
Du 19 octobre 2011 au 29 janvier 2012
Scénographie : Julia Kravtsova et Olivia Berthon
Graphisme : Chevalvert - Stéphane Buellet et Patrick Paleta
Produite par la Deutsche Kinemathek de Berlin, en collaboration avec la Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung
Il y a quelques mois, La Cinémathèque française créait l’évènement et faisait le buzz. Son exposition autour de Stanley Kubrick, qui se déroulait jusqu’au 31 juillet 2011, a attiré plus de 170 000 visiteurs, un record pour l’institution. Notons au passage qu’au printemps prochain c’est un autre auteur qui succède au plus britannique des américains en la personne de Tim Burton. Reste que je suis abonné aux expositions dites intermédiaires puisqu’après Brune/Blonde je me suis intéressé à cette exposition Metropolis. Celle-ci fait l’objet d’une double actualité puisque sort en parallèle dans quelques salles la version restaurée de l’un des plus grands chef-d’œuvres du cinéma, que beaucoup attendaient avec impatience.
La scénographie de l’exposition Metropolis est franchement décevante. On passe de couloirs en couloirs, agrémentés de photos et d’objets autour du film, pour arriver ponctuellement à quelques salles projetant des images du tournage et des extraits du long-métrage. Censée s’inspirer de la topographie des décors, elle n’apporte pas grand-chose d’original et s’avère au final assez rébarbative. Sans compter, petit détail anecdotique mais qui n’en demeure pas moins dommageable, que l’on est obligé de refaire à l’envers la moitié du chemin pour trouver la sortie. Ce qui du coup dérange les autres visiteurs, et pour peu qu’un groupe arpente l’exposition dans l’autre sens peut s’avérer énervant.
Dans son contenu, l’exposition Metropolis ne manque pas d’intérêt. On peut apprendre certaines choses qu’on ne connaissait pas sur le tournage du film : visiblement Fritz Lang s’est montré très exigeant vis-à-vis de ses acteurs, et en particulier de Brigitte Helm pour qui s’était le premier film. On y trouve également un grand nombre de sources documentaires expliquant étape par étape le long processus de restauration qui aboutit à cette fameuse version de 2008, apparemment la plus fidèle à l’esprit du film. Pour ceux qui ne le sauraient pas, une attention particulière est également portée au fait que Fritz Lang a souvent eu du mal a posteriori à reconnaître les qualités de son film, et qu’il n’a notamment pas souhaité revoir ses versions remaniées. Reste que ces informations, toutes intéressantes fussent-elles, rendent l’exposition très didactique. Elle manque singulièrement d’interactivité, et ce sont les extraits remontés du film qui sont les parties les plus captivantes. Du coup on peut se demander si l’exposition n’est pas phagocytée par son sujet, et qu’il ne vaut pas mieux tout simplement revoir la version restaurée du film. Ce que l’exposition nous donne envie de faire, et c’est peut-être là sa plus grande qualité.
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