
Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 15 février 2012
Titre original : The iron lady
Genre : biopic intériorisé
Durée : 1h44
Scénario : Abi Morgan
Image : Elliot Davis
Musique : Thomas Newman
Avec Meryl Streep (Margaret Thatcher), Jim Broadbent (Denis Thatcher), Susan Brown (June), Harry Lloyd (Denis Thatcher jeune), Phoebe Waller-Bridge (Susie), Iain Glenn (Alfred Roberts)…
Synopsis : Margaret Thatcher, première et unique femme Premier ministre du Royaume-Uni (de 1979 à 1990), autrefois capable de diriger le royaume d’une main de fer, vit désormais paisiblement sa retraite imposée à Londres. Âgée de plus de 80 ans, elle est rattrapée par les souvenirs. (allocine)
Mon avis : L’absence de choix fait rarement de bons films
On parle de La dame de fer depuis maintenant bien longtemps. Combien d’images ont filtré d’une Meryl Streep grimée dont on saluait sans même l’avoir vue jouer la précision de sa ressemblance avec Margaret Thatcher. Combien de supputations ont été formulées quant à la capacité de la réalisatrice à pouvoir rester objectif face à un tel sujet. Il faut dire que les doutes ont commencé à émerger quand on a su que c’était Phyllida Lloyd, la réalisatrice du faible Mamma Mia !, qui allait se charger du biopic. Et quand on connaît l’intensité des reproches que nombre d’observateurs font rétrospectivement à la dame de fer qui a gouverné la Grande-Bretagne durant onze ans, on comprend mieux l’enjeu d’un tel film.

Une vieille femme fait ses courses dans un supermarché, s‘étonnant du prix du lait. Quand elle rentre chez elle, sa gouvernante June la sermonne d’être sorti non accompagnée. Car Margaret Thatcher n’a plus toute sa tête, et elle doit rester chez elle toute la journée. La moindre conversation, le moindre geste la plonge dans ses souvenirs de jeunesse et ses années au gouvernement. Ne distinguant plus trop l’imaginaire de la réalité elle parle régulièrement à son défunt mari, dont elle doit trier les vêtements mais n’arrive pas à se résoudre. Elle préfère repenser à ses premiers pas en politique, elle la fille d’épicier qui s’est faite toute seule dans un monde macho.
Si l’on considère La dame de fer comme le portrait d’une vieille femme sénile, on peut considérer que le film est réussi. Il parvient assez bien à nous faire prendre conscience des terribles difficultés que peut ressentir cette vieille femme qui n’a plus toute sa tête. Mais cette femme est Margaret Thatcher, et c’est sa vie qui nous est racontée par intermittence, selon ses propres souvenirs. Ne sachant jamais choisir entre les deux traitements d’un même sujet, Phyllida Lloyd finit par ne donner aucune saveur à son film.

D’un côté nous avons des images terrifiantes d’une femme tourmentée, magnifiquement interprétée par Meryl Streep. De l’autre nous avons les fragments de vie d’une femme controversée, forcément partiaux puisqu’ils nous ne sont montrés que d’un point de vue, et évite soigneusement de trancher. Et La dame de fer de ne jamais prendre son sujet à bras le corps, si tant est que le film en ait un. La mise en scène sans élan de la réalisatrice et le sentimentalisme primaire qu’elle apporte de façon grossière n’arrangent rien, et la musique ultra présente devient vite énervante.
Alors certes La dame de fer possède un atout majeur en la présence de Meryl Streep, absolument phénoménale. On sent qu’elle tient un rôle à Oscar qui la conduit à aller parfois plus dans l’imitation et dans la performance que dans la finesse. Mais les éclairs de confusion qui jaillissent de son visage et la force de caractère qu’elle réussit à retranscrire sont tout à fait louables. Un film d’actrice donc, pas si mauvais qu’on pourrait l’imaginer mais qui n’apporte pas grand-chose à l’Histoire ni même au cinéma.
Ma note : *

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