
Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 18 juillet 2012
Genre : identité de genre
Durée : 2h39
Scénario : Xavier Dolan
Image : Yves Bélanger
Musique : Noia
Avec Suzanne Clément (Fred Belair), Melvil Poupaud (Laurence Alia), Nathalie Baye (Julienne Alia), Yves Jacques (Michel Lafortune), Monia Chokri (Stéfanie Belair), David Savard (Albert)…
Synopsis : Laurence Anyways, c'est l'histoire d'un amour impossible. Le jour de son trente-cinquième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci, après d'abstruses circonlocutions, son désir de devenir une femme. (allocine)
Mon avis : C’est pas vraiment mon genre
C’est sur le tournage de son premier film que Xavier Dolan a eu l’idée de Laurence Anyways. L’une de ses technicienne lui racontait alors une anecdote qui lui était arrivée : son compagnon lui avait annoncé un jour qu’il désirait devenir une femme. Il écrit alors une première trame du scénario sans savoir que le film allait clôturer une trilogie. Les trois premiers films du réalisateur brodent des histoires autour de l’amour, qui commençait par l’amour filial pour J’ai tué ma mère et se poursuit avec le trio platonique des Amours imaginaires. En quatre ans, Dolan s’est ainsi imposé très vite comme une étoile montante du cinéma, débarquant dès son premier long-métrage au Festival de Cannes et décrochant de nombreuses récompenses, dont la Queer Palm et le prix d’interprétation féminine à Un certain regard pour ce film.

Professeur de littérature, Laurence Alia décroche un prix québécois pour son roman et ses collègues le félicitent. Il va bientôt célébrer ses trente-cinq ans auprès de sa compagne Frédérique, avec qui il partage un amour fusionnel. Il lui confesse un jour son sentiment profond de ne pas correspondre à son genre, et son désir d’entamer une transition pour devenir femme. Frédérique est choquée, elle ne sait pas comment réagir. Son premier réflexe est d’aller chez sa mère et sa sœur, qui lui conseille de le quitter. Laurence quant à elle décide d’en parler à sa mère Julienne, ne développant pratiquement aucune interaction avec son père depuis bien longtemps. Julienne, qui n’a jamais vraiment assumé son rôle de mère, prend la nouvelle avec recul mais signifie à Laurence qu’elle ne sera pas là en cas de besoin.
Certaines scènes de Laurence Anyways font partie des plus beaux moments de cinéma de ces derniers mois. On retiendra par exemple ce bal où d'extravagants personnages déambulent au rythme de Fade to grey. Le soin apporté aux costumes et aux musiques additionnelles est encore une fois à l'œuvre : Xavier Dolan est un esthète et il le revendique. Un peu trop, diront certains, mais qu'importe. La beauté visuelle de beaucoup de plans nous prend aux tripes et on pardonne le côté parfois un peu trop arty, un petit peu trop poseur.

Le fait est que le jeune canadien possède une maîtrise de la mise en scène et du cadrage, un sens du rythme et de la théâtralisation qui peuvent irriter mais qui font mouche. On sent à la fois dans son œuvre un désir de capter les émotions dans l’instant ainsi qu’une urgence presque juvénile. Pourtant Laurence Anyways marque un pas pour Xavier Dolan. On sent qu'il a pris du recul et qu'il a calmé ses ardeurs baroques. C'est le propos qui prime ici, l'histoire de Laurence qui s'est toujours sentie femme.
C'est avec beaucoup de simplicité que le réalisateur nous montre les étapes successives qui vont l'amener à assumer pleinement sa féminité, et les réactions de son entourage. Il bénéficie de l'interprétation toute en nuance de Melvil Poupaud tandis que Suzanne Clément se révèle au public français, elle qui a commencé sa carrière au Québec dès le milieu des années 1990. Les second rôles de Laurence Anyways ne sont pas en reste : nous retrouvons avec plaisir Nathalie Baye dans un rôle de mère border line tandis que Monia Chokri imprime encore une fois sa belle silhouette sur la pellicule.
Ma note : ****

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