
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 9 novembre 2011
Genre : épidémie mondiale
Durée : 1h46
Scénario : Scott Z. Burns
Image : Steven Soderbergh
Musique : Cliff Martinez
Avec Matt Damon (Mitch Emhoff), Kate Winslet (Erin Mears), Laurence Fishburne (Ellis Cheever), Marion Cotillard (Leonora Orantes), Jude Law (Alan Krumwiede), Gwyneth Paltrow (Beth Emhoff)
Synopsis : Une pandémie explose à l’échelle du globe. Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. (allocine)
Mon avis : Méli-mélo frustrant hygiéno-sanitaire
Dire que Contagion était désiré par certains est un doux euphémisme. Il s‘agit tout d‘abord d‘un film de Steven Soderbergh, réalisateur attendu à chaque fois au tournant, qui met en scène tantôt des films brillants et palpitants, tantôt des films expérimentaux parfois intéressants, et déçoit souvent. Entre temps il s’amuse à nous offrir des blockbusters qui peuvent s’avérer divertissants. C’est censé être le cas ici, où son budget conséquent lui a permis de convoquer une troupe d’acteurs bankables qu’il s’octroie le luxe de faire mourir les uns après les autres. Il faut dire que son film surfe sur la paranoïa ambiante qui nous fait frissonner en entendant parler d’un nouveau virus tout aussi inconnu que foudroyant.

Une femme d’affaire revient d’un voyage à Hong-Kong et fait escale à Chicago avant de rejoindre le Minnesota. Blême et fiévreuse, elle reçoit le coup de fil de son amant avec qui elle vient de passer la nuit. En rentrant chez elle, son mari et son fils l’accueillent chaleureusement mais son état de santé s’empire. Dans plusieurs autres villes du Monde entier, des personnes semblent victimes des mêmes symptômes qu’elle. Elle s’effondre et est transportée d’urgence à l’hôpital ; les médecins ne peuvent malheureusement rien pour elle et sont incapables de dire à son mari de quoi elle est morte. Sur le chemin du retour, celui-ci reçoit un coup de fil de la baby-sitter : son fils est lui aussi pris de spasme incontrôlables.
Le moins qu’on puisse dire c’est que Contagion est un film très démonstratif. Sa mise en scène d’un didactisme forcené enchaîne les gros plans d’objets contaminés, sensés représenter la rapidité de la transmission du virus, et les enchaînements de plans fixes nous montrant les différentes étapes de cette fameuse contagion. En bon élève, Steven Soderbergh s’intéresse à toutes les étapes du processus, des victimes à leurs proches en passant par les instituts de veille sanitaire, les laborantins et même les journalistes. S’ensuivent une multitude d’histoires individuelles, d’évènements et de catastrophes qui nous mettent en alerte sur la vitesse fulgurante à laquelle la propagation s’opère.

Chez le spectateur, une certaine frustration s’installe de ne pas pouvoir suivre une piste jusqu’au bout et, à défaut d’avoir un point de vue général sur tout le processus, de ne pas pouvoir s’intéresser sérieusement aux cas individuels. Pourtant pas mal de bonnes idées théoriques sont présentent dans Contagion. À commencer par la mise en perspective du virus et de la communication. Dans les deux cas, on essaye par tous les moyens d’éviter la propagation mais on reste impuissant à la canaliser. Le personnage emblématique du journaliste paranoïaque, interprété par un Jude Law qu’on est toujours ravi de pouvoir regarder évoluer, est en cela intéressant.
Internet, les réseaux sociaux et les blogs sont alors autant de moyens de faire progresser une information, qu‘elle qu‘en soit la qualité. Le message n’est pas révolutionnaire mais sa contextualisation semble ici judicieuse. Sauf que l’idée est à peine traitée dans Contagion, noyée qu'ells est sous d’autres thématiques plus ou moins bien traitées. Il en va de même pour le casting, où le nombre de stars au mètre carré se piquent la vedette les unes aux autres. Reste un film assez bien réalisé, propre et informatif, mais qui manque de chair pour qu’on puisse réellement s'emballer.
Ma note : **

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