
Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 2 mars 2011
Genre : fable génétique
Durée : 1h43
Scénario : Alex Garland, d’après l’œuvre de Kazuo Ishiguro
Image : Adam Kimmel
Musique : Rachel Portman
Avec Carey Mulligan (Kathy), Andrew Garfield (Tommy), Keira Knightley (Ruth), Charlotte Rampling (Miss Emily), Sally Hawkins (Miss Lucy), Nathalie Richard (Madame)…
Synopsis : Depuis l'enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d'une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule : ils découvrent un secret qui va bouleverser leur perception de tout ce qu'ils ont vécu jusqu'à présent. (allocine)
Mon avis : L’espoir fait vivre, même chez les clones
C‘est assez étrange ce qui m‘est arrivé : au petit bonheur la chance j‘arrive au cinéma et décide d‘aller voir le film qui commence plus ou moins le plus tôt. Attiré par l’affiche de Never let me go, je me décide et entre dans la salle, sans trop savoir qui réalise ni même qui joue dedans (ou presque). Je m’attends même à voir une gentille comédie romantique (oui bon j’avoue j’ai menti : je savais que Keira Knightley joue dedans). Et en fait que nenni : il s’avère que ce film d’anticipation est tiré d’un roman de Kazuo Ishiguro, dont l’adaptation des Vestiges du jour était remarquable. Et qui ont-il choisi pour l’adapter, je vous le donne en mille : Alex Garland, dont La plage fut pour moi une très belle surprise littéraire.

Dans un hôpital, Kathy se rappelle son enfance, en 1978, dans un pensionnat anglais où elle a rencontré Tommy et Ruth. Les deux jeunes filles sont alors meilleures amies et se font pleins de confidences. Elles parlent surtout de Tommy, que Kathy aime en secret, ce qui rend Ruth particulièrement jalouse. Il faut dire que les trois enfants vivent dans un environnement particulièrement oppressant : un manoir isolé du reste du monde, dirigé par la rigide Miss Emily. Lorsqu’une nouvelle gardienne arrive, celle-ci remarque quelques bizarreries, comme cette folle rumeur qui coure parmi les enfants, selon laquelle le seul garçon ayant traversé les grillages du pensionnat serait mort brutalement, sans doute assassiné.
Une idée forte de scénario, qui existait déjà dans le roman, traverse Never let me go. Le film débute par quelques phrases sibyllines qui troublent le spectateur. Ce n’est que plus tard qu’on se rend compte de la situation : le film se passe entre la fin des années soixante-dix et nos jours, mais c’est comme si on était dans un univers parallèle. Le récit d’anticipation se situe dans un passé récent revisité pour l’occasion. Et c’est diablement efficace, le film abordant les thèmes éminemment d’actualité que sont l’eugénisme et les thérapies géniques,

L’identification aux personnages, pourtant pas complètement humains, marche donc parfaitement, et la critique contemporaine ainsi présentée pourrait être d’autant plus virulente. Ce n’est pas complètement la cas. Si on éprouve de l’empathie devant les personnages de Never let me go, les quelques petits défauts du long-métrage l’empêchent d’être un grand film. Sa mise en scène est assez plate, d’aucuns diraient inexistante. Il faut dire que Mark Romanek n’avait rien fait depuis Photo Obsession, qui date tout de même de 2002.
Le découpage en trois partie bien distinctes et le récit chronologique ponctué par une voix off plombe un peu l’histoire. En même temps, le réalisateur hésite à chaque instant entre cette idée forte de scénario, appuyée par quelques réflexions pas assez abouties, et une histoire de ménage à trois assez traditionnelle, convenue et mielleuse, alourdie par une musique bien mièvre. C’est dommage car Never let me go possède une belle photographie, des décors assez bien réalisés et un joli petit casting (même si je ne suis toujours pas bien convaincu par Andrew Garfield). C'est donc une petit curiosité intéressante, à voir en passant.
Ma note : **

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