
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 11 juillet 2012
Titre original : Haywire
Genre : espionne doublée
Durée : 1h33
Scénario : Lem Dobbs
Image : Steven Soderbergh
Musique : David Helmes
Avec Gina Carano (Mallory Kane), Michael Fassbender (Paul), Ewan McGregor (Kenneth), Channing Tatum (Aaron), Mathieu Kassovitz (Studer), Pill Paxton (M. Kane)…
Synopsis : Agent d’élite, Mallory Kane est spécialiste des missions dans les endroits les plus risqués de la planète. Après avoir réussi à libérer un journaliste chinois retenu en otage à Barcelone, elle découvre qu’il a été assassiné – et que tous les indices l’accusent. Elle est désormais la cible de tueurs qui semblent en savoir beaucoup trop sur elle… (allocine)
Mon avis : Un petit nanar de l'été sans prétention
Avec Piégée, Steven Soderbergh ajoute une corde à son arc, la réalisation de film d‘espionnage. Commençant sa carrière dans le cinéma indépendant avec le brillant Sexe, mensonge et vidéo, il bifurque assez vite vers le film de genre. Il s’est ainsi essayé à pas mal de différents univers : le film policier et le film noir (Hors d’atteinte ou Le limier), le biopic avec Erin Brockovitch, le film expérimental pour Full frontal ou même la science-fiction de Solaris. Les budgets de ses films varient également mais il conserve une fidélité à ses acteurs. Après avoir travaillé de nombreuses fois avec George Clooney c’est semble-t-il l’improbable Channing Tatum qui a gagné sa confiance. Il ne joue ici qu’un rôle secondaire mais deux autres projets sont en préparation avec l’acteur et le réalisateur.

Se réfugiant dans un diner au nord de l’état de New-York, Mallory est très vite rejointe par Aaron. Celui-ci désire la ramener en voiture avec lui mais elle refuse obstinément. Il se voit obliger d’utiliser la violence mais la jeune femme prend le dessus, le laisser à terre, blessé. Elle demande à un client de lui prêter sa voiture et l’embarque à ses côtés. Éberlué, il l’aide à panser son bras et lui demande si elle travaille pour le gouvernement. Mallory lui explique alors qu’elle est employée par une compagnie privée payée par les fédéraux pour exécuter des contrats. On lui a demandé quelques temps auparavant d’embarquer pour Barcelone pour libérer un otage chinois ; c’est là qu’elle a rencontré Aaron, qui faisait lui aussi partie de la mission.
Pour le fun : tel semble être le crédo de Piégée. Film de série B à moitié assumé, puisqu’il compte tout de même un casting de prestige, il semble être pour Steven Soderbergh un divertissement bienvenu dans sa carrière. Une certaine désinvolture se dégage des scènes d’action, certes efficaces mais comme filmées à la va-vite. Le coffret est élégant, la mise en scène chiadée comme toujours chez le réalisateur, mais on sort de la séance en se demandant un peu « what the f*ck ».

Du scénario il n’y a rien à comprendre sinon que l’héroïne principale s’est faite doubler par son employeur et qu’elle se bat pour sa propre survie. Une intrigue balisée, vue et revue et qui passe sérieusement pour du réchauffé depuis la saga Jason Bourne. Cette mince histoire se déroule donc sans accroc et sans surprise, avec bien entendu le bon vieux twist final. Ce qui étonne dans Piégée c’est plutôt le rythme du film, qui oscille entre vitesse effrénée et langueur.
Les scènes d’actions de Piégée se déroulent selon une chorégraphie bien huilée qui permet de mettre en valeur les talents en arts martiaux de Gina Carano, tandis que les scènes d’exposition s’étirent en longueur. Les dialogues n’en finissent alors pas et on est vite soûlé par des explications superflues. Il nous reste à contempler les décors soignés et les costumes raffinés que Steven Soderbergh offre à notre regard. Sans compter la plastique de ses acteurs, dont un Michael Fassbender toujours prêt à se dévêtir à la moindre occasion ou un Channing Tatum dont les pectoraux saillants parlent d‘eux-mêmes. Bref, quand on n’a rien d’autre à se mettre son la dent, c’est déjà ça de gagné.
Ma note : **

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