Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 14 avril 2004
Durée : 1h49
Genre : course contre la mort
Scénario : Patty Jenkins
Image : Steven Bernstein
Musique : BT
Avec Charlize Theron (Aileen Wuornos), Christina Ricci (Selby Wall), Bruce Dern (Thomas), Lee Tergesen (Vincent Corey), Annie Corley (Donna), Pruitt Taylor Vince (Gene)...
Résumé: coup de foudre. Entre Aileen, routarde mal dans sa peau qui erre sans but et se prostitue pour survivre, et la jeune Selby, adolescente en rupture de ban familial, le désir est immédiat. La première tue les hommes pour se venger des violences qu'ils lui ont fait subir. La seconde laisse faire et exploite la passion de sa partenaire. Jusqu'où et jusqu'à quand ?
Mon avis: coup de foudre inattendu et fâcheuses conséquences
Un fait divers est à l'origine de Monster, basé sur l'existence de la tueuse en série Aileen Wuornos. Cette prostituée a commis six meurtres entre 1989 et 1990, avant d'être condamnée à mort et exécutée douze ans plus tard. Pour l'évoque, Patty Jenkins signe son premier et unique long-métrage, la réalisatrice se consacrant plus tard à la télévision. Elle s'implique fortement dans le projet, rencontrant la meurtrière en prison, tout comme Charlize Theron, qui deviendra productrice du film. L'actrice sort alors d'une dizaine d'année dans le métier, où elle a pu se forger petit à petit une solide réputation, interprétant souvent des personnages glamours pour des réalisateurs renommés tels que Woody Allen ou James Gray. Elle acquiert enfin ici la reconnaissance critique, recevant en particulier un Oscar pour ce rôle exigeant.
Quand elle était petite, Aileen passait son temps à rêver sa vie future. Elle s'imagine en actrice de cinéma, adulée par les hommes comme son idole Marilyn Monroe. Comme elle, Aileen a bien l'intention d'être découverte grâce aux hommes. Sauf que ceux qu'elle rencontre ne pensent qu'au sexe, et ne peuvent rien lui apporter. Après des années de prostitution où elle se marginalise peu à peu, elle décide un soir d'en finir. Avant, elle veut juste dépenser le billet que lui a donné son dernier client, et se dirige dans un bar et commande une bière. L'établissement s'avère être un bar gay, et une jeune femme, Selby, ne manque pas de l'aborder pour lui proposer un verre. Aileen réagit violemment, la traitant de sale gouine quand Selby lui répond qu'elle ne voulait que bavarder et noyer sa solitude avec quelqu'un de compatissant.
L'histoire atypique de Monster est pour le film à la fois un atout et une faiblesse. Le tout début du long-métrage, où l'on voit un panneau nous annonçant qu'il est tiré d'une histoire vraie, n'est pas très engageant, tant l'argument devient de plus en plus une accroche commerciale. Puis une voix off vient un peu lourdement introduire le sujet, avant que n'apparaisse dans le cadre le visage méconnaissable de Charlize Theron. Après ça, le spectateur se voit embarqué dans cette histoire absolument incroyable, d'une force telle que l'on en oublie les défauts d'une mise en scène un peu trop appuyés. C'est une charge contre la gent masculine qui nous est alors proposée, où l'héroïne, qu'habituellement l'on jugerait inhumaine, apparaît dans toutes ses failles et en devient presque attachante : c'est toute la force du film.
Mais Monster c'est avant tout son actrice principale, Charlize Theron, qui porte son personnage, et le film, à bout de bras. On sait qu'elle a pris plusieurs kilos pour jouer le rôle, et qu'elle portait des prothèses encombrantes. Son interprétation a de quoi impressionner, et les récompenses qu'elle a pu à l'occasion décrocher n'en sont que plus méritées. Alors certes c'est un rôle « à Oscar », pour une actrice prête à se défigurer, mais en même temps ça fait aussi partie de leur métier. À ses côtés, Christina Ricci endosse un rôle particulièrement ingrat, celui d'une jeune adulte immature qui ne pense qu'à elle et qui n'a aucunement le sens des réalités. Tout ça dans une Amérique qui vend un rêve impossible, et dont les paradoxes remplissent le cadre, comme si ce grand écart était le sujet même d'un film qui nous emporte dans la folie de ses personnages.
Ma note : ***
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