
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 28 décembre 2011
Genre : comédie kitsch
Durée : 1h28
Scénario : Christophe Honoré
Image : Céline Bozon
Musique : Eric Neveux
Avec Nicolas Maury (Ruben), Carmen Maura (Rachel), Jean-François Stévenin (Nathan), Amira Casar (Irène), Clément Sibony (Samuel), Jarkko Niemi (Teemu)
Synopsis : Tout le monde sait que Ruben est juif, homosexuel, facteur, mi-finlandais, mi-français, fils indigne, frère désobligeant, amant décevant, assassin douteux, voleur malgré lui… Pourtant Ruben, lui, est incapable de savoir qui il est. Au grand tournant de sa vie, alors que s’ouvrent devant lui les flots de la mer Rouge, Ruben hésite : doit-il suivre son peuple ou son cœur ? (allocine)
Mon avis : La famille et ses dysfonctionnements traditionnels
Dans la famille kitsch, on voudrait Let my people go. On n’est pas vraiment habitués en France à voir débouler des comédies totalement décontractées du gland, qui osent et affichent leur côté complètement outrancier. Et si au premier abord on peut s’étonner de voir collaborer au scénario du film un garçon comme Christophe Honoré, finalement ça n’est pas si surprenant. On sait l’affection que porte le réalisateur pour la comédie musicale version Jacques Demy, qui a ses codes propres et que d’aucuns pourraient qualifier de kitsch. Ici, dès les premières images on est immergé dans un univers factice, avec ces couleurs criardes et ses décors imaginaires. C’est assez amusant, tout du moins au début, même si à la longue on peut trouver ça lassant.

Tout près de leur beau lac en plein cœur de la Finlande, Ruben et Teemu vivent heureux en couple dans leur maison. D’origine française, Ruben officie en tant que facteur et mène sa petite vie tranquille. Un jour qu’il fait sa tournée, il est amené à faire signer un recommandé à un des habitants du village. Celui-ci, en ouvrant l’enveloppe, refuse de récupérer le paquet plein de billets mais c’est trop tard, et Ruben ne peut laisser un recommandé sans destinataire. S’ensuit une bagarre où Ruben ne veut absolument pas prendre l’argent qu’on lui donne et son destinataire tombe, victime d’une crise cardiaque. Affolé, Ruben prend l’enveloppe et rentre chez lui sans crier gare. À son retour, Teemu lui fait la morale : il est terrifié par son compagnon et sa non-assistance à personne en danger.
Ne cherchez pas le réalisme dans Let my people go : il n‘existe pas, ou si peu. Les situations sont outrées, de nombreuses pistes sont laissées tombées à peine traitées et les personnages sont outrancièrement dessinés. Nous sommes dans un univers baroques assumé, où la comédie bat son plein et le souci de cohérence n’est pas vraiment de mise. D’ailleurs ça fonctionne assez bien, en particulier dans la première partie où les tribulations du héros et de sa famille déjantée nous emmènent dans un univers foutraque où l’humour est efficace.

Évidemment, on en rajoute tes tonnes sur la sœur déprimée, l’ami de la famille libidineux ou la mère juive ultra protectrice. Mais nous sommes dans un univers factice assumé, et il y a un côté jubilatoire de s’affranchir des codes normés de la comédie française habituelle. Mais le danger d‘un film comme Let my people go est d‘une part qu‘il peut vite lasser. Les mécanismes de l’humour barjot s’essoufflent finalement assez vite et la deuxième partie manque de rythme. Le réalisateur essaye tant bien que mal de faire rebondir son récit et d’apporter un tant soi peu de réalisme dans l’histoire mais ça tombe le plus souvent à plat.
On pourrait alors compter sur les acteurs pour relancer la machine mais ceux-ci ne sont pas vraiment à la hauteur, à part un Jean-Luc Bideau dont on connait le potentiel de partir en vrille en toute situation. C’est également dans l’interprétation des acteurs que réside l’autre danger de Let my people go : le jeu de Nicolas Maury, tout en exubérance, peut s’avérer néfaste. Il incarne une folle perdue comme on n’en fait pas, ce qui est drôle cinq minutes mais peut vite décrédibiliser un personnage qu’on a pourtant envie d’apprécier.
Ma note : *

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