoise qui rêve de croisières. Paul ne peut se passer de Françoise, mais il déteste les voyages. Un double prétexte le cloue sur place : l'arrivée de Jacques son demi-frère, et l'apparition d'un homme aux abois qui lui réclame sa protection. (allocine)
Mon avis : La lutte des classes pour les nuls
C‘est étrange de voir que le dernier film de Claude Chabrol fut ce Bellamy. C’est un film qui ressemble un peu à tous les autres de sa filmographie et pourtant qui s’en détache beaucoup. Dans les similitudes on peut y voir le lieu, la province qui lui était si chère et ses milieux aisés, quoi qu’ici nous ne sommes pas vraiment dans la grande bourgeoisie. C’est un film familial, tant dans sa conception que dans sa narration, même si ici le drame familial n’est pas au centre du scénario. On retrouve dans le casting certaines figures plus ou moins habituelles comme Marie Bunel ou Jacques Gamblin, d’autres qui n’avaient jamais tourné avec lui comme Gérard Depardieu et Clovis Cornillac.

Depuis quelques jours, un homme rôde autour de la maison des Bellamy où le mari, commissaire parisien, passe quelques jours dans la maison de famille de sa femme. Lorsque l’homme sonne à la porte, il est reçu froidement par Françoise qui refuse de lui présenter son mari. Elle donne toutefois à celui-ci le numéro de téléphone de l’intrus, et il l’appelle. L’homme lui demande de venir le voir à son hôtel pour lui raconter une histoire qui devrait l’intéresser. Intrigué, Bellamy va au rendez-vous et l’homme lui avoue avoir commis un meurtre. Son récit est décousu mais le commissaire est intrigué : il décide alors de mener l’enquête, et tente de savoir ce qui s’est réellement passé.
Partagé en deux univers bien distincts, Bellamy peine à trouver sa voie. L’intrigue policière est plutôt intrigante : on avance dans ce jeu de dupes à pas feutrés, et l’énigme perd petit à petit de son épaisseur. On découvre alors une histoire somme toute assez banale, sans grand relief, et on espère un dénouement final un peu plus surprenant. Las, l’intrigue policière ne dévoile rien de plus que ce qui nous est annoncé dès le départ et on reste sur notre fin. En parallèle, le climat familial dans lequel baigne le commissaire Bellamy nous est dépeint.

On le suit dans des scènes intimes avec sa femme, on subit plus ou moins ses relations conflictuelles avec son frère et on assiste à quelques scènes fort peu intéressantes et grossières en compagnie d’un couple de leurs amis dont on se demande ce qu’ils viennent faire ici. On pourrait se dire que Bellamy pourrait se rattraper avec le portrait grinçant d‘un milieu de province comme Claude Chabrol sait si bien les dépeindre. Mais pas du tout : le réalisateur perd toute sa verve et sa truculence, il tombe dans une empathie mielleuse envers ses personnages.
Pire, il nous sort dialogue après dialogue de terribles platitudes et tombe dans un réquisitoire sans finesse opposant les humbles et les puissants, tout ça sans aucun relief et dans un triste manichéisme. Quelques-uns des acteurs tentent de sauver Bellamy, en particulier Marie Bunel et Clovis Cornillac, pour une fois convaincant. Le reste n’a pas grand intérêt, sinon celui de faire se retrouver deux bons vivants du cinéma français que sont Gérard Depardieu et Claude Chabrol : ils ont dû se marrer à faire le film, en tout cas plus que nous à le regarder.
Ma note : °

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